» S'identifier
Mardi 07 février, 11:35
Accueil > Actualité > Société > Expo - Picasso, une révolution.

Expo - Picasso, une révolution.

Société

Publié le 10 octobre 2008 à 17h49
Mis à jour le 12 mars 2010 à 11h18

L’exposition historique produit des miracles. Pour Picasso face à ses maîtres, La Maja desnuda de Goya est descendue des cimaises du Prado de Madrid. Elle n’avait pas voyagé depuis 1930. C’est comme si la Joconde s’échappait du Louvre… « une alerte médiatique » pour le directeur du musée espagnol Picasso. Elle va rivaliser d’audace avec Nu couché jouant avec un chat de Picasso (1964)

Dès l’âge de 6 ans Picasso sait qu’il va devenir peintre. Plus tard il se souviendra de son dessin d’Hercule avec sa massue qu’il avait retracé à l’identique d’après une statue trônant chez ses parents. Il sera l’un des seuls à savoir de son vivant qu’il est un génie. Son père, don Jose Ruiz, l’initie au dessin et décèle en lui un don hors du commun. Très vite surnommé « le petit Goya », il côtoie les grands et restera obsédé par Velasquez dès sa première visite au Prado à l’âge de 14 ans.

« Velasquez est un vrai peintre de la réalité », estime Picasso. L’effet d’exorcisme va hanter son œuvre foisonnante – quelque 60.000 pièces pour toute une vie achevée à 91 ans et, à la veille de sa mort, il peindra encore couché le 8 avril 1973. Celui qui savait copier à la perfection l’antique intégra les règles de l’académisme. Il respecte ses maîtres au plus haut point. De son regard de braise, il caresse les courbes d’Ingres, de Manet, les clairs obscurs du Greco, les fulgurances de Velazquez. Puis il les recrache avec une énergie foudroyante (voir au Musée d’Orsay les vingt-six Déjeuners sur l’herbe de Picasso peints à 80 ans d’après l’œuvre d’Edouard Manet qui fit scandale en 1863 au Salon des refusés).

Ainsi les deux commissaires des expositions Anne Baldassari, directrice du Musée national Picasso, et Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale du patrimoine, chargée de l’art contemporain au musée du Louvre, ont œuvré pendant trois ans pour échafauder l’événement. Sans pareil, de taille monumentale, celui-ci aurait nécessité de pousser les murs. Finalement il s’étire sur les trois espaces parisiens : une juste mesure pour raconter une révolution. Dans les jardins autour du Grand Palais, sur les murs de ce Paris qu’il aimait tant, ce regard nous dit d’apprécier le monde pour mieux le faire bouger.

« En continuant, dit Picasso, j’ouvrirai des fenêtres, je passerai derrière la toile et peut-être quelque chose se produira. »

Picasso le rebelle ouvre la marche en nous accueillant en compagnie de son père dans la première salle des autoportraits, « Yo Picasso », au Grand Palais, c’est sa façon à lui de tuer le père et de rendre hommage aux générations du passé. La réflexion sur le temps avec les signes de la misère, la cruauté, la tendresse, la mort s’approfondit d’œuvre en œuvre tantôt grave tantôt joyeuse, parfois mélancolique, jamais glauque. Picasso a su transformer l’art en langage à la manière d’un philosophe accessible à tous. « Qu’est-ce que serait un tableau si ce n’était un signe ? », note le maître. En peinture les choses sont des signes. Avant la guerre de 14, nous disions des emblèmes.

 


Infos pratiques

Le peintre Picasso est à l’honneur dans la capitale française. Trois des plus beaux musées parisiens ont décidé d’exposer ses œuvres selon trois thèmes :

« Picasso et les maîtres », Grand Palais du 8 octobre au 2 février. Rens. : 01.44.13.17.17. Ouvert tous les jours de 10 h à 22 h sauf le mardi et le 25 décembre.
« Picasso/Manet, Le déjeuner sur l’herbe » au Musée d’Orsay du 8 octobre au 1er février 2009.
Rens. : 01.40.49.48.14. Ouvert tous les jours sauf le lundi.
« Picasso/Delacroix : Femmes d’Alger », au musée du Louvre, du 9 octobre au 2 février 2009.
Rens. : 01.40.20.53.17. Ouvert tous les jours sauf le mardi.

 


Des assurances colossales

L’exposition réunit environ 210 œuvres de collections privées ou appartenant à des musées. La prime d’assurance est de 790.000 euros, soit environ 1/5 du budget totale de l’exposition qui est estimé à plus de 4 millions d’euros. Un quart du budget est financé par le groupe LVMH. Le coût total des œuvres exposées atteint les 2 milliards d’euros. Le tableau le plus cher est évalué à 100 millions d’euros à lui seul. Une exposition sous haute surveillance.

 

 

 

 

C'est sur France Soir !
 

Réagissez à cet article

Réagissez avec votre compte Francesoir.fr :

* Champs obligatoires
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR


  • 0

Sondage

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont vus à nouveau lundi à Paris. Quel est votre sentiment dominant?

396 votants
PureShopping

Plus d’articles


Dernières vidéos

Pub : Samsung fait exploser une centrale nucléaire iranienne

» Voir toutes les vidéos
France-Soir sur Facebook

Les membres les plus actifs

Quiz

Testez vos connaissances

Facebook