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Justice : En direct du tribunal correctionnel de Paris

Un jour au tribunal correctionnel


FranceSoir.fr vous fait partager, en live, des instantanés d'audience des chambres correctionnelles de Paris. Quand les "petites" histoires racontent de grandes vérités.

Au tribunal correctionnel de Paris.
Au tribunal correctionnel de Paris. SIPA/CHAMUSSY/SIPA

EN DIRECT du palais de justice de Paris.

19h35 : L'audience est levée. Il ne restait de toute façon plus grand monde dans la salle. Deux interpètes, dont l'un raconte le plaisir qu'il a à exercer cette profession. Une femme est restée sur le banc de la presse aussi, un carnet à la main. Elle suit l'une des juges, en vue d'en savoir plus sur les phénomènes d'addiction (à la drogue, à l'alcool, mais aussi aux jeux), et voir comment la justice prenait en compte ces maladies. Le président nous salue, curieux de ces "carnets" de justice que nous dressons pour vous, ecteurs, chaque semaine. Les gendarmes rassemblent leur paquetage, et sourient en nous souhaitant une bonne soirée. Ces lignes sont écrites dans la salle des pas perdus, déserte. Le bruit des touches s'ajoute au moteur d'une machine à boissons. Il est temps de sortir, et d'aller suivre le débat des candidats à la présidentielle. Un débat à suivre sur France-Soir, naturellement ! Merci de nous avoir suivi, et bonne soirée ! A mercredi prochain pour une autre "promenade dans la justice française...

19h30 : Délibérations : Farid est placé sous mandat de dépôt, en attendant son procès le 23 mais. Ce pour éviter des pressions et garantir qu'il se représentera. Mounder, lui, partira en rétention, en vue d'une reconduite à la frontière, et interdit du territoire pour un an. Ahwad est placé sous contrôle judiciaire, jusqu'à son procès le 11 juin. Le temps de s'assurer que les victimes sont averties de ce procès. Il a interdiction de prendre contact avec ces personnes, et de se rendre dans le quartier de la chapelle.


18h55 : l'audience est suspendue.


18h50 : Réponse à la question : En Erythrée, on parle la langue Tigrinia. C'est l'interprète qui le dit, à son retour sur son banc près de son confrère arabophone. « Non, répond-t-il en souriant, je ne viens pas souvent, il n'y a pas beaucoup d'affaires dans cette langue... » N'hésitez pas à en parler quand même dans les commentaires !

"Ces informations sont secrètes.."

18h35 : Ahwad, 27 ans, est assisté d'un interprète, puisqu'il est érythréen (question au lecteur : quelle langue parle-t-on en Erythrée ? Le journaliste pourrait chercher, mais tout le monde doit participer...). Il vit en France depuis mars 2010, comme réfugié politique. Il se dit peintre, domicilié à Noisiel. Il veut bien être jugé aujourd'hui pour une sombre affaire de bagarre sur fond d'alcool, mais les victimes n'ont pas été avisées. Reste à savoir quand il sera réellement jugé, puisqu'il convient d'avertir les autres parties. On examine son histoire : militaire en Erythrée, mais on n'en saura pas plus : « Ces informations sont secrètes et sont dans mon dossier militaire ». Il a travaillé dans des espaces verts, avant de faire de la peinture en bâtiment. Alcool ? « Oui, je bois ». Casier vierge, y compris pour les autres identités sous lesquelles il a été identifié, y compris celle d'un ressortissant soudanais. Les réquisitions sont clémentes, et le procureur et l'avocate sont d'accord: un contrôle judiciaire, avec une interdiction de se rendre sur les lieux de l'infraction. Lui-même reconnaît qu'il n'a pas l'intention de revenir dans le quartier de la Chapelle.


18h15 : Farid, 41 ans, est droit dans le box. Il est poursuivi pour avoir dégradé une porte, frappé son ancienne conjointe (avec une ITT de 15 jours) au domicile de cele-ci dans le 16e arrondissement. Il gagne 3000 euros par mois, dit-il. Il demande, comme c'est son droit, un délai pour préparer sa défense. On regarde quand même son dossier, pour notamment savoir si, pendant ce délai, il serait libre ou emprisonné. Son casier porte 11 mentions : recel, vol avec effraction, escroquerie. Lui veut prouver que ce domicile lui appartient autant qu'à la plaignante, qu'il s'agit de « hauts et de bas » dans le couple. Il voudrait bien s'expliquer quand même - « si vous permettez votre honneur » -, et réclamer la vente de l'appartement, d'un autre appartement aussi. Explique le droit à la procureure qui ne voit pas à quelle condamnation est associée son interdiction de gérer une société : « toute condamnation de plus de trois mois interdit de gérer, le savez-vous? » Echaudée, celle-ci lui rappelle que gérer une société via un prête-nom, comme c'est le cas pour ses deux sociétés, eh bien c'est interdit : « Le savez-vous? ». Oeil pour oeil. Elle demande un mandat de dépôt jusqu'à l'audience.

 


"S'ils faisaient bien leur boulot..."

18h00 : Au tour de Mounder, un natif de Tunisie de 22 ans, qui habite à Aubervilliers. Il travaille sur les marchés, traduit son interprète après avoir prêté serment. Sa raison d'être dans le box : s'être soustrait à une reconduite à la frontière. En effet, il n'a pas de papiers français, et le tribunal correctionnel l'avait condamné à une interdiction d'un an du territoire français. Travail non déclaré, situation de santé, loyer, tout passe entre les mains des juges. Son casier : une mention, pour vol en réunion et séjour irrégulier, en 2011. Il a été contrôlé alors qu'une sacoche d'ordinateur à la main, il semblait vouloir le vendre dans la rue. Ses projets? Retourner chez lui, en Tunisie. « Mais le consulat ne veut pas me donner de laissez-passer. » Il n'a jamais eu de passeport, explique le traducteur. « Oui mais enfin, s'agace le président contre ce consulat tatillon, s'ils faisaient bien leur boulot, ils pourraient vérifier au pays. Ce n'est pas notre travail... » (Commentaire du journaliste : Après trois ans en Italie, puis trois autres en France, et un pays d'origine qui ne le reconnaît pas, on se demande de quele nationalité est finalement Mounder. Et surtout, si la peine requise, un mois ferme à exécuter immédiatement, a le moindre sens. )

 

17h55 : L'audience reprend. Le président requiert la "présence obligatoire" de la victime. Ibrahim est placé sous contrôle judiciaire, et devra pointer chaque semaine, jusqu'au procès, dans un service judiciaire. Il peut souffler, en tout cas envisager de travailler, même si ses ennuis judiciaires ne sont pas terminés. En quittant le box pour retrouver la liberté, il sourit à son avocate.

16h50 : L'audience est suspendue. Ce qui implique de ramener les prévenus dans le dépôt derrière la salle d'audience, vider et verrouiller la salle.

16h45 : Mais que faire d'Ibrahim? Car s'il habitait chez ses parents jusque là, il serait risqué de le laisser y habiter, alors que l'affaire n'est pas jugée, alors que les tensions avec ses parents durent depuis l'enfance, d'autant qu'un problème d'alcool s'y ajoute. Et le mettre en prison, le temps d'attendre le renvoi de l'affaire, c'est lui faire perdre son emploi, même peu payé, même précaire, en intérim. C'est l'empêcher d'envoyer de l'argent pour ses jumeaux, sa femme. On examine le rapport du juge d'application des peines, des services sociaux... Il y a du pour et du contre. La procureure souligne qu'il a déjà été condamné deux fois pour violences sur ascendant, et qu'elle craint un renouvellement des faits. Elle demande le maintien en détention. L'avocate d'Ibrahim explique qu'il n'a de toute façon aucune envie de résider chez ses parents, et préconise un contrôle judiciaire qui lui permettrait de travailler. La décision du tribunal interviendra après la prochaine suspension d'audience.


16h30 : Les délibérations tombent. David est condamné à 4 mois ferme. Il part dès maintenant en détention. Sa victime recevra 300 euros de « préjudice d'exploitation » (100 euros par jour depuis les faits). Quant aux préjudice matériel, il est évalué à 1500 euros, à payer par David sous réserve que l'assureur ne dédommage pas les frais de la porte cassée. Guillaume prend un mois, et 100 euros de préjudice moral pour ses menaces de mort. Il sort pour le moment de prison, et verra sa peine aménagée. La jeune femme aux cartes-cadeaux prend 4 mois ferme, qui seront aménagés. On reprend le cas d'Ibrahim, qui a bousculé son père. Le problème reste entier : un message a été laissé sur le répondeur de la victime, mais rien ne prouve qu'elle ait pris connaissance de la date de cete audience...

 

15h25 : Ibrahim, 40 ans, est le dernier dans le box pour cette première fournée. Il est marié, a deux enfants au Sénégal. Il est manoeuvre sur des chantiers de démolition. Son tort? Avoir « bousculé fortement » son père, l'avoir menacé de mort. En récidive. Mais la victime n'est pas là. A-t-elle avisée? L'audience est suspendue, le temps de s'en assurer, et de délibérer sur les dossiers déjà passés.


15h00 : Une jeune femme comparaît. Bronzée, cheveux bruns, habillée avec coquetterie. Une fillette de 11 ans. On en entend très peu. Elle aurait volé un portefeuille, fait établir une nouvelle carte de crédit pour en avoir le code, et acheté des cartes-cadeaux pour plus de 1000 euros dans un magasin d'articles de sport. En récidive. On n'entend que le président, qui égrène le casier de la jeune « auto-entrepreneur ». Vol, escroquerie, chèques falsifiés, recel... Trois fois, quatre fois, le président lui demande de parler plus fort. Rien n'y fait. On comprend en vrac qu'elle avait un complice, qui l'aurait pilotée mais qu'elle ne veut pas dénoncer pour une raison confuse. « Elle a beaucoup plus peur de ce monsieur que des décisions de justice ! », note le procureur dans ses réquisitions, qui manifestement ne croit guère au rôle d'initiateur de ce mystérieux complice auprès duquel la jeune femme aurait une dette.

 

14h30 : le cafetier victime de David arrive. David est ressorti vers le dépôt. On le fait revenir, on reprend le dossier, seulement sur les intérêts civils pour ne pas refaire tout le procès. Roger le cafetier veut se porter partie civile. Parce que sa porte a été cassée. « Je dois rester jour et nuit dans mon café pour le surveiller. Et les clients ne viennent pas manger, il fait trop froid ». Il demande donc 1000 euros pour sa porte, et 200 euros par jour pour son préjudice.


"Des petites menaces"

14h15 : Guillaume a 32 ans, et un t-shirt représentant Mickey Mouse à la manière d'un crâne sur un drapeau pirate. Il a un CAP de menuiserie, mais ne peut pas travailler pour raisons médicales. En revanche, son casier comporte 19 condamnations, dont plusieurs pour outrage. Le premier mai à 4 heures du matin, il dit à un agent de service public chargé de surveiller les logements sociaux de la ville de Paris que « la prochaine fois, je te plante avec un tournevis dans le cou, je te lancerai des boules de pétanque comme d'habitude », ou encore « Sale Français, mon pays baise la France ». Ce qui l'amène devant ce tribunal. Il sort de Fresnes, où il a passé un an. Avant, il était en Guadeloupe, mais surtout en prison. Deux ans et demi au total. « Qu'est-ce que vous faites en ce moment? », demande le président pour savoir s'il exerce un métier. « Je fais de l'épilepsie à Sainte-Anne ». Il reconnaît avoir fait des « petites menaces en insultant, mais pas des menaces de mort ». Quatre mois requis.

"Il y a ma maman, là"

13h50 : La quarantaine, David est le premier. Crâne rasé, sweat-shirt sportif a les yeux gand ouverts. 19 mentions au casier : vol, recel... Des séquelles, dit son avocate, d'un traumatisme crânien à l'âge de 17 ans. Son tort? Le 30 avril, d'avoir pénétré dans un bar du 19e arrondissement, et d'avoir volé un peu plus de 700 euros. Il reconnaît, après avoir dit aux enquêteurs s'être seulement appuyé à la porte, qui a cédé... Une affaire simple, les réquisitions passent comme l'éclair, d'une voix rapide de cette très jeune procureure. Récidive, pas de travail, "ennui". La peine de plancher est de deux ans, la agistrate ne demande que 8 mois, mais à appliquer dès aujourd'hui. L'avocate parle plutôt elle d'une "état psychologique alarmant", d'un contexte familial "pathologique et malsain". D'un homme qui se dit "perdu, qui dit avoir besoin d'aide". D'une "chance à lui donner". A-t-il quelque chose à aouter pour sa défense? "Il y a ma maman, là". Une femme est là en effet, robuste petite femme en manteau bleu, un foulard rouge à motifs noué sur la tête. 


13h30 : 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Celle des comparutions immédiates, les "compa". La salle, toutes lumières allumées, reste sombre. La faute au plafond nuageux au-dehors, aux boiseries brunes. La salle est très clairsemée. Seul le box est plein, de quatre prévenus et de cinq gendarmes. L'audience commence.

Par J.S.

Réactions à cet article2 commentaires

  • Par bêbêtechaud, le 2 mai à 15:29

    bêbêtechaud
    justice en direct

      Les  tas  de  papiers  ,  c'est  pour  faire  croire  qu'ils  travaillent  beaucoup ???



    - Signaler un abus  
  • Par Aznbervc, le 2 mai à 21:39

    Aznbervc
    Super article

    En tant que stagiaire pour un avocat j'ai assiste a l toute l'audience et l'article est extrêmement bien rédige par le journaliste !!! BRAVO!!



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Publié : 02/05/12 - 14h18
Mis à jour : 02/05/12 - 19h40
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