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Giec - Les experts du climat sont dans la tourmente

Société

Publié le 11 février 2010 à 17h18
Mis à jour le 16 mars 2010 à 12h36

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), autorité mondiale du réchauffement climatique, est sur la sellette. Sa structure et ses prévisions soulèvent des interrogations.

Ça chauffe pour le Giec. L’organisme de l’ONU, dont les rapports ont largement contribué à placer l’urgence climatique au centre des débats diplomatiques du monde, doit faire face à ses détracteurs. Cinq scientifiques de renom, qui avaient collaboré à ses travaux, s’attaquent à l’institution dans l’édition de mercredi de la revue Nature et préconisent de le transformer.

Car le Giec, ces derniers temps, n’a pas franchement brillé. L’assemblée d’experts a ainsi reconnu en janvier que la prévision qu’elle avait faite, dans son rapport de 2007, d’une disparition des glaciers de l’Himalaya vers 2035, était « une regrettable erreur ».

Car la fonte en question n’est envisageable, en vérité, que vers 2350 ! Cette monumentale erreur de trois siècles, dans un rapport qui avait notamment permis au Giec d’empocher le prix Nobel de la paix, inquiète. Les principales négociations mondiales sur le climat, dont le récent sommet de Copenhague, se basent en grande partie sur les rapports du Groupe

Experts dans le doute

Copenhague, justement, avait été en décembre dernier le théâtre de l’affaire du « Climategate. » Deux semaines avant le sommet, la divulgation d’e-mails échangés entre les grandes pontes scientifiques du climat, parmi lesquels des cadres du Giec, laissait entendre que ceux-ci s’étaient mis d’accord pour avoir un discours commun sur le danger du réchauffement climatique alors que certains d’entre eux en doutaient.

Dans le courant du mois de janvier, c’est la presse britannique qui s’était à son tour déchaînée sur le Giec, accusant l’organisme d’avoir basé l’un de ses rapports sur l’obscur travail d’un étudiant et sur un simple article d’un magazine d’alpinisme. Des accusations que le Giec avait qualifiées de « mensongères. »

Les « anti-réchauffement » se sont depuis rabattus sur le très controversé président du Giec, l’Indien Rejendra Pachauri, qui vient au passage de publier un roman en partie autobiographique, mêlant réincarnation et… relations sexuelles.

Un Wikipédia scientifique

N’en jetez plus, le Groupe prend l’eau, et l’article de la revue Nature le confirme. Selon Mike Hulme, de l’université britannique d’East Anglia, les structures du Giec sont « périmées ». Il souhaite des rapports plus courts et plus concrets.

Eduardo Zorita, depuis l’Allemagne, veut transformer « cet espace flou entre la science et la politique » en une agence indépendante, à l’image de la Banque centrale européenne. Et John Christy, depuis les Etats-Unis, préconise de créer à la place du Giec une encyclopédie scientifique vivante ressemblant à Wikipédia.

Vingt et un ans après sa création, l’institution bat sacrément de l’aile, apportant de l’eau fraîche au moulin des climatosceptiques, pour lesquels l’origine humaine du réchauffement climatique reste à prouver. Le Giec peut sans doute évoluer, mais il n’aura pas trois siècles pour le faire.

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