VTC: le médiateur demande un geste financier à Uber

VTC: le médiateur demande un geste financier à Uber

Publié le :

Mercredi 01 Février 2017 - 15:16

Mise à jour :

Mercredi 01 Février 2017 - 15:39
© Christophe ARCHAMBAULT / AFP/Archives
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Par AFP

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Le médiateur nommé par le gouvernement pour résoudre le conflit entre Uber et les chauffeurs de VTC a demandé mercredi "une mesure financière de redressement" en faveur de conducteurs à la société californienne, qui a promis de son côté "un effort considérable".

"Je recommande à Uber l'adoption d'une mesure financière de redressement", a déclaré Jacques Rapoport lors d'une conférence de presse, rappelant que depuis l'automne 2015 l'entreprise a successivement baissé les tarifs des courses et augmenté sa commission, diminuant ainsi les montants perçus par les chauffeurs utilisant sa plateforme.

Le médiateur a aussi demandé à toutes les plateformes VTC de mettre en place "un dispositif de soutien aux chauffeurs en difficulté" pour les aider "à améliorer leurs pratiques professionnelles" afin de réduire leurs charges et d'accroître leurs revenus.

Ces conclusions ont été devancées par Uber qui a "proposé un dispositif nouveau" lors d'une réunion de médiation mercredi au ministère des Transports.

Le numéro un du marché des VTC a ainsi annoncé "un dispositif financier, technique et humain d'envergure pour accompagner les chauffeurs en difficulté à améliorer leur rentabilité", a indiqué le groupe dans un communiqué.

"Les contours exacts restent à définir dans les jours à venir (...) mais nous voulons avancer rapidement et nous engageons à un effort considérable", a insisté Uber.

"Compte tenu de cette proposition, qui mérite d'être creusée et débattue", M. Rapoport a décidé de "reporter de quelques jours la clôture de la médiation". Le rapport qu'il devait remettre au gouvernement vendredi le sera donc "plutôt en début de semaine prochaine".

"Si l'action de redressement demandée à Uber est mal ou pas menée, une intervention du législateur me paraît indispensable", a poursuivi le médiateur, qui estime que l'exécutif devra dans ce cas "instituer un minimum de rémunération" pour les chauffeurs.

"Nous, on veut cette étape-là directement", car Uber va faire "des propositions +bidon+", a réagi auprès de l'AFP Sayah Baaroun, secrétaire général de l'Unsa SCP-VTC, réclamant au médiateur "un arbitrage clair".

A l'inverse, la CFDT constate que la médiation "laisse une dernière porte ouverte à une négociation responsable et constructive". Mais elle "doit être immédiate, avec des résultats immédiats", a résumé Fabian Tosolini.

Concernant le dispositif financier promis par Uber, "cela montre que les chauffeurs sont en difficulté, y compris les leurs (...) mais ce n'est pas une mesure qui vise à assainir le marché", a-t-il poursuivi.

Un des mérites de la médiation, remarque M. Tosolini, aura été d'établir que "le modèle économique des VTC n'est pas tenable", puisqu'un chauffeur qui travaille 40 heures par semaine "ne gagne pas sa vie" quand celui qui en fait 60 "gagne un Smic".

Des chauffeurs de VTC manifestent à Paris le 23 décembre 2016


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