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Dix conseils pour combattre l’échec scolaire au collège

Société

Publié le 22 octobre 2010 à 08h47
Mis à jour le 22 octobre 2010 à 14h27

Un élève sur cinq sort du collège avec de graves lacunes en français et en mathématiques, vient de rappeler le Haut conseil de l’éducation. Comment réagir si son enfant n’arrive pas à surmonter cette période délicate qui coïncide avec le passage à l’adolescence ? Réponse en dix points avec Jérôme Saltet, spécialiste de l’éducation, coauteur de Changer le collège, c’est possible ! (Oh ! Editions).


1. Remotiver son enfant

Un élève en situation d’échec scolaire a du mal à se lever pour aller en cours. Les parents doivent l’aider à retrouver l’envie d’apprendre. « Les phrases du type “t’es nul, tu n’y arriveras jamais, tu finiras au chômage” sont à bannir car elles ont un effet dévastateur », explique Jérôme Saltet. Il conseille aux parents de faire la part des choses entre les véritables difficultés rencontrées par l’enfant et une éventuelle rébellion. « Un jeune va affirmer qu’il n’y arrive pas, alors qu’en fait il n’a même pas essayé. Mais il est tenté de dénigrer l’école pour avoir l’air cool vis-à-vis des copains. Il faut lui expliquer que ce n’est pas en adoptant une attitude négative qu’on est plus populaire à long terme. Au contraire : on a encore plus de copains si on va de l’avant. »

2. Identifier ses erreurs

« Les erreurs participent à l’apprentissage : il faut tomber pour apprendre à faire du vélo », constate Jérôme Saltet. « Le discours vis-à-vis de l’erreur doit être positif. Si un enfant fait toujours la même faute, il ne faut pas s’énerver mais chercher à identifier le problème pour y remédier. Par exemple, le non-respect de la consigne d’un exercice donné par le prof est une erreur commise fréquemment, que l’on peut facilement corriger. »

3. Gérer les profs

« Quelle que soit son opinion du système scolaire, ce n’est pas possible de ramer à contre-courant si l’on veut que le bateau arrive. Il faut éviter de critiquer ouvertement les profs. Si l’enfant sent qu’il y a un conflit entre deux autorités, il va en tirer profit », indique Jérôme Saltet. L’adulte peut en revanche le guider pour qu’il gère mieux ses relations avec le corps enseignant. « Il faut dire à son enfant d’éviter de se mettre un prof à dos dès les premiers cours. Ils ont tous leurs « têtes » et une fois qu’on est pris en grippe, c’est terrible », poursuit notre spécialiste. Si la situation s’envenime, les parents ne doivent pas hésiter à contacter directement l’enseignant pour tenter d’y voir plus clair, par exemple lorsque des remontrances sont fréquemment inscrites dans le carnet de liaison.

4. Dédramatiser les notes

« Une note ne doit jamais être humiliante. L’enfant doit comprendre que ce n’est pas un jugement : on note une copie et non un individu. » Objectif : l’encourager à ne pas dissimuler ses notes, même si elles sont mauvaises. Il faut instaurer le dialogue en lui demandant comment il explique le résultat obtenu ou lui proposer de faire un pronostic sur sa performance avant un devoir, afin d’expliquer par la suite un éventuel décalage.

5. Rédiger un contrat parents-enfants

« Prendre des engagements réciproques est un bon moyen de résoudre les conflits et d’améliorer la relation », souligne Jérôme Saltet. « Par exemple, les parents promettent de ne pas s’énerver contre une mauvaise note, tandis que les enfants s’engagent à travailler plus. » Le contrat sera signé par les deux parties, avec une durée limitée dans le temps (un mois, un trimestre, un an…). Il ne sera assujetti à aucune récompense matérielle.

6. Prévenir le stress

Au collège, les rapports avec les profs constituent un facteur de stress fréquent. « Un élève a parfois le sentiment d’être détesté ou harcelé par un enseignant. L’adulte doit dédramatiser en expliquant que le prof est lui-même stressé, qu’il exerce un métier difficile, et surtout que c’est un être humain comme les autres qui se brosse les dents avant de venir à l’école… »

7. Préserver le sommeil

« Les profs se plaignent sans cesse des élèves qui arrivent épuisés le matin. Un enfant ne peut pas apprendre s’il est fatigué, les parents doivent se montrer draconiens là-dessus. C’est impossible de rester derrière la porte de sa chambre pour le surveiller en permanence, mais on peut lui expliquer que s’il ne dort pas, son parcours scolaire ne pourra pas s’effectuer correctement. » L’élève doit adopter un rythme régulier en se levant et en se couchant toujours à la même heure. Attention : à son âge, les somnifères sont proscrits.

8. Travailler la mémorisation

« Toute mémorisation doit être renforcée par des séquences de travail fréquentes, courtes et intensives », préconise Jérôme Saltet. « Si on apprend une leçon juste avant un contrôle, on en retient seulement 10 % au bout de trois mois. En revanche, si on révise le soir même du cours, une semaine après, et enfin la veille de l’examen, on conserve 90 % de ses connaissances. »

9. Savoir anticiper

Il est indispensable de s’organiser pour apprendre. La meilleure arme consiste à travailler tous les jours de façon régulière. « C’est plus efficace que d’avoir une montagne de devoirs à exécuter au dernier moment. » Il faut échelonner et planifier son travail dans un agenda, en notant les échéances importantes. « Si le prof d’anglais est un habitué des interrogations surprises, on peut prévoir de réviser son vocabulaire la veille de chaque cours. Plus on anticipe, moins on stresse, et moins on perd confiance. »

10. Consulter un psychologue

Si tous les conseils précédents ne donnent pas de résultats, il ne faut pas hésiter à solliciter l’aide d’un spécialiste. « Un psychologue scolaire a le recul nécessaire pour repérer le profil de l’enfant, ses forces et ses faiblesses, indique Jérôme Saltet. Il peut également déterminer si ses problèmes sont liés à la scolarité ou à l’environnement familial. La situation se débloque parfois très rapidement. »


Par Marie-Laure Hardy
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Réactions à cet article3 commentaires

  • Anonyme, le 22 oct à 10:24

    Anonyme
    pas convaincu

    le propos est intéressant, pas de pb.


    mais ça reste révélateur d'un énorme malaise : on n'est pas arrivé à cette situation par hasard....


    avec tous les moyens depensés dans l'education, ce constat d'echec a des origines..


    ici on parle des consequence.


    il faudrait parler des causes à corriger...


    il y a pas de fatalité dans l' echec scolaire


    ce ne sont pas aux parents et aux enfants de corriger le problème


    on ne demande pas à un aveugle de faire des progrès en lecture



  • Laurence Dalquet, le 22 oct à 10:26

    Laurence Dalquet
    Laissez moi rire

    Si on en est là, c'est qu on sait tous que l'on recoit l'héritage des soixantuitards qui ont monopolisé et instrumentalisé l"education de nos enfants...


    merci la gauche et vos reformes qui ont tout cassé


    aujourd'hui, place à la discipline et l'obeissance


    désolé, mais y a pas d'autre choix



  • David lesoul, le 22 oct à 10:28

    David lesoul
    Merci

    article intéressant... avec mes enfants, j'avoue que c est souvent délicat...


    on a la pression des profs, mais ausi cellles des parents qui veulent faire la compétition avec les autres gosses...


    l'ecole fait ce qu 'elle peut et honnetement beaucoup de profs dévoués sauvent la mise pour beaucoup



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