Le collectif de précaires a investi fin octobre un immeuble parisien classé et inoccupé. La propriétaire réclame près de 140.000 euros et leur expulsion.
L’image peut paraître cliché, mais elle est symbolique. Alors que mercredi matin, le tribunal d’instance du Ve arrondissement de Paris examine l’affaire du squat de la place des Vosges, à l’extérieur, les flocons de neige recouvrent peu à peu voitures et trottoirs. Dans la salle, une joyeuse foule d’une cinquantaine de personnes a pris possession des lieux : pour la plupart, des étudiants ou de jeunes actifs au look bobo mais au porte-monnaie qui crie famine.
Créé en 2006 par un groupe d’amis militants de Génération précaire, le collectif Jeudi noir a pris le parti de dénoncer la flambée des prix des logements. Opérations coups de poing devant l’Assemblée nationale, visites festives d’appartements à louer, ouverture de squats dans des immeubles vides… Depuis trois ans, ces militants d’un nouveau genre du droit au logement multiplient les coups d’éclat pour alerter l’opinion et les pouvoirs publics.
Leur dernier en date a tapé dans le grand luxe. Le 27 octobre, le collectif a investi un hôtel particulier de la place des Vosges, dans le très chic IVe arrondissement. Mille mètres carrés habitables, 300 m2 de cour intérieure et terrasse de 80 m2, le tout en plein cœur du Marais. Des murs classés mais inoccupés, selon Jeudi noir, depuis… 1965.
Faux, a répondu mercredi Me Claire Waroquier, conseil de la tutrice de la propriétaire de l’immeuble. Selon l’avocate, l’hôtel de la place des Vosges était « la résidence principale » de Béatrice Deroche, veuve Cottin, jusqu’à il y a encore deux ans et une vilaine fracture du col du fémur qui a envoyé la vieille dame de 87 ans, absente mercredi et placée sous tutelle, dans une maison de retraite. Une solution « provisoire », affirme Me Waroquier, sauf qu’à cause de quelques « étudiants qui trouvent rigolo de vivre à plusieurs, une femme de 87 ans ne peut pas réintégrer son logement », s’étrangle l’avocate. Outre l’expulsion manu militari, la tutelle de Mme Cottin réclame « 69.663 euros par mois à compter du 31 octobre », soit le loyer « au tarif du quartier », rallongé de « 1.500 euros d’astreinte par jour de retard ».
Des indemnités qualifiées d’« exorbitantes » par Me Pascal Winter, défenseur de Jeudi noir. Le collectif juge être dans son droit, estimant qu’aucun « trouble à l’ordre public » n’est à déplorer dans cette affaire puisque « le droit de propriété n’est pas exercé ». L’avocat est même prêt à proposer « un protocole d’accord » aux plaignants. « Si la tutrice de la propriétaire s’engage à mener des travaux et à faire de l’immeuble un lieu habité, mes clients partiront sur le champ », assure-t-il. Comme ce fut le cas dans de précédents squats parisiens siglés Jeudi noir.
« Mme Cottin est venue nous voir chez elle début novembre. Elle voulait nous rencontrer, tout s’est très bien passé, elle a été rassurée de constater que les lieux étaient bien entretenus, et jamais elle ne nous a dit vouloir venir habiter sur place », affirme de son côté Stéphane Roques, un des treize « résidents » de la place des Vosges. Traducteur littéraire, l’homme, âgé de 36 ans, cumule les handicaps de l’intellectuel précaire. « Sans contrat de travail ni revenus fixes, endetté, interdit bancaire, je n’ai pas les moyens d’être locataire sur Paris », explique-t-il. Réfutant l’idée de « vouloir faire la loi », il en appelle à l’Etat et à sa justice. « Soit on protège le droit de propriété sur des immeubles vacants, soit on s’occupe des Français qui ne peuvent pas se loger. » Réponse le 18 janvier, jour de la décision du tribunal.
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petalugue, le 25 mai à 07:42
IL EST INTERDIT....D 'INTERDIRE.......LA FRANCE EST UN PAYS LIBRE
petalugue, le 25 mai à 07:41
marie la rousse, le 25 mai à 07:37
Eh l'élue locale de Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne) vous feriez mieux de vous occuper ...
stella 2011, le 25 mai à 07:36
Wiseman, le 25 mai à 07:36
nellyolson, le 24 mai à 22:26
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HeyBaal, le 24 mai à 19:29
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rafale, le 24 mai à 20:02
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