Le 11 septembre 2001, Bruno Dellinger travaillait dans l’une des deux tours jumelles attaquées. En 2002, il avait raconté son histoire dans un livre, World Trade Center, 47e étage (éd. Robert Laffont). Huit ans plus tard, il revient sur les événements et raconte comment il a su les surmonter.
Son récit avait illustré cette vérité immuable du 11 septembre : l’Amérique n’était pas l’unique cible des terroristes. Aujourd’hui installé en France, Bruno Dellinger a appris à se relever. Rencontre avec un homme au destin extraordinaire.
FRANCE-SOIR. Huit ans après les attentats, comment vous sentez-vous ?
BRUNO DELLINGER. Je vais très bien. J’habite dans un endroit magnifique, à Chantilly, en banlieue parisienne, où je partage mon temps entre mon travail et l’écriture. Ne plus vivre aux Etats-Unis, et plus particulièrement à Manhattan, m’a permis d’évoluer.
L’anniversaire des attaques du 11 septembre reste-t-il un moment dur à vivre ?
Beaucoup de tristesse me tombe dessus chaque année. Je n’y pense pas forcément tous les jours, mais j’ai remarqué que, tous les ans à la même période, je suis souvent fatigué, las. C’est comme une horloge biologique. Surtout que l’on ne célèbre pas quelque chose de joyeux.
Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis 2001 ?
Pendant très longtemps, il a fallu se battre pour récupérer, se relever. Comment survivre ? Comment remonter ma boîte ? Des mois durant, mes bureaux ont été dans un cagibi. Puis j’ai retravaillé dans un bel endroit avant, finalement, de céder mon activité. Les événements de septembre 2001 restent tragiques, mais j’en tire une certaine fierté, la fierté d’avoir su apporter une réponse positive à cet acte abominable.
Et sur le plan personnel ?
J’ai eu deux enfants. Un garçon en 2003 et une petite fille en 2005.
Posent-ils des questions sur les attentats ?
Oui, ils s’y intéressent beaucoup et je veux qu’ils sachent ce qui s’est passé ce jour-là. Ils posent des questions avec leurs mots d’enfants. Mon fils m’a par exemple demandé si les terroristes qui pilotaient les avions n’avaient pas peur de mourir. La réponse est non. Non, ils n’avaient pas peur.
En lisant votre livre, on ne peut s’empêcher de relever ce lien unique qui semblait vous unir aux deux tours jumelles du World Trade Center…
Ce lien existe toujours d’une certaine manière. J’avais bien sûr une grande fierté d’enfant à travailler dans ce lieu. Mais ça ne se résumait pas à ça. Pour moi, les tours jumelles symbolisaient quelque chose de beaucoup plus profond que le simple succès financier. C’était une utopie, un endroit de toute beauté : 50.000 personnes, originaires du monde entier, travaillaient ensemble, dans le ciel. Quand on a détruit ces tours, on a détruit cette utopie.
Etes-vous retourné à Ground Zero dernièrement ?
Je retourne à New York chaque année et j’y étais cet été. Je travaille avec les gens du World Trade Center Memorial, je leur apporte mon témoignage. Le site n’est toujours qu’un vaste chantier mais, petit à petit, on voit se profiler ce que sera le nouveau World Trade Center. New York n’est pas forcément une ville où prime l’architecture. Ce qui compte avant tout, c’est l’efficacité. Mais pas cette fois. Les futures tours, la Freedom Tower et le mémorial seront des endroits magnifiques.
World Trade Center, 47e étage, éd. Robert Laffont, 2002, 191 p.
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Hi Bill, have a nice time, life is short....!
messa2, le 25 mai à 18:22
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