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Italie - La sévérité de Rome envers les clandestins inquiète

International

Publié le 14 mai 2009 à 22h00
Mis à jour le 12 mars 2010 à 13h06

En adoptant une loi sur la sécurité intérieure et contre les clandestins, la République transalpine est devenue le pays le plus sévère de l’Union européenne.

Jeudi dernier, le Parlement italien a approuvé la loi sur la sécurité intérieure et l’immigration concoctée par la Ligue du Nord, l’encombrant parti de la majorité aux tendances xénophobes et intolérantes qui occupe le ministère de l’Intérieur. Une loi contestée en Italie comme la politique du tour de vis globale mise en place par l’Intérieur, qui réexpédie systématiquement les clandestins partis de la Libye, sans leur accorder le temps de demander l’asile politique. D’ailleurs, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (UNHCR) a demandé à la Péninsule d’interrompre les expulsions sommaires qui violent le droit international et la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés.

Ce que dit maintenant la loi

L’immigration et le séjour clandestin sont désormais classés dans la catégorie des délits passibles d’une amende de 5.000 à 10.000 euros accompagnée d’un passage devant les tribunaux et d’une expulsion immédiate. Les Italiens, qui hébergent un immigré en situation irrégulière, risquent pour leur part jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Autre point important : la carte de séjour qui devient obligatoire pour l’enregistrement des naissances. Une mesure transformant les enfants des sans-papiers en bébés fantômes dans la mesure où ils n’existeront pas sur le plan légal, dénonce l’opposition.

Enfin, la période de détention dans les centres de rétention provisoires passe de deux à six mois pour pouvoir identifier et expulser les clandestins, souligne le gouvernement. « Nous agissons dans l’intérêt de toute l’Union européenne », se défend le ministère de l’Intérieur. Une affirmation insuffisante pour Giorgio Napolitano, le chef de l’Etat italien, que les accents du gouvernement ont rendus soucieux. « Attention à la diffusion d’idées xénophobes et intolérantes !  » a-t-il averti. Silvio Berlusconi, lui, estime que « la droite, contrairement à la gauche, ne soutient pas l’idée d’une Italie multiethnique ».

Par De notre correspondante à Rome, Ariel F. Dumont
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