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A Alfortville, la mosquée déclarée illégale

Société

Publié le 28 juin 2010 à 04h55
Mis à jour le 27 juin 2010 à 18h17

15 heures, c’est la fin de la prière du vendredi. Les derniers fidèles quittent le petit bâtiment construit sur un seul niveau et enfilent leurs chaussures déposées à l’extérieur, sur des étagères montées sous une tente blanche...

Bachir Dahmani, le responsable des lieux, ne nous accueille pas de bonne grâce. « Vous êtes bien le responsable de l’association ? » Pas le souffle d’une réponse. L’homme demeure silencieux, mâchoires serrées. Nous insistons : « Monsieur Dahmani ? » Il ne bronche toujours pas, le regard perdu dans le vague. « Je n’ai pas envie de parler », lâche-t-il enfin. Nous sommes au 40, rue de Nice, devant l’entrée de la mosquée d’Alfortville. Du moins si l’on en croit le jugement rendu le 8 avril dernier par la tribunal administratif de Melun. Pas de minaret en vue cependant.

Tout commence en octobre 2006, quand le conseil municipal de la ville décide d’allouer des fonds pour la construction d’un lieu d’accueil au bénéfice d’une association algérienne. Son coût ne passe pas inaperçu : plus de 700.000 €. Après étude du plan, des élus de l’opposition s’aperçoivent que l’espace associatif projeté ressemble curieusement à un lieu de culte : salle de prière, local pour les ablutions… Ils déposent alors un recours devant le tribunal administratif. Quatre ans plus tard, se fondant sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat (1905), ce dernier vient de juger que le bâtiment construit est bel et bien une mosquée et que son financement par la mairie est illégal, tout comme la convention d’occupation qui permet à l’Association des musulmans d’Alfortville (AMA) de jouir des lieux.

« Je ne mène pas une croisade contre l’islam. S’il s’agissait d’une église ou d’une synagogue, ce serait la même chose. Je pars simplement du principe que c’est contraire à la loi. Je me suis inscrite dans une démarche d’utilisation des finances de la commune » explique Catherine de Rasilly, conseillère municipale sans étiquette, à l’origine de la plainte déposée contre le projet. « Nous n’avons pas assez de crèches, pas suffisamment d’écoles. Il y avait mieux à faire que de financer un lieu de culte », juge l’élue, avant de conclure : « Il faut rendre aux habitants la jouissance de ce bâtiment qui a été payé avec leurs impôts. » Une demande que n’entend pas satisfaire l’actuelle équipe municipale.

« J’ai aidé toutes les communautés à pratiquer dignement leur culte. Personnellement, je suis athée et donc très à l’aise sur le sujet. Mais je ne peux pas accepter de rendre visite à des gens qui prient dans une cave », explique Réné Rouquet, le député maire (PS) d’Alfortville. « On est toujours à cheval sur le cultuel et le patrimoine », admet l’élu. « Etre dans la légalité, je m’en tape, et si je dois aller devant le tribunal, je m’en fous ! » assure-t-il, irrité par la décision des juges administratifs. Faut-il modifier ou réformer la loi de 1905 et permettre aux pouvoirs publics de financer les cultes ? « Non, je n’y suis pas favorable. Si on modifie cette loi, partout on nous demandera de construire des lieux de culte. Je pense qu’il faut s’adapter aux situations locales et veiller à la sécurité des citoyens », estime le maire d’Alfortville, où les Algériens constituent la première communauté étrangère. « L’avantage, c’est que le bâtiment (la mosquée, NDLR) appartient à la mairie, on a un droit de regard, on peut voir ce qu’il s’y passe », relève encore René Rouquet.
Quittons l’élu et traversons la place François-Mitterrand, où se dresse la mairie. Direction l’église Notre-Dame, située à une centaine de mètres. Il est 12 h 15, c’est la sortie de la messe en ce dimanche de juin, singulièrement gris et pluvieux. Au pied des escaliers de l’édifice se mêlent robes africaines à fleurs jaunes ou bleues et robes blanches de communiants. « Nous sommes bien conscients, nous les catholiques, de bénéficier d’un patrimoine qui existait avant nous (40.000 églises en France selon l’Observatoire du patrimoine religieux). Pour les nouvelles communautés, c’est différent, ils n’ont pas ça. Les musulmans qui vivent ici ont besoin d’avoir des lieux de culte décents, qui ne soient pas des garages », reconnaît Pierre-Edouard Le Nail, le curé de l’église. Faut-il que les pouvoirs publics aident ces communautés à construire de nouveaux lieux de culte ? « Je pense qu’il est nécessaire de redéfinir les règles du jeu pour l’ensemble des communautés. La laïcité impose, de temps en temps, des critères trop stricts, trop bornés », juge le prêtre. Puis de confier : « En 1999, la tempête avait détruit les vitraux de l’église, nous n’avions pas suffisamment d’argent pour les remplacer. Pour recevoir la subvention que nous proposait le maire au titre du patrimoine, il a fallu monter une association culturelle bidon. »


Par Jean-Claude Galli
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Réactions à cet article7 commentaires

  • Alfortville Confluence, le 28 juin à 09:10

    Alfortville Confluence
    Précisions sur ce dossier

    Il faut savoir que l'ensemble des édifices cultuels alfortvillais existant avant "l'arrivée au pouvoir" de Monsieur ROUQUET (églises, synagogues,temples) ont été financés et construits par les fidèles eux mêmes, ce qui constitue un cas exceptionnel en France. Aucun d'entre eux sur la ville n'est concerné par les dispositions de la "loi de 1905" relative aux édifices antérieurs à 1905, qui sont alors propriété communale.

    L'ensemble de ces lieux de cultes à Alfortville est donc à la charge exclusive des communautés cultuelles qui doivent en assumer l'entretien comme les charges courantes (chauffage,eau, téléphone, électricité etc...)


    La construction en 2007 et l'entretien depuis cette date par la commune d'un lieu de culte à l'usage des musulmans constituent donc une violation absolue du principe d'égalité entre les citoyens puisque maintenant à Alfortville seul les pratiquants musulmans sont hébérgés, chauffés, éclairés, etc... pendant toute l'année aux frais des contribuables alfortvillais.


    Cela est évidemment sans rapport avec une subvention ponctuelle pour la réparation de quelques mètres carrés de vitraux, il y a une dizaine d'année, même si cette subvention est regrettable et tout aussi illégale, d'après les déclarations de Monsieur le curé qui n'était d'ailleurs pas là, à cette époque.



  • Charles, le 28 juin à 12:37

    Charles
    un député qui se tape de la légalité

    Celui qui de la légalité - je cite- s'en tape est DEPUTE et est censé voter des lois : pourquoi ne démissionne-t'il pas de son poste de député si il se contrefiche des lois ?

    Bravo aux élus de l'opposition municipale pour leur courageuse ténacité.

    Quant au curé , pourrait il nous dire quelle est la superficie cédée à la mairie et à quel prix du terrain de l'ancien presbytère ( cela vaut bien quelques vitraux !)



  • Marianne, le 29 juin à 21:49

    Marianne
    Démission !

    De sensibilité de gauche, je suis dégoûtée par la démission et la collaboration de ma famille politique. Il fût un temps où la gauche défendait la laïcité. Prenez garde mesdames et messieurs les politiques de ne pas vous couper des citoyens. Bientôt il sera trop tard.



  • Anonyme, le 29 juin à 23:18

    Anonyme
    Les réparations doivent etre faites par les mairies

    "Cela est évidemment sans rapport avec une subvention ponctuelle pour la réparation de quelques mètres carrés de vitraux, "


    Les églises construites avant 1905 appartiennent aux mairies et doivent etre réparées par elles, c'est la loi. Et donc, ces vitraux doivent etre remis en état par la Mairie.



  • Anonyme, le 30 juin à 08:19

    Anonyme
    indignation

    « Etre dans la légalité, je m’en tape, et si je dois aller devant le tribunal, je m’en fous ! »


    Ce genre de réflexion est d'une bêtise sans nom, elle ne peut pas venir d'un élu du peuple! IL vote des lois ce monsieur. Il nous oblige à respecter celles-ci et quand il est tenu, lui, d'en faire de même, il bafoue la république laïque qui lui a permis d'être élu.

    L'électoralisme peut vous amener à tout. Le PS, comme l'UMP d'ailleurs, même combat.

    Un électorat, même de circonstance, recherché aux près de l'électorat musulman, est bon à prendre.

    Apres nous le déluge.


    Il est vrai qu'un apéro-saucisson-pinard c'est très grave.

    Une mosquée avec l'argent du contribuable, c'est rien.

    La fracture devient de plus en plus grande avec les français. Attention.


    Espérons que les citoyens d'Alforville se souviendront de cela le moment venu.



  • max, le 30 juin à 18:19

    max
    avec mes impots?

    Étant habitant d'Alfortville et athée, Je suis choqué qu'on dépense l'argent de la municipalité pour des choses religieuses. C'est inadmissible, contraire à la loi et agaçant à la foi! Mais qui respecte encore la loi dans ce pays?



  • GUERRIERE, le 30 juin à 23:00

    GUERRIERE
    BRAVO A FRANCE SOIR : vous êtes courageux !

    J'admire le fait qu'enfin un média se distingue des autres merdias, et accepte de dire la vérité sur les maires socialistes qui putanisent leurs villes à l'islam.


    Effectivement, nous assistons à une course effrénée des mairies socialistes, suivies de très près par les mairies UMP, pour l'érection de mosquées si possible avec minarets, çà fait plus "mieux"...


    Ainsi pour la putanisation complète et absolue de sa ville, la mère AUBRY a interdit depuis deux ans les processions catholiques et les crèches sur les stands des forains à l'époque de Noël !!

    Par ailleurs, elle a adopté les piscines à horaires pour femelles et horaires pour mâles. C'est très effcace, cela empêche toute copulation dans la piscine pour les élevages intensifs des musulmans.


    Au niveau des élevages intensifs, Lyon bat tous les records. Un imam venu, je crois, du Mali, a eu avec quatre épouses : 46 enfants !

    Même les truies qui ont sept petits à chaque portée, n'en font pas autant! Bravo LYON !

    Qui dit mieux ???


    Ben, oui, c'est la course aux mosquées, celle aux mioches, voyons les allocations sociales : c'est NANTES je crois qui entretient Liès Hebadge qui a une femme et trois concubines, qui a volé plusieurs centianes de milliers d'euros aux caisses d'aides sociales, et qui refuse toujours de payer 18 euros pour port de burqa au volant...


    Mais puisque nous parlons de volant de voiture, je dirais que je ne prêterais jamais ma voiture à quelqu'un d'aveugle. N'est-ce pas ?


    Alors qu'en pensez-vous de notre folie à nous les occidentaux qui avons confié nos vies et l'avenir de nos enfants à des politiciens aveugles et sourds ?......



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