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Afghanistan - Agression de jeunes filles au vitriol

Société

Publié le 23 novembre 2008 à 23h00
Mis à jour le 12 mars 2010 à 11h20

Dans le sud afghan, bastion des islamistes hostiles au gouvernement, les filles subissent régulièrement des attaques veillant à les priver de leurs droits.

Alors que les investigations ne sont pas encore achevées, déjà dix insurgés talibans ont été arrêtés hier, en relation avec l’agression d’un groupe de lycéennes le 12 novembre dernier. L’attaque, qui s’était produite dans la province de Kandahar dans le sud du pays, un des bastions des talibans, avait gravement blessé huit jeunes filles ainsi que quatre enseignantes alors que ces dernières avançaient sur le chemin de leur école.

Les agresseurs, à califourchon sur leurs motos s’étaient imposés en travers de leur chemin, et avaient forcé les malheureuses à ôter leurs burqas, ces longues robes bleues que les femmes portent afin de cacher leur silhouette, du visage jusqu’au bas des pieds. Après quoi, à l’aide de pistolets à eau, ils avaient furieusement aspergé leurs visages avec de l’acide. Hurlant au secours, mais surtout de douleurs, leurs râles avaient alors interpellé les passants et fait fuir leurs tortionnaires. Exécution publique Un peu plus tard, des enseignants du lycée de fille Mirwais-Nika, où étaient scolarisées les adolescentes, s’étaient rendus à l’hôpital de Kandahar pour attester de leur profonde consternation.

A Kaboul, le président afghan Hamid Karzaï avait lui-même condamné cette agression, et avait promis l’exécution publique des coupables, qui n’ont, pour l’heure, toujours pas revendiqué le crime. Tous les soupçons se sont instantanément portés sur les talibans, qui, au temps de leur règne en Afghanistan (1996-2001) avaient interdit l’éducation des jeunes filles. Depuis que le régime de Karzaï a reçu le soutien des occidentaux, les talibans, rentrés en rébellion, multiplie les menaces et autres actes d’intimidation violente dirigés notamment contre les établissements destinés aux jeunes filles. Ces attentats ciblés à l’encontre de la gente féminine continuent de miner les efforts du gouvernement en exercice et de la communauté internationale visant à étendre aux femmes le droit à l’éducation. Un droit fondamental, loin d’être atteint pour les Afghanes, acculées au taux de 86 % d’illettrisme, contre 57 % pour les hommes. La situation tend à se précariser pour les femmes des régions du sud et de l’est de l’Afghanistan, là où les talibans règnent quasiment en maîtres. A Kandahar, la policière Malalai Kadar, chef du département des crimes contre les femmes avait été assassinée le 28 septembre, laissant présager de nombreuses attaques à venir.

Par Magali Lacroze
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