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Colocation chez les seniors

Société

Publié le 26 mai 2010 à 05h48
Mis à jour le 25 mai 2010 à 17h52

De plus en plus précarisés, les seniors commencent à trouver dans la colocation une solution intéressante. Témoignage.

“Vivre ensemble, c’est la maison du bonheur”


« Je pensais à la colocation depuis quelques années. J’avais vu un reportage sur des retraitées partageant un appartement en Allemagne et j’avais entendu parler des Babayagas de Montreuil. » Alors, un jour, après qu’un résidant de Nanterre eut évoqué la mise en place d’une colocation senior sur France Inter, Claire Delabare, 62 ans, a le déclic. « On ne se voit pas vieillir. Je suis autonome, j’ai des amis. Mais cela ne durera peut-être pas. Avec la colocation, on ne vieillit pas seul et on évite les maisons de retraite, qui sont trop chères, où on subit parfois de la maltraitance et où on régresse bien plus vite », explique la jeune retraitée. La colocation lui permettra aussi de vivre dans une belle maison de 270 m2 en ne versant que 450 euros par mois. « Pour l’instant, nous sommes cinq et il y a huit chambres, plusieurs salles de bains et une immense pièce à vivre. On se connaît depuis peu mais des amitiés se sont déjà nouées. J’espère qu’on va rigoler et s’enrichir les uns les autres », poursuit-elle. Un souhait qu’émet également Maryvonne Quéméneur, 58 ans, future colocataire elle aussi : « J’ai peur de m’encroûter et de ne m’occuper que de moi quand je serai à la retraite. D’autant que je connais peu de monde à Paris. La colocation me donnera la possibilité de rester ouverte aux autres. »


« Comme les étudiants, nous avons peu d’argent »

C’est Yves Dumas, médecin à la retraite de 63 ans, qui a acheté cette maison du bonheur et organisé des castings pour monter cette fine équipe qu’il rassemble régulièrement lors de sorties visant à mieux se connaître. L’emménagement est prévu en octobre. En attendant, les réunions se multiplient pour établir des règles de vie. « On achètera les produits de base en commun mais chacun paiera ses produits frais. Et inviter des amis à dormir sera autorisé », précise Claire. Certains bricoleront, d’autres tiendront les comptes. Claire Delabare, ancienne coach en développement personnel, s’occupera de la gestion des conflits éventuels. « La société vieillit et tous les seniors ne pourront pas payer un loyer ou des charges de propriétaire. Comme les étudiants, nous avons souvent peu d’argent. La solution, c’est de se regrouper », assure-t-elle, prédisant le succès de ce nouveau mode de vie chez les retraités.

Les colocataires de Nanterre pourront même échanger leur maison au gré de leurs envies contre celle d’autres colocataires membres de l’association La Trame qui résident à Sallèles-d’Aude. L’association La Trame, créée en 2003 par Christiane Baumelle à la suite de la canicule, a lancé les colocations seniors en 2007. Cinq existent déjà et six sont en création à Paris, Lyon et Strasbourg, entre autres. D’autres initiatives de ce type ont vu le jour depuis, menées par les associations Colocation seniors et La maison des Babayagas ou les sites Partage senior et Le grand partage. Le site Appartager.com a quant à lui enregistré + 46 % de demandes concernant la colocation senior entre 2008 et 2009.
Par Alexandra Chanjou
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