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Tractations entre WikiLeaks et l'armée américaine

Justice

Publié le 19 août 2010 à 12h43
Mis à jour le 10 février 2011 à 14h01

Le service juridique du Pentagone a tenté cette semaine de rencontrer un avocat de WikiLeaks, afin de persuader les responsables du site de ne pas rendre public des documents militaires classifiés sur l'Afghanistan.

Le Pentagone a divulgué mercredi une lettre adressée à un homme se présentant comme un « avocat » de WikiLeaks et avec lequel l'armée américaine était disposée à « discuter » de la diffusion de documents classifiés, sans que ce dernier ne se présente au rendez-vous convenu.

La lettre, datée du lundi 16 août, est signée de Jeh Charles Johnson, le chef du service juridique du Pentagone, et adressée à Timothy J. Matusheski, dont l'adresse révèle qu'il possède une boîte postale à Hattiesburg dans le Mississippi (sud des Etats-Unis). « Je crois comprendre », écrit M. Johnson, « que vous vous présentez comme un avocat de WikiLeaks et, qu'au nom de cette organisation, vous avez cherché à parler avec un responsable du gouvernement américain de la façon de 'minimiser les risques' » que pourrait induire la diffusion de 15.000 nouveaux documents militaires confidentiels, ainsi que Julian Assange, le fondateur du site internet, compte le faire.

Rendez-vous raté

Le responsable du Pentagone dit ensuite qu'il était « disposé à discuter avec (M. Matusheski) hier (dimanche) à 10h et à (lui) faire part de la position du département de la Défense. Malgré l'accord qu'(il) avait donné pour participer à cette conversation téléphonique, nous n'avons pu (le) joindre ».
Bryan Whitman, un porte-parole du Pentagone, n'a pas souhaité dire comment le ministère avait eu vent de M. Matusheski. Il s'est contenté d'indiquer que son nom est apparu « au cours de l'enquête » menée pour déterminer comment WikiLeaks avait, en juillet, pu mettre la main et diffuser sur internet 77.000 documents militaires confidentiels ayant trait au conflit en Afghanistan. M. Whitman a expliqué que le but de cette conversation, si elle avait eu lieu, aurait uniquement été d'« expliquer à cette personne la position du Pentagone : le département de la Défense ne négociera pas pour arriver à une version aseptisée de documents classés, et exige qu'aucun nouveau document ne soit publié ».

M. Whitman a également maintenu, comme il l'avait fait quelques heures plus tôt, que le « Pentagone n'a eu aucun contact direct » avec cette personne ou WikiLeaks, sans préciser comment le rendez-vous téléphonique a alors pu être mis sur pied. Le Pentagone, a observé M. Whitman, a souhaité publier cette lettre pour contrer les « déclarations erronées » d'un responsable de WikiLeaks qui a assuré que l'armée américaine « a exprimé son intention d'ouvrir un dialogue » sur ces nouvelles publications.

Selon Kristinn Hrafnsson, un proche collaborateur de M. Assange, cette notification a eu lieu « cette semaine ». Après son coup d'éclat du mois de juillet, WikiLeaks compte, selon M. Assange, publier près de 15.000 nouveaux documents militaires classifiés dans les prochaines semaines. Et pour écarter des informations pouvant nuire « à des parties innocentes faisant face à une menace significative », selon les termes employés par Julian Assange, WikiLeaks a sollicité -jusqu'à présent sans succès- une aide du Pentagone pour l'aider à analyser ces nouveaux documents.

Si le site joignait le geste à la parole, il aurait alors diffusé un total de 92.000 documents militaires confidentiels, en ajoutant à ces 15.000 documents les 77.000 premiers qu'il avait publiés en juillet. Cette première diffusion de plusieurs dizaines de milliers de documents confidentiels qui éclairaient le conflit afghan d'une lumière crue avait provoqué la colère du Pentagone et une tempête médiatique.

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