L'ancien ministre Eric Woerth, qui a « porté » les réforme des retraites, rend désormais des comptes à la justice. Pourtant, il avait un moment rêvé.
Le député de l'Oise et ancien ministre Eric Woerth - longtemps proche de Jacques Chirac et d'Alain Juppé, avant de devenir un fidèle de Nicolas Sarkozy - sait définitivement que les rêves qui ont été un moment les siens appartiennent au passé. En clair : jamais il ne sera Premier ministre. Or, à la surprise de beaucoup, avant d'être rattrapé et touché (sinon « coulé ») par l'affaire Bettencourt, l'homme était bel et bien entré dans le cercle extrêmement fermé des Premiers ministrables. A l'origine, c'était du 100 contre 1. Or, à la longue, il avait démontré qu'il en avait virtuellement le potentiel. Avec cet atout supplémentaire, qu'il avait pourtant longtemps vécu comme un handicap: ne pas être, comme tant d'autres, du « sérail », ne pas être un « héritier ». Quelque part être un « horsain », un « étranger ».
Issu d'un milieu modeste -avec un père médecin du travail, qui adulait le général de Gaulle- Eric Woerth, dont certains moqueront le look de clergyman et l'esprit de sérieux, fera HEC et Sciences Po Paris. Avec un sentiment qui le vrillait: il n'appartenait pas un même monde que ses camarades. Il n'avait ni leurs moyens, ni leurs relations, ni leur vocabulaire codé de « fils de ». Il ne s'en sortirait donc « que » par le travail.
Conseil en entreprise chez Arthur Andersen, élevé dans le culte de la saga gaulliste, Eric Woerth -qui, à 12 ans, avait vécu comme un tremblement de terre les « événements de 68 »- n'hésitera pas à l'heure de ses premiers choix engagements politiques: il rejoint le RPR, évidemment. Et progressivement, tout en passant de Creil à Chantilly (dont il est aujourd'hui maire), il va s'affirmer, monter les échelons, jouer des coudes et, à la fin, s'imposer. On se décide à le prendre au sérieux. Tellement au sérieux que Jacques Chirac avait fait de cet homme « bien sous tous rapports » son directeur financier dès sa campagne de 1995. Puis avait récidivé en 2002.
L'extraordinaire est qu'Eric Woerth sera choisi par Nicolas Sarkozy pour être en 2007 le... directeur financier de sa campagne. Passer (et, de plus, à un tel poste, hyper-délicat) de Chirac à Sarkozy quand on se souvient de la guerre « sanglante » qui a opposé les deux hommes en 1995 et quand sait qu'ensuite Woerth a été le fondateur d'un « Club de la Boussole » qui aspirait à fédérer les députés fidèles à la fois à Chirac et à Raffarin, l'exploit n'est pas mince. Mais jamais Woerth n'a trahi ses « patrons » successifs. Comme Bernadette Chirac, il a simplement trouve naturel de passer de l'un à l'autre. Chaque fois, il leur a inspiré confiance.
Ministre du Budget, Eric Woerth -historiquement lié aux courant libéral de l'UMP- intéresse. Mais il se fait un nom en devenant ministre du Travail car Nicolas Sarkozy va le charger de « porter » la réforme des retraites qui va mettre, pendant des semaines, des centaines de milliers de Français dans la rue. Woerth -impassible, flegmatique, déterminé- tient le coup dans l'orage. Et à droite – y compris à l'Elysée- on commence, du coup, à se poser « la » question inimaginable quelques mois plus tôt: après Fillon, pourquoi pas lui ?
S'est-il laissé griser ? Certains « codes » d'un monde pour lui nouveau lui ont-ils fait défaut ? Ou bien s'est-on trompé sur les ambivalences, en tout cas sur la « vraie nature » d'un homme qui, d'une certaine façon, s'est fait lui-même et qui a sa part d'ombre ? Toujours est-il que l'affaire Bettencourt va ramener Eric Woerth à son destin, qui n'est pas misérable: celui d'un simple député de l'Oise qui aura, un temps, « tutoyé » les sommets mais qui, là-haut, s'y est brûlé les ailes.
Patrice de Maistre a encore passé une journée agitée ce jeudi. L'ancien gestionnaire de fortune ...
3 commentaires
Les uns après les autres ils ont tous failli succéder à !...... sauf que le jeu de cartes est en train de s'écrouler et en l'occurence Eric Woerth sert de bouc émissaire.... mais saura-t-on la vérité ... un jour ? Son « Club de la Boussole » a perdu le nord ! et nombreux sont ceux qui en perdent la tête.
comment peut on faire confiance a un homme bien sous tout rapport semble t.il,alors qu.il semble avoir magouille dans les affaires betencourt.c.est a ce meme homme que sarko a confie la reforme des retraites.au profit de qui ces reformes se sont faites.a y etre faut tout revoir, et approfondir tout le travail qu.il a fait.
On avait bien fait confiance à F. Mittrand ! et pourtant ...
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MlNOSII, le 22 mai à 22:34
vous avez raison les pays riches achéte notre patrimoine plus besoin de se défendrent on ...
messa2, le 22 mai à 22:30
JAG, le 22 mai à 22:30
Pour que l'UMP et surtout le PS et ses alliés ne soit plus majoritaire en France! Il est ...
mamala, le 22 mai à 22:27
Il parait que j'ai des dons....je pense juste que je ressent des choses.....ma mère et mon père ...
messa2, le 22 mai à 22:24
« Dans ces moments, quand les citoyens sont éprouvés, il est important que l'Etat soit ...
nellyolson, le 22 mai à 21:26
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HeyBaal, le 22 mai à 16:42
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Bluesun, le 22 mai à 18:45
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pasloi, le 22 mai à 21:01
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rafale, le 22 mai à 18:30
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