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Eric Woerth : Démission ou destruction

Politique

Publié le 4 septembre 2010 à 11h53
Mis à jour le 4 septembre 2010 à 11h55

Gérard Carreyrou livre sa vision du marasme politique dans lequel est plongé le minitre du Travail Eric Woerth

Qu’il n’y ait aucun malentendu sur ce qui va suivre : c’est parce que je suis favorable aux réformes de notre société en général et à la réforme des retraites, sans doute la plus importante du quinquennat, et c’est parce que j’ai vécu à ses côtés le drame du Premier ministre Pierre Bérégovoy en 1993 que j’estime en mon âme et conscience qu’il serait souhaitable que le ministre Eric Woerth décide de son propre chef de démissionner de ses fonctions. De sa propre volonté et pas sous la pression hypocrite de ses faux amis ou de ses adversaires qui, de toute façon, exultent.

J’avais évoqué ici « la lettre qui tue » (la demande de Légion d’honneur) reconnue par M. Woerth ; depuis, un dernier cran a sauté, celui des syndicats : ils ont longtemps fait semblant de ne rien entendre, ils posent désormais la question du maintien du ministre. Comment Eric Woerth, affaibli politiquement, pourra-t-il affronter mardi prochain la triple épreuve des grandes manifestations de rue contre sa réforme, des questions à l’Assemblée nationale et d’un passage au 20 heures de TF1 ? Son remplacement serait compliqué, mais possible avec l’entrée de Xavier Bertrand au fait des dossiers et coaché en permanence par un Premier ministre, François Fillon, rompu en la matière. La réforme des retraites serait assurée d’aller à son terme.

C’est aussi, et peut-être surtout, la meilleure solution pour l’homme Eric Woerth. En 1993, le Premier ministre socialiste Pierre Bérégovoy, englué dans l’affaire d’un prêt (150.000 € d’aujourd’hui), choisit, plutôt que de démissionner et de défendre son honneur qui était incontestable, de poursuivre son action et la campagne électorale. Chaque apparition en public, chaque émission de radio et de télé devinrent pour lui terrible, un calvaire dont il ne se remit jamais. J’ai vu cet homme fort et courageux se déliter : « Pourquoi tant de haine à mon égard », me dit-il douloureusement un soir après une nouvelle émission. Il y a des limites à la résistance d’un homme et chacun sait ce qu’il advint.

Pour Eric Woerth une démission choisie et rapide vaudrait mieux qu’une lente destruction. Rien n’empêche qu’il revienne ensuite la tête haute dans le jeu politique, comme un Dominique Strauss-Kahn.
Par Gérard Carreyrou
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Réactions à cet article1 commentaire

  • JLV, le 5 sep à 03:44

    JLV
    Comparaison osée

    Comparer Pierre Bérégovoy, homme intègre, profondément honnête, harcelé pour un prêt de 150.000 euros avec Eric Woerth, ministre parjure devant la justice, qui a menti à chacune de ses interventions, qui a récolté de manière illégale des fonds pour son parti, qui a placé sa femme pour défiscaliser la plus grosse fortune de France (avec un salaire annuel bien supérieur au prêt incriminé faussement à Pierre Bérégovoy) a quelque chose de terriblement injurieux pour la mémoire de l'ancien premier ministre. Pierre Bérégovoy avait été injustement sali, Eric Woerth a triché, menti et utilisé ses différentes fonctions pour sa carrière, ses intérêts personnels et celle de son parti.



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