La télévision syrienne a affirmé dimanche soir que l'armée et le régime avaient pris le contrôle de la ville de Jisr al-Choughour, au centre de toutes les attentions de la répression syrienne depuis une semaine. Selon plusieurs témoignages, des militaires auraient refusé de combattre et se seraient retournés contre le reste des troupes, prêt à tirer sur des civils.
Avant de ne tomber ce dimanche dans les mains du régime, la ville de Jisr al-Choughour, à 40 kilomètres de la Turquie, était le théâtre de violences depuis une semaine. Vendredi, les autorités syriennes avaient franchi un cap dans la bataille de l'information et sur le terrain. En avançant que les habitants appelaient à « l'intervention de l'armée » pour « contrôler les villages voisins de la ville Jisr al-Choughour et arrêter les groupes armés », l'armée syrienne avait encerclé la ville ce même jour.
Tout a commencé lorsque lundi dernier, les autorités syriennes avaient affirmé que 120 personnes dont 80 soldats avaient été tués à Jisr al-Choughour par des « groupes armés », et parlé de la découverte d'une fosse commune. Or, les militants des droits de l'Homme et différents témoins ont démenti cette version, en affirmant que les policiers avaient été tués lors d'une mutinerie au QG de la Sécurité.
Les témoignages de défections dans l'armée syrienne tournent de plus en plus sur la Toile. Plusieurs militaires syriens se mettent face caméra et expliquent ne plus vouloir commettre d'exactions contre la population. Par ailleurs, à Jisr al-Choughour, des chars syriens se seraient affrontaient entre eux, a expliqué à l'AFP un réfugié syrien de 35 ans qui se trouvait dimanche sur les lieux. Il est depuis entré en Turquie clandestinement, où 5.051 réfugiés en provenance de Syrie sont installés dans des villages de tentes dans le sud du pays, a rapporté l'agence de presse Anatolie. « Les soldats [syriens] sont divisés. Quatre chars ont fait défection et les chars ont commencé à tirer les uns sur les autres », rapporte-t-il.
« Quand ils ont commencé à se tirer les uns sur les autres, je me suis enfui. Je ne sais pas s'ils ont détruit des ponts ou pas. Avant ça, personne n'avait tiré sur les ponts, c'est par là que les chars sont passés », ajoute ce témoin. Alors qu'un autre réfugié syrien en Turquie, Ali, 27 ans, avait déjà fait état dimanche de conflits au sein de l'armée syrienne. « Il y a maintenant une séparation au sein de l'armée et un groupe essaie de protéger les gens : ils ont fait sauter deux ponts à Jisr al-Choughour », avait déclaré le jeune homme, affirmant tenir son information de personnes ayant fui la ville le jour même.
Dans une interview à la chaîne arabophone Al-Arabiya le vendredi 10 juin, Hussein Armouch, lieutenant-colonel de la division 11 de l'armée syrienne, affirmait qu'il avait demandé plusieurs fois aux forces de sécurité, présentes à Jisr al-Choughour le 5 juin, d'arrêter de tirer sur les civils. Comme celles-ci persistaient, il a affirmé avoir retourné ses armes contre elles, a rapporté le site Rue89 samedi pour qui « l'authenticité de la vidéo est dure à assurer même si elle est relayée par des supporters de la révolte très fiables ». D'autres déserteurs de l'armée, réfugiés à la frontière turque, ont également témoigné des exactions commises par leurs unités et de la peur des soldats, « à bout de nerfs » et menacés de mort en cas d'insubordination, a encore rapporté l'AFP dimanche.
Un jeune déserteur a notamment raconté le « nettoyage » d'Ar-Rastan, une ville de 50.000 habitants dans la province de Homs : « On nous a dit qu'il y avait là-bas des hommes armés. Mais (...) il s'agissait de simples civils. On nous a dit de leur tirer dessus. Quand on rentrait dans les maisons, on mitraillait tout le monde dedans : les grands comme les petits ». Le régime, lui, dément toute mutinerie à Jisr al-Choughour. Selon les autorités, ces affrontements s’effectueraient entre les forces loyales et des « groupes armés ».
Dimanche, le principal groupe d'opposants syriens a annoncé que la répression avait entraîné la mort de 1.300 civils et plus de 10.000 arrestations depuis le début de la révolte à la mi-mars. Plusieurs gouvernements et organisations internationales s'inquiètent d'un usage excessif de la violence et tirent la sonnette d'alarme au vue d'une situation humanitaire qui se dégrade.
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"des chars syriens se seraient affrontaient entre eux, "
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Wiseman, le 22 mai à 20:29
Pour avoir le cul entre deux chaises? Quel beau numéro de cirque!
oeildelynx, le 22 mai à 20:29
C'est du vent, tout cela pour finir avec zéro élu.
DAISY, le 22 mai à 20:28
pasloi, le 22 mai à 20:25
"Il s'est prêté au jeu des dédicaces"; en effet, et il parait même qu'il a signé dune croix, ...
ire, le 22 mai à 20:24
La cupidité et le soif du pouvoir lui fait perdre totalement le sens des réalités ...
nellyolson, le 22 mai à 19:37
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HeyBaal, le 22 mai à 16:42
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Bluesun, le 22 mai à 18:45
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pasloi, le 22 mai à 19:50
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rafale, le 22 mai à 18:30
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