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La guerre contre la drogue n'a pas chassé la coca des Andes


Deux décennies de guerre contre la drogue n'ont pas fait reculer la culture de la coca dans les Andes, où elle occupe encore 150.000 hectares et continue d'alimenter un marché estimé à plus de 100 milliards de dollars, selon des experts interrogés par l'AFP.

En vingt ans, l'exploitation a certes perdu du terrain en Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, mais c'est pour en regagner chez ses voisins, selon le rapport 2012 de l'ONU publié le 26 juin.

"Tout ce qui a diminué en Colombie s'est reporté sur le Pérou et la Bolivie. Les laboratoires ont été déplacés en Equateur et au Venezuela et le trafic en Amérique centrale et au Mexique", explique à l'AFP l'économiste Daniel Mejia, directeur du Centre d'études sur la sécurité et les drogues à Bogota.

En 2010, la Colombie est toujours au coude à coude avec le Pérou pour les superficies cultivées (62.000 hectares contre 61.200), comme pour la production annuelle de cocaïne (350 tonnes contre 320).

La Bolivie compte 31.000 hectares, dont 12.000 consacrés à l'usage traditionnel et légal de cette plante, considérée comme sacrée dans la culture andine, pour une production de 115 tonnes.

Le rapport de l'ONU pointe une "importante réduction de la fabrication de cocaïne en Colombie" depuis 2006, lorsque la production annuelle atteignait 660 tonnes.

Sur le terrain, la réalité a changé depuis les années 90 où les puissants cartels colombiens contrôlaient tout le processus, depuis les récoltes de coca jusqu'à la distribution de cocaïne dans les rues américaines.

"La différence entre la Colombie et les autres producteurs de coca, c'est que ce pays est en proie à un conflit armé interne depuis le milieu des années 60", souligne M. Mejia.

Première guérilla communiste du pays, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) se sont progressivement impliquées dans le trafic, tout comme les milices paramilitaires d'extrême droite, reconverties en groupes criminels.

8 milliards de dollars pour le "plan Colombie"

Une situation qui a conduit les Etats-Unis, premier consommateur mondial, à consacrer 8 milliards de dollars depuis 2000 au "plan Colombie", un programme de lutte contre le trafic et les guérillas, appuyé par une coopération militaire et technologique.

Ce plan a aussi interdit l'accès à l'espace aérien pour les trafiquants, contraints d'acheminer la marchandise par voie terrestre ou maritime. Sous l'effet de cette guerre contre la drogue, les cartels colombiens ont éclaté.

Autre point important, la fumigation aérienne des champs de coca, pratiquée seulement en Colombie, a également porté atteinte au rendement de la plante.

Pour éviter d'être détectés, les paysans ont en outre cultivé des surfaces plus petites (0,6 ha en moyenne), ce qui a amoindri leur productivité. La culture de la coca rapporterait ainsi entre 400.000 et 500.000 pesos mensuels (225 à 280 dollars), à peine le salaire minimum colombien.

Mais la lutte anti-drogue n'a pas mis un terme à cette activité en Colombie, dont le commerce représente plus de 2% du Produit intérieur brut (PIB), selon M. Mejia.

Pour Aldo Lale Demoz, représentant en Colombie du bureau de l'ONU contre le trafic de drogue, "il est illusoire de croire qu'on va en finir avec ce problème".

"Ce que l'on peut envisager, c'est le contrôler. Afin que l'accès à la drogue devienne compliqué et cher et qu'elle ne puisse pas parvenir aux personnes mineures", insiste-t-il.

Meilleur rendement de la production

Au moment où la production s'infléchit en Colombie, la Bolivie a trouvé des techniques pour doper le rendement de la coca grâce à l'utilisation de produits chimiques.

A la différence de la Colombie et du Pérou, ce pays a expulsé en 2008 l'Agence anti-drogue américaine (DEA). Son président, Evo Morales, ancien chef syndical des producteurs de coca, promet des débouchés industriels pour la plante.

Près des deux tiers de la production de cocaïne bolivienne seraient désormais destinés au Brésil, où sa consommation avec celle des amphétamines a quadruplé en 10 ans.

La production de coca est aussi en augmentation au Pérou, notamment dans les vallées du sud du pays, surveillée par des groupes héritiers de la guérilla maoïste du Sentier Lumineux.

"Ils essaient de ne pas provoquer de mort parmi les leaders de la zone et cela leur a permis une entente avec les mouvements sociaux de la région", explique l'économiste péruvien Hugo Cabieses, ancien vice-ministre de l'Environnement.

Par AFP

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Publié : 08/07/12 - 12h10
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