» S'identifier
Mercredi 22 février, 22:03
Accueil > Actualité > Politique > Hessel : "Le PS devrait s’intéresser au mouvement des indignés"

Hessel : "Le PS devrait s’intéresser au mouvement des indignés"

Politique

Publié le 19 juin 2011 à 18h58
Mis à jour le 19 juin 2011 à 19h00

Le résistant Stéphane Hessel explique l’enjeu de cette mobilisation à échelle européenne et qui porte le nom de son best-seller.

Les Indignés se sont inspirés du best-seller de Stéphane Hessel, "Indignez-vous"
Les Indignés se sont inspirés du best-seller de Stéphane Hessel, "Indignez-vous" SIPA

De Tunis, à Madrid, en passant par Athènes et Paris, Stéphane Hessel, 94 ans, est aujourd’hui une référence pour des milliers de jeunes.  Son livre Indignez-vous (Indigène), vendu à près de trois millions d’exemplaires et traduit dans 25 langues, est devenu un slogan brandi dans les manifestations de colère contre les pouvoirs en place, qui ne faiblissent pas. Le 19 juin, une grande marche de milliers de personnes convergeant vers Madrid a été organisée. En Grèce, le mouvement s'est joint à la grève générale organisée par les syndicats, le 15 juin. En France, la mobilisation, certes plus faible, existe. A Poitiers, Bayonne, Besançon, des jeunes ont planté leurs tentes. A Paris, une marche de 450 personnes a eu lieu dans les rues ce dimanche 19 juin pour « faire virer le capitalisme ». Celui qui a participé à l'élaboration la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, décrypte le phénomène et appelle les politiques français à s'emparer du phénomène.

France-Soir : Comment expliquez-vous le succès de votre livre Indignez-vous ?
Stéphane Hessel : C’est lié à la façon dont notre société fonctionne. Ce livre est tombé à un moment, où les gens éprouvent le besoin de s'indigner. Cette envie était beaucoup plus présente que je ne le prévoyais. Les individus sont mieux informés et donc plus critiques, vis-à-vis de la façon dont ils sont organisés. L'indignation est un signe de maturité.

F.S. : Quelle lecture de ce mouvement faites-vous ?
S.H. : Attention, l'indignation n’a rien à voir avec la révolution. Les indignés ne veulent pas tout casser, mais qu'on tienne compte de leur besoin de logement, de sécurité sociale, de presse indépendante… Ce sont des choses assez simples finalement. Or, dans cette mondialisation, nous manquons de dirigeants qui sachent indiquer où aller et comment aller. Ils manquent de courage pour affaiblir le lobby économico-financier, qui s'est emparé des principales ficelles de cette société globalisée, sans tenir compte des valeurs démocratiques.

« Des voix pour Marine Le Pen »

F.S. : Comment voyez-vous le mouvement en France  ?
S.H. : Même si nous sommes dans une phase, où le mécontentement est évident - le président de la République a une cote de popularité très faible – la mobilisation est moins forte qu’en Espagne ou en Grèce, où on leur demande de très fortes réductions dans leur train de vie. J'aurais voulu que le PS ou Europe écologie les Verts accueillent ces indignations, qu'ils les capitalisent, pour obtenir un changement de gouvernement. J'ai même peur que ces gens qui s'indignent donnent leurs voix à Marine Le Pen.

F.S. : En même temps, les indignés rejettent les partis politiques classiques…
S.H. : C’est ce qui me désole. Mais il est vrai, que nous sommes gouvernés au niveau national par des instances contestables, qui cherchent soit à se maintenir au pouvoir, soit plus grave, ne sont plus branchées sur la volonté populaire.

F.S. Qui allez-vous soutenir en 2012 ?
S.H. : Je pense qu’Europe Ecologie les Verts se situe là où je voudrais. Je trouve le PS un peu mou, même si je « suis amoureux » de Martine Aubry et je souhaite qu’elle gagne. Elle a besoin d'être boostée et stimulée, par EELV. J'ai beaucoup de sympathie pour Cécile Duflot, et je pense que Nicolas Hulot peut apporter quelque chose. Son geste en direction de Jean-Louis Borloo n’est pas idiot. Il vaut mieux que les gens séduits par l’ex-ministre de l’environnement se portent vers la gauche au second tour.


 

Réactions à cet article1 commentaire

  • Yannick Comenge, le 21 juin à 08:50

    Yannick Comenge
    Les indignés sont des anti-Lepen viscéraux

    Hessel a deja raté le mouvement des indignés français. 99% des indignés de la Bastille sont anti-FN. De manière viscerale. On a vu deux tristes oiseaux venir parler en AG et on a su qu'ils étaient d'extreme droit. Les indignés l'ont tous regrétté et ils seront systématiquement viré de l'AG.
    Hessel regrette que les indignés relativise les partis actuels mais il faut dire que meme Delanoe a fait donner des CRS à profusion sur l'esplanade de la Mairie de Paris le dimanche 19 juin.
    C'est pas des rapports très cordiaux mais il faut dire que le Delanoe a signé un protocole d'accord avec Monsieur Chirac sur des emplois fictifs. Cela montre un peu le différentiel de valeur entre des indignés qui n'ont pas accès à l'emploi et des maires qui oublient le passé.
    Mais surtout dites à Hessel qu'on n'est pas lepeniste. On ne le sera pas... C'est débile de le dire ou de le suggerer.


Réagissez à cet article

Réagissez avec votre compte Francesoir.fr :

* Champs obligatoires
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR


Sondage

Que pensez-vous de la garde à vue de DSK dans l'affaire du Carlton ?

3991 votants
PureShopping

En images

Carnaval de Rio 2012 : Jennifer Lopez et Sharon Stone en guest star


Plus d’articles


Dernières vidéos

Génération Hollande

» Voir toutes les vidéos
France-Soir sur Facebook

Les membres les plus actifs