Jürg Eglin est chef de délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Mali et au Niger. Basé à Niamey, la capitale nigérienne, il revient pour "France-Soir" sur les raisons du retrait des personnels non-nationaux du nord du Mali suite à l'offensive du MLNA et des salafistes.
France-Soir Pourquoi la Croix Rouge a-t-elle retiré son staff international du nord du Mali ?
Jürg Eglin Le dispositif mis en place par la Croix Rouge a été mis à mal par l'action de groupes armés incontrôlés. Nous étions présents à Gao, Kidal et Tombouctou. Gao était le centre principal, Kidal et Gao les sous-structures. Nous avons du procéder à l'évacuation des personnels non-nationaux dans les trois centres. Douze membres de la Croix Rouge de Gao vient d'arriver aujourd'hui à Niamey (capitale du Niger, NDLR), ce qu'ils ont vécu était difficile. Ils ont du faire face au pillage des locaux de la Croix Rouge et de leurs résidences. Heureusement, ce ne sont là que des dommages matériels. Mais ceux qui restent ne peuvent plus travailler pour le moment...
Nous n'avions plus les moyens de nous faire accepter pour travailler sur place, les conditions ne sont plus réunies pour l'heure. Il n'y a plus d'Etat et la confusion est totale.
F. -S. Quelles sont les conséquences de ces pillages ?
J. E. Ces pillages nous mettent en grande difficulté pour répondre aux besoins des populations. Désormais nous n'avons plus les moyens de satisfaire celles-ci avec, à la clé, une crise alimentaire et une crise sanitaire qui vont s'aggraver dans un contexte sécuritaire critique.
F. -S. Quelle est la situation humanitaire sur place dans le nord ?
J. E. Il n'y a presque pas de morts a priori à ma connaissance, juste quelques blessés malgré les confrontations armées parfois violentes qui ont eu lieu.
Sans se réjouir de cela, il n'y a pas ou très peu de pertes humaines dans ce conflit armé. Même si c'est toujours trop si il y en a un seul... Ce qui est inquiétant c'est que la destructions et le pillage de nos structures va avoir un impact direct sur les populations d'un point de vue sanitaire alors que le pays est déjà en situation de crise alimentaire. Le conflit va compliquer l'accès à la nourriture, à l'eau et aux soins. Enfin, nous restons inquiets pour les 72.000 déplacés internes au Mali dont le sort ne peut que s'aggraver.
F. -S. Avez-vous été surpris par ce basculement géopolitique brutal ?
J. E. Nous avons été surpris par la rapidité de ce changement même s'il était prévisible. En quelques jours tout a basculé du tout au tout politiquement, militairement et pour nous, humanitairement.
F. -S. Le CICR est-il menacé par la progression des factions islamistes au Mali ?
J. E. Il est trop tôt pour s'avancer et dire si il y a une réelle menace islamiste. C'est actuellement le chaos total. Il est donc complexe de savoir qui contrôle quoi... et qui. Ce qui est une réalité c'est que personne aujourd'hui ne peut garantir notre action dans des conditions de sécurité pour notre institution qui est neutre et indépendante. En plus, chaque territoire est différent. Il y a des variations locales très fortes selon les régions.
A Tombouctou, Kidal et Gao, il est difficile d'avoir un dialogue constructif avec en face des groupes armés déployés sur le terrain. Il nous faut prendre le temps de gérer certaines questions de sécurité et le temps d'identifier les structures en place.
La Croix Rouge n'est pas directement visée par qui que ce soit si ce n'est que dans ce genre de situation, tout le monde est visé. Notre institution représente une certaine « richesse » et aussi quelques valeurs. Nous ne sommes en tout cas pas visés en tant qu'individus.
F. -S. La Croix Rouge est une institution neutre et indépendante, dialogue-t-elle avec l'ensemble des groupes présents sur le territoire malien, y compris les islamistes d'Ansar Dine, voire d'Aqmi ?
J. E. Je n'entrerai pas dans le détail mais nous sommes une organisation humanitaire neutre et indépendante, nous discutons donc avec l'ensemble des acteurs importants sur le secteur...
F. -S. Des otages sont actuellement détenus par Aqmi dans la bande sahélienne. Est-ce que la Croix Rouge intervient dans le procesus de négociation avec les ravisseurs ?
J. E. Il est vrai que nous l'avons fait dans le passé dans d'autres cas. Mais je tiens à préciser que ce n'est pas en tant que négociateurs, nous ne prenons pas parti, disons que nous sommes des facilitateurs, ce qui est très différent. Mais non, actuellement nous ne sommes pas impliqués dans des procesus de ce type dans la région.
En trois jours, trois villes sont tombées au Nord du Mali : Kidal vendredi, Gao dans la nuit de ...
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Et oui, avec ces gens là, il vaut mieux se méfier, la croix rouge tend la main pour aider, eux prennent le bras et puis le coupe.... dommage c'est toujours la population qui trinque mais leur soif de pouvoir n'a pas de limite
Dialoguez avec des islamistes et surtout avec une croix ; quelle plaisanterie ! Sarkozy, en qualité de chanoine du Latran, devrait prêcher les salafistes et leur enseigner la charité...
Soleil-Bleu, le 22 mai à 19:01
Soleil-Bleu, le 21 mai à 15:30
Plus facile de s'occuper des minorités comme le mariage gay. Plus facile avec schengen de ...
Soleil-Bleu, le 21 mai à 15:29
L'an I = la grande cata... L'an II = le grand caca... Hollande ne change pas de cap !! En a ...
amazonia, le 18 mai à 12:54
la critique : RECIPROCITE ? UMPS ? les humoristes plus mous ! comme notre capt'ain de ...
amazonia, le 18 mai à 09:55
vous dite = LA FRANCE en récession? des emprunts pour qui? Distribution de millions au Mali ...
nellyolson, le 12 mai à 10:07
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HeyBaal, le 26 jui à 17:29
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pasloi, le 3 mai à 21:48
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Bluesun, le 26 jui à 17:21
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rafale, le 25 jui à 23:39
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