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Au Medef, l’omerta sur les très hauts revenus

Economie

Publié le 3 septembre 2011 à 09h15
Mis à jour le 3 septembre 2011 à 09h20

La plupart des grands patrons français ont choisi de botter en touche au moment d’évoquer la baisse de leurs rémunérations.

Christophe de Margerie, à la tête du groupe pétrolier Total, dont la rémunération a atteint 4,4 millions d’euros l’an dernier
Christophe de Margerie, à la tête du groupe pétrolier Total, dont la rémunération a atteint 4,4 millions d’euros l’an dernier SIPA

En appelant, cette année encore, à la modération des revenus des grands patrons français, Laurence Parisot, la présidente du Medef, a jeté un pavé dans la mare. Car s’il est une chose que les dirigeants des grands groupes français rechignent à évoquer, c’est bien le montant de leur rémunération. Entre le salaire fixe, les primes, les jetons de présence (quand ils participent au conseil d’administration) et parfois les stock-options, les montants peuvent facilement atteindre plusieurs millions d’euros chaque année.

A l’université d’été du Medef, pourtant, difficile de trouver des adeptes prêts à soutenir leur patronne. Sur le campus de HEC, à Jouy-en-Josas (dans la banlieue parisienne), où se déroulait l’événement, les grands patrons invités à débattre ont largement préféré se concentrer sur les thématiques quasi philosophiques des conférences, telles que « Lire l’avenir dans le présent », « Le féminisme est un humanisme » ou encore « Le droit à l’émotion ». Pour enrichissante que soit cette hauteur – que l’on pourrait qualifier de stratosphérique – des débats, elle n’a pas incité les intervenants à développer les sujets plus concrets, encore moins quand il s’agit du sujet épineux de leurs revenus.

Les dirigeants choisissent d’éluder la question

La plupart d’entre eux se sont contentés de ne pas répondre à la question. Tel Christophe de Margerie, à la tête du groupe pétrolier Total, dont la rémunération a atteint 4,4 millions d’euros l’an dernier. Littéralement encerclé de journalistes, il a préféré parler des revenus de ses salariés. « Mon salaire n’intéresse personne, s’agace-t-il. Moi, je m’occupe de celui des employés de Total et en l’occurrence […] ils ont bénéficié de hausses de salaire assez significatives ces dernières années, et je crois que tant qu’une société comme la nôtre gagne de l’argent, on peut augmenter ses salariés. » Même son de cloche de la part de Luc Oursel, tout juste nommé à la tête d’Areva, le champion français du nucléaire (l’an dernier, Anne Lauvergeon, qui occupait son poste, avait été payée un peu plus de 1 million d’euros) : « Vous savez, ma rémunération est fixée par les pouvoirs publics, je n’ai aucune emprise dessus. »

D’autres ont préféré botter en touche, comme Jean-Michel Aulas, le patron de l’Olympique Lyonnais – 1,17 million d’euros de revenus en 2009 –, qui trouve le temps de se dire « d’accord pour des évolutions, le changement peut avoir du bon » avant de se précipiter sur scène ; ou encore comme Nicolas de Tavernost, président de M6 (2,8 millions d’euros en 2010), qui s’estime « un bien piètre juge de (lui)-même. Je préfère laisser les autres décider si mon revenu est trop élevé ».

Une exception

Un chef d’entreprise fait figure d’exception, qui n’a pas hésité à évoquer la politique salariale dans son groupe : Stéphane Richard, PDG d’Orange-France Télécom. « Plus que la rémunération nominale, c’est le fait qu’un dirigeant gagne 350 fois plus qu’un salarié de base qui choque les gens », a-t-il expliqué. Avant de préciser ses engagements : « Je vais saisir le comité de rémunération du conseil d’administration pour lui demander une étude précise, à la fois sur la comparaison entre ce que je touche et ce que touchent les patrons d’entreprises comparables, mais aussi et surtout les écarts de salaire à l’intérieur de l’entreprise. Sur la base de ces écarts, nous prendrons ensuite des décisions. »

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Réactions à cet article6 commentaires

  • gp jpm, le 3 sep à 09:40

    gp                                                       jpm
    Ah ! la fortune !!

    Je suis très riche, des stocks options par millions, un appart sur les Champs, un yotte, Rolls, Ferrari, chateau en Suisse avec mes comptes en banque, je ne sais plus comme dit José !!! ...... CAUCHEMARD ! On veut me faire payer !! REVEIL BRUTAL !!! Un regard autour de moi .. Je ne suis pas riche !! Sauvé ! je vais continuer à être heureux ! Tant que je resterai caché !!!! Bien sûr !!!


  • Morillon de Corvol, le 3 sep à 10:27

    Morillon de Corvol
    Beurk...beurk...beurk

    Et ce sont de français !!! comme quoi !!!


  • konifl, le 3 sep à 10:39

    konifl
    Pourquoi la photo de Mr de Margerie

    C'est peut être le plus emblématique mais il n'est qu'en 9ème place des patrons les mieux payés de France. Il y a pourtant des photographies de Franck Riboud disponibles. Et tout le monde se lève pour Danette.
    En outre, Mr de Margeries ne mérite pas d'être désigné comme bouc émissaire, car Total ne gagne pas un euro en France. Et l'intéressé vit et paye ses impôts dans notre pays, alors qu'il pourrait, comme bien des artistes, vivre à Londres, Bruxelles, Monaco ou Genève. En outre, pour qui connait les avantages sociaux de Total (Qualité de la mutuelle d'entreprise, prestations du comité d'entreprise, primes) et pour qui sait ce qu'à fait Mr de Margeries, c'est totalement injuste. (Chez Total les stagiaires sont rémunérés et ont un cadeau de fin de stage qui n'est pas neutre) Enfin, contrairement à d'autres, l'intéressé n'a pas plombé les comptes de l'entreprise en partant vivre en Suisse avec un golden parachute de plusieurs millions d'euros.
    Rendons à César ce qui appartient à Jules et remarquons que certains politiques cumulent les mandats ce qui les conduit à ne travailler qu'à temps partiel pour chaque mandat, tout en percevant l'indemnité maximale pour chacun d'entre eux.


  • Pierre qui roule, le 3 sep à 11:00

    Pierre qui roule
    Les hauts fonctionnaires

    Posez la même question aux hauts Fonctionnaires voire nos dirigeants ??


  • ggerard, le 3 sep à 21:55

    ggerard
    licenciment massife

    Les salariées de Green sofa dunkerque : Leur usine est aujourd’hui en danger.
    La situation :
    - Son propriétaire Jean-Charles PARISOT (même famille que la Présidente du MEDEF) est aussi propriétaire de deux usines (Parisot Fauteuils Verts) en Roumanie.
    - La société Green-Sofa n’a qu’un seul client IKEA qui décide des volumes, voir même des prix d’achat. Il a par exemple exigé une diminution du prix pour un nouveau modèle de canapé par rapport à l’ancien modèle alors que celui-ci demandait plus de matière et de main d’œuvre. Cela aboutit à ce que Green-Sofa vend ce canapé 15% en dessous de son prix de revient , idéal pour couler une entreprise. Cela donne une bonne excuse à J-C Parisot pour délocaliser dans ses usines de Roumanie.
    - La société IKEA décide aussi de la nature des produits fabriqués chez Green-Sofa en ne passant commande que pour quelques produits, toujours les mêmes, sans jamais les consulter pour de nouveaux appels d’offre, ni sur la fabrication de nouveaux produits.
    La position d’IKEA est intolérable. Celle de la famille Parisot l’est tout autant !
    Elle s’est séparée, dans des conditions dénoncées par les salariés, de l’activité sièges du groupe afin de réaliser une juteuse opération financière avec l’américain Windhurst. Cela s’est réalisé sur le dos de ceux qu’ils ont exploités pour faire fortune. Le mot est d’ailleurs faible quand on voit le taux impressionnant de maladies professionnelles avec 40% de T.M.S. et le niveau extrêmement bas des salaires pratiqués avec un salaire moyen qui dépasse à peine 1000 euros après 20 ans d’ancienneté et déduction faite de la mutuelle. Cette situation nécessite d’ailleurs la présence d’une assistante sociale dans l’entreprise.
    Les propositions des syndicats et claire.
    - Il faut exiger du groupe IKEA de maintenir de la production en France, à des prix réalistes par rapport aux coûts de production, s’il veut pouvoir vendre en France.
    - Il faut imposer au Groupe Parisot de financer l’usine Green-Sofa Dunkerque pour qu’elle puisse trouver de nouveaux débouchés à des prix assurant l’avenir des salariés. Les aides que le Groupe a touchées lors de son installation en zone franche l’obligent aujourd’hui à une forte responsabilité sociale et lui interdisent de se désintéresser de l’avenir du site et du sort des salariés.
    - Il faut enfin que la Direction de Green-Sofa Dunkerque, plutôt que de favoriser la production en Roumanie, recherche de nouvelles productions voire de nouveaux clients pour l’usine de Petite Synthe.
    C’est dans ce sens que nous soutenons la lutte et les initiatives des salariés réunis en intersyndicale et que nous interpellerons les pouvoirs publics pour faire cesser cette casse d’un outil de travail qui est le dernier en France de production de fauteuils.
    Nous appelons l’ensemble des élus du territoire et l’ensemble de la population à faire de même. Il faut arrêter l’hémorragie industrielle de notre secteur.
    Quant à Madame Parisot, la Présidente du MEDEF, qui nous parle des entrepreneurs entreprenants qui veulent créer des emplois en France elle devrait commencer par convaincre les membres de sa famille.
    L’intersyndical green sofa dunkerque.


  • COMTESSA, le 4 sep à 12:37

    <a href="/users/comtessa" class="" title="Voir le profil utilisateur.">COMTESSA</a>
    AH QUE VOUS ALLEZ PAYER....nouveau,

    Tongue Tous,  Monsieur le président je peut pas payer mes impots,  bon donne mois tes papiers,  pan,  vas au chome du,   ahaha?  Mais franchement les journalistes en ce moment sont à la pluche,   je te pomme, je t'épluche,  je te cherche,  je te trouve,   ahahaha,  moi je me marre,  ALLEZ LES NIONS,  ALLEZ LES SOUS,  ON VEUT DES SOUS,  Y EN AS RAS LE BOL,  PETER LES PLOMBS, 


    Allez redescendons les pieds sur terre,  ils ne vont rien payer maintenant,  ils vont s'arranger,  pour payer plus tard,  et au moment ou ils voudront s'encanayer et partir  BOUM  Tongue



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