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Une rentrée scolaire à haut risque pour Luc Chatel

Politique

Publié le 2 septembre 2010 à 08h16
Mis à jour le 2 septembre 2010 à 09h00

Près de 12 millions d’élèves retrouvent aujourd’hui, jeudi, les bancs de l’école, dans un climat très agité.

Une rentrée « sombre », « chaotique », marquée par « l’accumulation sans précédent de difficultés », dans un « climat général de rejet et de défiance ». Rarement les syndicats de l’Education nationale auront été aussi virulents, lycéens, enseignants et chefs d’établissement confondus. Signe de ce profond mécontentement, un appel à la grève a été lancé le lundi 6 septembre par le Snes-FSU, syndicat d’enseignants majoritaire du second degré. Fait inédit, cette journée d’action sera suivie dès le lendemain par le mouvement de grève interprofessionnel sur les retraites. Dans un contexte social tendu à l’extrême, la deuxième rentrée scolaire de Luc Chatel en tant que ministre de l’Education nationale s’annonce explosive.

Une levée de boucliers

Les doléances des syndicats sont nombreuses, mais leur colère se cristallise sur les 16.000 suppressions de postes de cette rentrée. « La dégradation de nos conditions de travail se fait sentir de plus en plus durement chaque année. Nous avons le sentiment que le gouvernement n’agit plus au nom d’impératifs pédagogiques mais au nom du budget », explique Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du Snes-FSU. Même constat de la part du rassemblement politique Europe Ecologie, qui estime que l’éducation est considérée « comme un coût plutôt que comme un investissement pour l’avenir ». L’opposition se montre encore plus alarmiste : « Nous sommes inquiets. On ne peut pas lutter contre l’échec scolaire par une réduction des effectifs », a déclaré la première secrétaire du Parti Socialiste. Martine Aubry entend « contrecarrer » l’action gouvernementale « pour que chaque enfant puisse aller au plus haut et réussir sa vie ».

La riposte de Luc Chatel

Face à ces attaques, le ministre de l’Education nationale est apparu serein. « Citez-moi une rentrée où les syndicats ne parlent pas de difficultés ! », a réagi Luc Chatel. Le porte-parole du gouvernement a insisté sur l’importance des nouveautés proposées, citant pêle-mêle la réforme du lycée, la revalorisation des jeunes professeurs, l’expérimentation « cours le matin et sport l’après-midi » et la prévention de l’illettrisme en maternelle. Il a reconnu que l’école n’était pas encore en mesure d’« assurer la réussite de chacun », en proposant de « personnaliser le suivi des élèves » pour y remédier. Vivement critiqué sur la suppression de l’année de formation pratique en IUFM, Luc Chatel a enfin souligné que les enseignants stagiaires seraient « encadrés » par un tuteur « tout au long de l’année ». Comme ses prédécesseurs, nul doute que le ministre de l’Education nationale sera attendu au tournant. L’institution se gouverne décidément dans la douleur.


Par Marie-Laure Hardy
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Réactions à cet article1 commentaire

  • momo, le 2 sep à 10:21

    momo
    Allucinant !

    Des syndicats qui se rendent compte cette année que les réformes de casse de l'éducation n'est que financière . On appelle cela de l'incompétence.

    Quand à Luc Chatel, il ne veut qu'une chose, que l'éducation soit un produit comme les autres soumis au marché.

    Salut le libéralisme !



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