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EDF - De l’électricité dans l’air

Société

Publié le 25 janvier 2010 à 16h36
Mis à jour le 16 mars 2010 à 12h06

La hausse des tarifs de l’électricité – de l’ordre de 24 % entre 2010 et 2015 – évoquée par Les Echos hier, a été aussitôt démentie par EDF, toujours plongée dans la polémique Proglio. Coïncidence ?

Les prix de l’électricité pourraient grimper dans les années qui viennent. Voilà une information qui tombe à un bien mauvais moment pour EDF. Alors que la rémunération de son dirigeant, Henri Proglio, fait polémique, le journal Les Echos évoquait dans son édition d’hier une possible hausse des tarifs de l’électricité. Le quotidien économique, qui cite des projections internes du groupe, affirme que l’entreprise envisage « une hausse de l’ordre de 24 % entre 2010 et 2015 » des tarifs pour les particuliers afin de financer ses investissements. EDF a « catégoriquement » démenti hier avoir formulé cette demande au gouvernement.

Dans un premier temps, l’entreprise avait indiqué qu’elle n’avait « transmis aucune proposition chiffrée au gouvernement », en référence aux informations du quotidien, selon lesquelles le groupe public avait soumis aux pouvoirs publics un projet non chiffré de hausse de ses tarifs. En juillet 2009, Pierre Gadonneix, alors PDG d’EDF, avait réclamé une hausse de 20 % du prix de l’électricité en France sur trois ou quatre ans. Une déclaration qui avait été vivement critiquée par le gouvernement, et qui avait finalement coûté sa place à l’ex-dirigeant.

« On attaque aussi Sarkozy »


Les tarifs d’EDF, groupe détenu à 85 % par l’Etat français, sont aujourd’hui fixés par les ministres de l’Economie et de l’Energie, et entrent donc régulièrement dans le champ du débat politique. La question resurgit donc en pleine polémique déclenchée par le maintien d’Henri Proglio à la présidence non exécutive de Veolia, dont il était auparavant le PDG. « Henri Proglio est un ami de (Nicolas) Sarkozy et, quand il est attaqué, je pense qu’on attaque aussi Sarkozy », a déclaré un membre du conseil d’administration de Veolia. « J’ai du mal à envisager qu’on le remplace. Mais si c’était inéluctable, il faudrait au moins entre un et deux ans pour le faire », a-t-il ajouté.

La ministre de l’Economie, Christine Lagarde, et le ministre du Budget, Eric Woerth, ont estimé dimanche qu’Henri Proglio ne pourrait conserver éternellement ses fonctions chez Veolia, alors que les critiques de l’opposition sur le sujet se multiplient. Ce dernier, lors de sa nomination à la tête d’EDF, avait lui-même indiqué que cette situation serait « transitoire ».

Le départ de Veolia doit « se faire au rythme de l’entreprise et de l’intérêt économique d’EDF et de Veolia », et non « pas au rythme du Parti socialiste qui veut faire un coup préélectoral », a affirmé hier le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre.

Les critiques s’étaient dans un premier temps concentrées sur la rémunération de 450.000 euros annuels d’Henri Proglio chez Veolia, cumulée à son salaire chez EDF, le contraignant à y renoncer le 21 janvier. Mais ces polémiques sont également susceptibles de compliquer le projet d’Henri Proglio de rapprocher Veolia et EDF. Une perspective qui pourrait se traduire par une montée de l’électricien public à hauteur de 15 % du capital du groupe de services aux collectivités.

Par Guillaume Rameaux
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