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Immigration - L'Europe se met d'accord

Société

Publié le 7 juillet 2008 à 11h08
Mis à jour le 12 mars 2010 à 11h15

Le projet français de pacte européen sur l'immigration et l'asile a recueilli lundi un "large accord" au sein de l'Union européenne, y compris de la part de pays qui, comme l'Espagne, étaient réticents.

Les ministres de l'Intérieur et de l'Immigration des Vingt-Sept ont entamé à Cannes une réunion qui doit permettre d'aplanir les divergences sur ce document que la France, qui préside actuellement l'UE, veut voir adopté en octobre. L'objectif est de lutter contre l'immigration illégale tout en favorisant l'intégration des immigrés légaux. "Si plus de deux millions de migrants entrent chaque année dans l'Union européenne, celle-ci n'a toutefois pas les moyens d'accueillir dignement tous ceux qui voient en elle un Eldorado", peut-on lire dans le texte soumis aux Vingt-Sept.

"Il (le texte) bénéficie à ce jour d'un large soutien", a déclaré le commissaire européen chargé du dossier, Jacques Barrot. "Il faut organiser une Europe certes ouverte, mais une Europe avec des règles du jeu, une Europe qui reste une terre d'asile mais qui le fait de manière harmonisée." "Par ce pacte, nous arrivons à une politique de l'immigration qui est tout à fait à la hauteur de la démocratie et de la civilisation en Europe", a renchéri Prokopis Pavlopoulos, le ministre grec de l'Intérieur.

Réserves espagnoles

Même si l'immense majorité des pays, comme l'Allemagne, n'ont émis aucune réserve, certains, comme l'Espagne, avait exprimé des réticences sur certains points importants. La France souhaitait par exemple que les Vingt-Sept s'engagent à renoncer aux régularisations massives d'immigrés illégaux, qui sont estimés à huit millions dans l'Union européenne, une pratique utilisée dans le passé par l'Espagne, à la grande colère de Nicolas Sarkozy, qui dénonçait un "appel d'air". Mais l'Espagne et d'autres pays ont refusé un engagement contraignant, tout en acceptant les thèses françaises : le texte dit désormais que l'UE convient "d'écarter les régularisations générales et inconditionnelles pour se limiter à l'avenir à des régularisations au cas par cas, à titre exceptionnel, dans le cadre des législations nationales, pour des motifs humanitaires et économiques".

L'autre pierre d'achoppement était l'idée française d'un "contrat d'intégration" qui devrait être signé par les immigrés légaux qui s'engageraient à apprendre la langue ou à respecter les lois de leur pays d'accueil, comme par exemple la laïcité. Là aussi, plusieurs pays, dont l'Espagne, ont tiqué et le terme de contrat obligatoire a disparu du projet.

Pour le reste, le pacte devrait beaucoup moins innover que donner une impulsion au plus haut niveau à des principes qui font consensus -- voire à des décisions déjà adoptées. Ainsi, la politique d'asile serait à terme commune pour traiter les demandeurs de la même manière partout dans l'UE.

 

 

Par France Soir (avec Reuters)
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