Petits braquages, agressions sur la voie publique… de plus en plus de personnes sont exposées à des faits de violence. La ministre de l’Intérieur annonce la mise en place de 60.000 caméras d’ici à fin 2009 et un redéploiement de 4.000 policiers dans les quartiers les plus sensibles. Par ce dispositif, Michèle Alliot-Marie souhaite une meilleure prise en charge des victimes.
FRANCE-SOIR.Vous vous êtes récemment exprimée sur les vols à main armée qui connaissent une progression de 15 % sur l’année 2008. Comment expliquez-vous un tel phénomène ?
Michèle Alliot-Marie. La société évolue, la délinquance s’adapte. Depuis un an, nous multiplions les actions contre la drogue et l’économie souterraine. Les outils nouveaux contre la délinquance urbaine – Unités territoriales de quartier (Uteq) et compagnies de sécurisation, avec la relance de l’action des Groupes d’intervention régionaux (GIR) – ont permis de tripler les saisies de stupéfiants en 2008 par rapport à 2007. Certains de ceux qui vivaient de ces trafics se rabattent donc, aujourd’hui, vers les vols à main armée contre les commerces de proximité.
Compte tenu d’une plus grande sécurisation des banques et des grandes enseignes, ces petits braquages ne risquent-ils pas de gagner encore du terrain ?
C’est la tendance constatée ces derniers mois, notamment en région parisienne : les établissements financiers et les grandes surfaces étant mieux surveillés et protégés, en particulier grâce à la vidéo-protection, les délinquants se rabattent sur des cibles plus vulnérables. C’est pourquoi j’ai réuni la semaine dernière les représentants de ces professions pour élaborer avec eux des mesures contre ce type de délinquance.
Qu’attendez-vous des mesures que vous avez annoncées en faveur d’un meilleur rapprochement entre police et commerçants ?
Ces mesures sont de trois ordres : des actions de prévention et de conseil, portant sur l’agencement des lieux, l’installation de vidéo-protection ou d’alarmes ; des actions renforcées de contrôle par les forces de sécurité dans les quartiers concernés ; et enfin une aide aux victimes plus systématique et mieux organisée. J’attends de ce plan un coup d’arrêt au développement de ce type d’agressions, comparable à ce que nous avons réussi à faire contre la délinquance de voie publique qui a encore baissé de 6,3 % l’an dernier.
Pensez-vous que les commerçants, inquiets pour leur sécurité face aux faits de violence dont ils sont victimes, accepteront de jouer le jeu du conseil et de la prévention ?
J’en suis persuadée, d’autant que ces mesures ont été mises au point de façon concertée avec leurs représentants.
Faute de moyens financiers suffisants pour sécuriser leur pas-de-porte, certains ne cachent pas qu’ils se sont armés, qu’en dites-vous ?
J’y suis très fermement opposée. D’abord parce que la détention et le port d’armes obéissent dans notre pays à des règles très strictes ; ensuite parce qu’une telle attitude peut être à l’origine d’accidents tragiques ; et enfin parce que cela peut pousser des délinquants à des réactions extrêmes dont les commerçants seraient les premières victimes.
Ces actions de conseil et de prévention ne nécessiteraient-elles pas de nouveaux déploiements policiers, en banlieue parisienne, notamment ?
4.000 policiers vont être redéployés dans les quartiers et les départements les plus sensibles, avec la mise en place des Uteq et des compagnies de sécurisation, qui se poursuivra jusqu’à fin 2011. Si vous ajoutez à cela le recrutement de plusieurs centaines d’emplois administratifs, de façon à remettre sur le terrain les policiers auparavant affectés à ces tâches, vous constaterez que nous avons les moyens de nos ambitions.
Le nombre de vols à main armée est alarmant à Marseille, le procureur de la République s’en inquiète lui-même, avez-vous prévu des moyens adaptés à cette ville ?
Le plan anti-braquage présenté jeudi dernier sera bien entendu décliné à Marseille, deuxième foyer de ce type de délinquance après la région parisienne. Je m’y suis d’ailleurs rendue l’année dernière pour y installer deux Uteq. La Compagnie de sécurisation des Bouches-du-Rhône sera opérationnelle dans les prochaines semaines.
Les agressions de personnes sur la voie publique sont souvent le fait des mêmes auteurs dont le caractère violent et déterminé déroute victimes et forces de l’ordre. Existe-t-il des solutions pour contrer ces comportements ?
Si la délinquance de voie publique a baissé de plus d’un tiers depuis 2002, c’est bien la preuve que nous avons su trouver des solutions. Mais il est vrai que la violence de certains délinquants, de plus en plus jeunes, nécessite une détermination sans faille de toute la chaîne de sécurité : la police bien sûr, mais aussi la justice, dotée ces dernières années des textes permettant de sanctionner ces comportements comme ils le méritent, l’Education nationale, les associations, les maires.
Ces délinquants s’adaptent et contournent habilement les dispositifs policiers en n’utilisant plus les portables volés, par exemple. Quelles mesures préconisez-vous en matière de sécurité publique pour endiguer ce phénomène ?
C’est une des grandes constantes de la lutte pour la sécurité : les délinquants s’adaptent très rapidement aux nouveaux environnements, notamment technologiques. Nos résultats prouvent que nous savons réagir, et parfois même avoir un coup d’avance. C’est l’objectif de plusieurs réformes que j’ai engagées.
On constate une baisse de la délinquance de proximité dans des villes équipées de caméras de surveillance. Malgré le coût des équipements, avez-vous d’autres projets en ce sens ?
J’ai lancé, dès mon arrivée au ministère de l’Intérieur, un vaste plan d’équipement en matière de vidéo-protection, qui se traduira à la fin de cette année par un triplement des caméras de voie publique. On passera de 20.000 à 60.000. Par ailleurs, j’ai signé le 22 janvier un décret qui facilite et raccourcit la procédure permettant d’accéder à de tels équipements. Enfin, dans la prochaine loi sur la sécurité intérieure, 555 millions d’euros seront consacrés sur cinq ans au développement des nouvelles technologies : police technique et scientifique et vidéo-protection. Cette dernière vient une fois encore de démontrer son efficacité contre les vols à main armée, en permettant la semaine dernière l’arrestation rapide de deux auteurs d’une attaque contre une moyenne surface du XVe arrondissement de Paris.
Les interpellations deviennent, de ce fait, difficiles et relèvent bien souvent d’un jeu de patience. Y-a-t-il des solutions pour accélérer les enquêtes dans l’intérêt des victimes et toucher au cœur l’économie souterraine ?
Pour ce qui est des enquêtes et des interpellations, je rappelle que le nombre d’infractions révélées par l’activité des services de police et de gendarmerie a atteint l’an dernier un niveau record avec une hausse de 8,6 %. La proportion d’affaires résolues s’est établie à 37,6 %, contre 25 % en 2001. Vous le voyez, les forces de sécurité travaillent, et elles travaillent bien. Quant à la lutte contre l’économie souterraine, elle demeure l’une des priorités des GIR, que je réunis cette semaine pour faire le point des résultats obtenus en 2008 et préparer de nouvelles actions cette année.
Ces délits de voie publique concernent majoritairement les femmes, prévoyez-vous des mesures pour renforcer leur statut de victime ?
Les victimes sont au cœur de mon combat pour la sécurité des Français. Dans les chiffres de la délinquance de proximité de l’an dernier, celui dont je suis la plus fière, c’est le nombre de victimes potentielles épargnées – 103.000 ! Très souvent, vous avez raison, les victimes des violences sont des femmes : c’est particulièrement vrai dans les violences dites « non crapuleuses », qui se déroulent essentiellement au sein de la cellule familiale. J’ai commandé une étude et des propositions pour mieux les combattre. C’est d’ailleurs aussi parce que nous avons mené des campagnes d’information et mis en place dans les commissariats des personnels formés pour recevoir et écouter ces victimes que le nombre de ces plaintes a très sensiblement augmenté.
D’une façon générale, sous le pilotage de la Délégation aux victimes, des correspondants départementaux animent une politique locale avec les associations spécialisées : nous avons actuellement près de 150 permanences ou points d’accueil d’associations d’aide aux victimes installées dans des locaux des forces de l’ordre, et 28 psychologues – qui seront une cinquantaine fin 2009 – dans les commissariats de police des quartiers les plus concernés.
A l’instar d’un numéro d’alarme qui permettra aux commerçants d’être directement reliés au 17, avez-vous des projets pour les personnes victimes d’agressions dans leur voiture ou dans la rue ?
Beaucoup de voitures sont maintenant équipées de mécanismes de sécurité, notamment la fermeture automatique des portières, qui limitent les risques. Dans la rue, des équipements de vidéo-protection judicieusement installés et des policiers sur le terrain aux endroits et aux heures où cela est nécessaire permettent d’obtenir des résultats très significatifs. Mais chacun d’entre nous, en agissant avec prudence et bon sens, peut aussi être acteur de sa propre sécurité.
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alain51, le 7 fév à 09:22
allez voir comment cela se passe chez eux j'y ait habité , ils ne font pas dans la dentelle , et ...
exile de france, le 7 fév à 09:21
les accusations de ce gars portent aussi sur les électeurs du FN de quel droit porte il un ...
Cocotte, le 7 fév à 09:21
Vous n'allez quand même pas contesté que MLP a assisté à un bal néo nazis en Autriche!!! Et ...
charles bronson, le 7 fév à 09:20
A force de se faire pomper, la pipe n'est plus à la portée de toutes les bourses.
ilones, le 7 fév à 09:20
nellyolson, le 7 fév à 00:54
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THE BRAIN, le 11 Jan à 10:56
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HeyBaal, le 6 fév à 16:41
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Bluesun, le 7 fév à 08:31
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pasloi, le 6 fév à 04:59
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