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Ophélie Bretnacher a-t-elle été tuée ?

Faits divers

Publié le 4 septembre 2010 à 14h10
Mis à jour le 4 septembre 2010 à 14h30

En 2008, l’étudiante française était retrouvée morte dans le Danube, à Budapest. La justice a conclu à un suicide. Le meurtre d’une norvégienne pourrait relancer la piste criminelle.

Existe-t-il un lien entre le meurtre de Pernille Marie Thronsen, tuée dimanche dernier dans une auberge de jeunesse de Budapest, et la mort d’Ophélie Bretnacher, dont le corps a été retrouvé immergé dans le Danube, non loin de la capitale hongroise, le 12 février 2008 ? Pour le tabloïd hongrois Bors, c’est une éventualité. Mardi, dans un article intitulé « Un nouveau mystère Ophélie », le journal a tenté un rapprochement entre les deux affaires. De son côté, la BRFK, la police criminelle locale, n’a, pour l’instant, ni confirmé ni infirmé l’information. Les enquêteurs s’attellent d’abord à élucider le meurtre de l’étudiante norvégienne Pernille Marie Thronsen. Et l’affaire pourrait s’accélérer dans les jours à venir : les policiers recherchent activement un suspect.

Mercredi, un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre de Zhao Feng, un chinois de 26 ans. Ce dernier, proche de la victime, aurait posté un message sur sa page Facebook. Son contenu ? « Je ne voulais pas te faire mal… Si je meurs, j’espère que nous pourrons nous retrouver et être ensemble. » De quoi alimenter les suspicions à son égard. Pernille Marie Thronsen, jolie jeune fille aux cheveux blonds a été assassinée de plusieurs coups de couteau. Si la presse s’interroge sur un éventuel lien avec la mort d’Ophélie, c’est que la jeune fille était, comme Ophélie, une étudiante étrangère de passage dans la capitale hongroise. Mais aussi parce que la thèse du suicide retenue par la justice hongroise pour expliquer le décès d’Ophélie n’a jamais vraiment fait l’unanimité.

Sac posé au pied d’un pilier

Ophélie Bretnacher, 22 ans était arrivé dans la capitale hongroise pour poursuivre son master de Finances à l’université Corvinus dans le cadre d’un échange Erasmus passé avec son école de commerce de Reims (Marne). Ophélie est une étudiante brillante qui doit terminer son parcours par un stage à Vienne (Autriche), là où sont installés ses parents et son frère depuis deux ans. Dans la nuit du 3 au 4 décembre 2008, elle passe la soirée au Portside of Cuba, un bar du centre-ville de Budapest. Entourée de ses amis, elle boit plusieurs verres. Elle sort de l’établissement vers 2 h 40 du matin, « fortement alcoolisée », selon les enquêteurs.

Malgré l’heure tardive, la jeune femme décide de rejoindre son domicile, à pied, à cinq kilomètres de là. Elle n’y parviendra jamais : on perd sa trace à 2 h 58 du matin sur la place Roosevelt, à quelques mètres de l’imposant pont des Chaînes. A 3 h 30 du matin, deux étudiants découvrent son sac à main posé au pied d’un pilier. Ophélie, elle, s’est volatilisée.

Mort par noyade

Appels à témoins, recherches dans le Danube, une enquête est ouverte pour retrouver l’étudiante française. En vain. En outre, les investigations sont compliquées : aucun témoin ne semble avoir aperçu la jeune femme sur son trajet retour ce soir-là. Ses proches s’interrogent : Ophélie est-elle passée sur le pont ? A-t-elle été suivie ? Enlevée ? Les enquêteurs n’y croient pas vraiment. Selon eux, la jeune femme, déprimée, s’est suicidée. Un mois plus tard, les enregistrements des caméras de vidéosurveillance disposées dans la ville sont rendus publics. On y voit la jeune fille marcher dans les rues de Budapest d’un pas décidé. Elle croise même la route d’un passant et d’un chauffeur de taxi. Des hommes qui n’ont, semble-t-il, pas été entendus par la police hongroise. Quelques jours plus tard, une avocate affirme avoir croisé la jeune femme dans le centre-ville, errant, désorientée.

Mais le 12 février 2008, l’espoir suscité par ce témoignage est anéanti : le corps de la jeune femme est découvert par deux bateliers, dans le Danube, au sud de Budapest. L’autopsie conclut à une mort par noyade et exclut la piste criminelle. L’enquête est bouclée.

Mais elle ne lève pas toutes les interrogations. Comment le corps de la jeune fille est-il parvenu dans cette anse fermée du fleuve, facilement accessible par la terre ? Pourquoi des analyses scientifiques plus poussées n’ont pas été effectuées ? Pourquoi les enquêteurs disent-ils qu’Ophélie était fortement alcoolisé alors que les analyses concluent à un taux modéré ? Toutes ces questions et bien d’autres, la famille d’Ophélie Bretnacher se les posent encore. Pour tenter d’y répondre, le père d’Ophélie, Francis Bretnacher a déposé plainte contre X, en janvier dernier, pour enlèvement et homicide volontaire. L’enquête se poursuit.



Par Nathalie Mazier
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Réactions à cet article3 commentaires

  • Anonyme, le 5 sep à 07:40

    Anonyme
    spectacle !

    Bors est un journal à la réputation sulfureuse pour ne pas dire "journal à scandale", le prendre comme source d'information parait des plus farfelue et des plus douteuses.

    De même quel élément concret permet de rapprocher les deux affaires?... Le mode opératoire?... Ophélie a disparu il y a plus de deux ans, le présumé suspect (étudiant chinois) était-il en Hongrie à cette date?.....

    Par contre d'autres médias hongrois (23 août, avant l'affaire norvégienne) s'intéressent au petit ami italien et le groupe qui gravitait autour de la jeune étudiante et celà me parait plus concret comme démarche

    http://hvg.hu/itthon/20100823_ophelie_bretnacher_francia_diaklany

    La douleur de la famille et des proches est déjà assez difficile sans qu'il soit nécessaire de rajouter du sordide à leur peine.



  • Anonyme, le 5 sep à 17:25

    Anonyme
    L'italien en question, un

    L'italien en question, un simple ami d'ailleurs, a déjà été interrogé il me semble. De plus, il y a erreur sur les dates, ce n'était pas il y a plus de deux ans puisque, si Ophélie a disparu le 4 décembre 2008, elle a été retrouvée en février 2009. Que l'enquête française suive son cours...



  • Anonyme, le 14 sep à 11:49

    Anonyme
    Merci bien à Nathalie M.

    Merci bien à Nathalie M. d'avoir parlé de l'affaire Bretnacher Ophélie surtout après presque 22 mois.Même si votre récit contient certaines erreurs il contient aussi des faits justes et primordiaux, notamment le corps trouvé dans un bassin artificiel dont le chenal d'accès ne fait à son point d'entrée que 50 m. de large car il est rétréci par une langue de terre de 200 m. Pour pénétrer dans ce chenal menant au bassin, une bouée entraînée naturellement par le fort courant devrait s’arrêter devant son ouverture et virer à bâbord avec un angle d'env. 140 ° et flotter à contre courant, sans oublier qu'à cet endroit le fleuve fait 400 m de large. Ces conditions géographiques rendent totalement impossible pour tout corps flottant d'y pénétrer et aucun pompier de la brigade fluviale (ni la police fluviale) ne pourrait le nier sauf si on leur impose.

    Bonne continuation.



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