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Peter Ikin, curieux décès et étrange héritage

Faits divers

Publié le 9 juillet 2010 à 06h21
Mis à jour le 8 juillet 2010 à 19h11

La brigade criminelle enquête sur la mort de Peter Ikin, magnat australien du disque, et ses relations avec son jeune amant français, Alexandre Despallières, devenu son héritier dans d’étonnantes conditions.

L’affaire avait commencé comme Mort à Venise avec le décès d’un millionnaire vieillissant dans un hôtel parisien. Elle prend maintenant la tournure du Talentueux M. Ripley, avec un possible assassinat sur fond de captage d’héritage.

Le 12 novembre 2008, Peter Ikin est retrouvé mort, à 62 ans, dans sa chambre de l’hôtel Abba, un quatre-étoiles de Montparnasse. Ce richissime ami d’Elton John et de Rod Stewart dont il a promu la carrière au sein de Warner, en Australie puis à Londres, a, semble-t-il été terrassé par une crise cardiaque et une maladie hépatique.

L’Australien devait rentrer à Londres avec son amant, le Français Alexandre Despallières, de vingt ans son cadet, avec qui il semblait vivre une seconde jeunesse. Le couple s’était uni un mois plus tôt à la mairie de Chelsea, une sorte de pacs. Mais quatre jours avant sa mort, Ikin avait chuté dans les escaliers de l’hôtel et avait été brièvement hospitalisé, à deux reprises.

Les deux hommes se seraient connus en Californie dans les années 1980 avant de renouer en 2008, en Australie où vit aussi un des frères du Français. C’est Despallières qui aurait souhaité réactiver leur vieille liaison. Il se disait condamné par une tumeur inopérable au cerveau et aurait été désireux que sa « fortune » gagnée dans diverses sociétés multimédias échappe à ses deux frères. Il aurait voulu faire d’Ikin son héritier. L’Australien s’est tout de même étonné de l’impatience de son jeune ami, dans un e-mail à un proche : « Il veut que j’annule mon testament australien dans lequel il n’apparaît pas et que j’en fasse un nouveau (je ne suis pas trop sûr de tout ça). »

Immédiatement incinéré

Contrairement à ses souhaits de reposer en Australie, Ikin est immédiatement incinéré au Père-Lachaise, puis ses cendres sont emportées à Londres, dans son appartement de Cheyne Place, en plein Chelsea, à deux pas de la Tamise, où Despallières s’est installé avec un ami.

Un appartement de très grand luxe, mais qui ne constitue qu’une partie du patrimoine d’Ikin. Celui qui en 2000 a pris sa retraite de vice-président de Warner est aussi à la tête d’une fortune évaluée à 20 millions d’euros, dont des comptes bancaires à Jersey, sur l’île de Man et en Suisse, et une « modeste » penthouse de 279 m2, nichée comme il se doit au sixième et dernier étage d’un immeuble avec vue sur la marina de Sydney.

Mais voilà, les proches d’Ikin découvrent que le 7 août 2008, leur ami a signé, sans avocat ni notaire, un testament faisant d’« Alexandre Renaud Marcel Despallières » l’unique bénéficiaire de ses biens. Il révoquait un testament de 2002 au profit de son neveu, prêtre à Sydney, de trois filleules, d’amis et des associations caritatives australiennes. Il s’agirait en fait d’une photocopie. L’original semble introuvable.

Possible assassinat

Les amis d’Ikin contestent ces dernières volontés devant la justice britannique. Despallières finit par y renoncer, en échange d’un accord à l’amiable de 500.000 livres sterling. Mais une plainte est tout de même déposée en France. L’enquête, ouverte pour faux, s’intéresse désormais à un possible assassinat : l’analyse du sang prélevé à l’hôpital a démontré que Peter Ikin avait absorbé des doses massives de paracétamol.

« Peter était une constante dans ma vie pendant vingt ans, mon roc », avait confié le Français à la presse australienne qui relayait les doutes des amis du millionnaire. Le mois dernier, Alexandre Despallières, a été interpellé dans un hôtel parisien du VIIe arrondissement, avec deux amis, Jéremy Bilien, son « secrétaire personnel », et Vincent B., les témoins du dernier testament d’Ikin. Tous deux se seraient vu offrir chacun une Porsche par « Alex ». En garde à vue, Bilien aurait reconnu avoir participé à l’élaboration d’un faux, alors que Despallières nie. Tous deux ont été écroués, à Fresnes et à la Santé, tandis que Vincent B. a été placé sous contrôle judiciaire. En revanche Laetitia N., une traductrice spécialisée dans le droit commercial, est partie à Fleury-Mérogis. Elle est soupçonnée d’avoir joué un rôle dans l’élaboration du faux testament.

Depuis, la personnalité de Despallières s’affine. Certains parlent de gigolo, évoquent des escroqueries et d’étranges disparitions dans son cercle familial.


Par Brendan Kemmet
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Réactions à cet article1 commentaire

  • SIL54, le 9 jui à 07:39

    SIL54
    Qui faisait la femme

    Ci c'est son compagnon normale qu'il hérite de tout a force de s'en prendre plein le fion il lui a fait payé cher ,mais il avait un certain sens du sacrifice intéressé bien sur .



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