Alors que 16.000 postes seront supprimés à la rentrée prochaine, l’Etat emploie des contractuels à long terme : certains enchaînent plusieurs dizaines de CDD. Ils manifestent aujourd’hui.
Trente CDD en neuf ans ! Impossible ? Dans le privé, oui, pas dans l’Education nationale. Lorsqu’il additionne tous ses contrats et leurs avenants, c’est le nombre qu’obtient Vincent Lombard, professeur de lettres de 34 ans à Valence. Il fait partie des 20.000 contractuels non titulaires qu’emploie l’Education nationale, et qui iront grossir samedi les manifestations et actions locales organisées à l’appel d’une quinzaine de syndicats de l’enseignement. Seuls 5.000 d’entre eux sont en contrat à durée indéterminée. Les autres ? Ils voguent de CDD en CDD, d’un établissement à l’autre, au gré des remplacements. Ce fonctionnement, impossible dans le secteur privé, où l’employeur ne peut cumuler que deux CDD, est courant chez les profs.
En théorie, l’Etat ne peut aller au-delà de six ans de CDD sans offrir un CDI. Mais des conditions restrictives lui permettent de déroger à la règle, notamment une « obligation de continuité », quasi impossible à remplir, selon Vincent Lombard : « Si en six ans vous vivez une période de chômage, ne serait-ce qu’une semaine, les compteurs sont remis à zéro. » Karine Zozor, prof de français de 39 ans, a d’ailleurs cessé de compter ses contrats. « Oh là ! Une quinzaine peut-être ? » lance-t-elle. Après dix ans d’enseignement, cette Grenobloise, maman de trois enfants, aimerait se poser. Titulaire de deux maîtrises, elle a commencé par « trois semaines par-ci, trois mois par-là, en vacation ». Puis elle a enchaîné les postes en collège et lycée, la plupart du temps en CDD à l’année, parfois entrecoupés de courtes périodes de chômage. En 2009, elle a signé quatre CDD, ballottée entre deux collèges et un lycée. « C’est épuisant de ne pas avoir de perspective, d’être appelée au pied levé. Pour une mère de famille, c’est un casse-tête. » D’autant que tout peut s’arrêter sans sommation. C’est arrivé à son mari, prof d’histoire-géo, contractuel de 2001 à 2008. « Le rectorat l’a laissé au chômage, sans explication. Cette année, il a fini par décider de passer le concours d’infirmier. »
Ces conditions de travail en dégoûtent plus d’un. « Une matinée dans un collège, un après-midi au lycée, avec cinq classes de niveaux différents, c’est pénible moralement », poursuit Lombard. « On est des bouche-trous, des pions ! » acquiesce Séverine Pouzet, 33 ans, qui enseigne l’espagnol près de Chambéry. Après cinq ans en vacation, elle espère enfin signer un CDD. « Dans le privé, on pourrait aller aux prud’hommes. Nous, on n’a que le tribunal administratif. Mais si on veut trouver un poste, ce n’est pas recommandé. » Dans son collège, ils sont six non-titulaires, sur soixante profs, soit deux fois plus que l’an dernier ! Difficile, quand les rangs des titulaires ne suffisent pas et que les recours aux contrats précaires (CDD ou vacataires) se multiplient, d’accepter les 16.000 suppressions de postes annoncées pour la rentrée 2011 par le gouvernement. Le ministère nie ce lien de cause à effet mais admet que « sur la gestion des contrats, leur nombre, leur durée, il y a des simplifications à faire ». Des discussions, actuellement en cours, devraient aboutir à la mi-2011.
« Ça coûte moins cher », raille Vincent Lombard. Le salaire, c’est l’autre motif de colère de ces « soutiers de l’enseignement ». En moyenne, les contractuels en CDD gagnent 1.380 € net par mois, sans aucun avancement malgré leur ancienneté, sans prise en charge des frais de déplacements. « Quand je travaillais à 110 kilomètres de chez moi, il m’est arrivé de dormir à l’infirmerie du collège, ou chez des amis qui ont un gîte », raconte Lombard. Et même lorsqu’ils passent en CDI, leur salaire reste de 30 à 40 % inférieur à celui des titulaires, selon le SNES-FSU. Seule perspective pour sortir de cette précarité : obtenir le capes. « J’ai déjà été trois fois admissible à l’oral, souffle Karine. Mais il est de moins en moins accessible. Ce n’est pas mon niveau qui baisse, mais le nombre de postes libres qui diminue ! »
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Les problèmes de l'éducation nationale ne sont pas une histoire de moyen en effet son budget a doublé en 20 ans, les effectifs augmentés, le nombre d'éleves miminués et la qualité de l'éducation et les résultats se dégradent!!! conclusion les solutions sont peut etre ailleurs, formation des enseignants, motivations de ceux ci et affectations des plus chevronnés dans les zones difficiles au lieu de se planquer dans les coins tranquilles et d'envoyer les jeunes profs au casse pipe!!!!
La titularisation s'amenuise considérablement en Angleterre. Si vous ne convenez pas dans l'enseignement, on ne vous reprend pas l'année suivante. Cela se fait de plus en plus,même dans la fonction publique. On exige le minimum: pas de congé de maladie complaisant, pas de plainte des clients ou des étudiants, participation à la vie sociale de l'établissement/l'entreprise. Bien sur il y a des dérapages. Si un client téléphone à mon mari sur son portable à 20h ou un dimanche, il se sent obligé de répondre. Mais ça limite les abus de l'employé fainéant ou inadéquate.
Nul doute que si votre cher mari avait un bac +4, était payé 1300€ net par mois, sans perspective d'évolution professionnel, sans augmentation pendant 10ans, ou même s'il aura encore du boulot le mois suivant, il serait hyper motivé, et n'hésiterait pas a répondre a ses clients le dimanche.....
Avant de laisser des commentaires idiots, on lit l'article et on réfléchit avant d'épancher sa haine du fonctionnaire.....
C'est vous qui me critiquez sans m'avoir lu comme il faut! Les gens sont hyper motivés ici parce qu'ils sont en compétition permanente avec les autres, mêmes les fonctionnaires. Qu'il ait un bac + doctorat ne fait rien à l'affaire. En Angleterre c'est votre capacité qui compte. Vous voyez de la haine partout en France, je ne suis pas étonnée que vous soyez le plus grand consommateur de calmants.
L'Angleterre n'est certainement pas un modèle à suivre..et je sais de quoi je parle,j'y ai vécu et je suis prof d'anglais!
La titularisation des professeurs contractuels comme moi nous donne une garantie financière,sécuritaire,elle nous donnerait un véritable statut! J'ai bac+4 également et je suis écoeurée d'avoir à subir une situation anormale,injuste et inhumaine! (je n'ai meme pas été payée intégralement ce mois-ci!) Meme en Inde, une telle situation serait combattue.
Le gouvernement doit titulariser.L'éducation nationale est rongée jusqu'à la moelle, qu'en est-il de l'avenir des élèves si on continue de supprimer les postes?
berenicev.over-blog.com
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HeyBaal, le 24 mai à 13:04
Et ?L'ouverture n'a jamais été facile, et quand les personnes concernées ont commencé à faire ...
loubinette, le 24 mai à 13:04
sarkozy n'est pas mort il bande encore je crois que dati aurait aimé dire cela.
Izard, le 24 mai à 13:03
nellyolson, le 24 mai à 12:26
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