Qui étaient les vrais parents du pharaon le plus célèbre de l’histoire ? La communauté scientifique égyptienne apporte des éclairages inédits sur sa filiation. Une performance technologique et une enquête digne d’Agatha Christie.
Dans la famille Toutankhamon, je demande le père. Akhenaton ? Bonne pioche ! Un coin du voile (de lin) est enfin levé sur la généalogie de ce jeune pharaon couronné à l’âge de 7 ans et disparu à 16 ou 18 ans, il y a près de trente-cinq siècles.
C’est donc bien le pharaon Akhenaton, surnommé l’« Hérétique » car il imposa une révolution monothéiste à l’Egypte du Nouvel Empire, qui est le père biologique de Toutankhamon. C’est ce que révèle aujourd’hui au Caire le très médiatique secrétaire général des antiquités égyptiennes, Zahi Hawas.
Depuis 2007, une équipe scientifique locale travaille à déterminer les liens de parenté et les pathologies héréditaires par le biais d’analyses ADN et de radiologies effectuées sur onze momies de la famille royale (y compris celle de Toutankhamon).
Une performance scientifique, doublée d’une enquête tout droit sortie d’un Cluedo pharaonique.
Voilà près de quatre-vingt-dix ans que le mystère agite le petit monde de l’égyptologie et passionne les écoliers et leurs parents avec. Depuis le 6 novembre 1922, très exactement.
Ce jour-là, le Britannique Howard Carter descelle, le cœur battant, la porte d’une sépulture inviolée, encore pleine d’un trésor funéraire éblouissant. Dans la dernière salle, enchâssé dans une série de chambres gigognes, repose depuis trois mille quatre cents ans un sarcophage d’or massif. Les inscriptions révèlent qu’il s’agit de celui de Toutankhamon, pharaon éphémère de la XVIIIe dynastie, dont le règne est à peine connu tant il a peu duré. La momie est là, intacte, prête à révéler ses mystères. L’une des plus belles pages du grand livre de l’égyptologie vient de s’ouvrir.
Mais qui était ce petit roi à peine pubère ? Qui étaient ses parents ? De quoi est-il mort ? Cela, son tombeau ne le dit pas. Dès 1968, la momie est étudiée, analysée, auscultée. Radiographies, mesures crâniennes, scanner… chaque décennie met sa technologie au service de la résolution de l’énigme.
Les combats s’engagent entre les égyptologues, les théories s’affrontent, les nations se disputent la paternité de telle ou telle découverte. En 2001, le ministère égyptien s’oppose à l’analyse d’ongles et de cheveux par une équipe japonaise. En 2002, des chercheurs néo-zélandais tentent une première reconstitution, peu convaincante, du visage de Toutankhamon grâce aux techniques numériques de la police. Ce sont trois équipes – française, américaine, égyptienne – qui, sur la base de 1.700 clichés en trois dimensions, révéleront enfin, en 2008, la frimousse du roitelet.
Mêmes débats autour de la mort prématurée du souverain. Les uns le disent assassiné, sur la foi d’un trou à la base de son crâne, les autres affirment que c’est une infection, à la suite d’une blessure à la jambe, qui l’aurait tué. « Nos résultats laissent penser qu’une circulation sanguine insuffisante des tissus osseux, combinée au paludisme, est la cause la plus probable de la mort du pharaon », révèle aujourd’hui Zahi Hawas.
Mais c’est autour de la mère qu’on se perd en conjectures (voir infographie). Et là, c’est la foire d’empoigne. Les uns, dont l’égyptologue français Marc Gabolde, défendent la thèse de Néfertiti, première épouse d’Akhenaton (le père, donc).
Impossible, s’insurge Alain Zivie (lire l’interview), « Néfertiti n’a eu que des filles ! » Lui, ainsi que James Allen, de l’université de Chicago, penche pour Maïa, leur fille aînée, épousée en 4e noces par son père, qui serait au minimum la mère « nourricière » du jeune pharaon. Alain Zivie s’en explique dans un livre convaincant (*).
Kiya, une autre des épouses d’Akhenaton est bien placée sur l’échelle des hypothèses, et encore quelques autres. Mais entre la polygamie, les incestes, les mariages entre frères et sœurs, les effacements du temps, ceux de l’histoire (lire « Les 3 clés »), les secrets d’alcôve des pharaons ont encore de beaux jours devant eux.
Une énigme qui fait mentir l’adage Mater certa semper est, Patus incertus semper est (« la mère est toujours certaine, le père toujours incertain »). Il est vrai que c’était le droit romain qui l’affirmait, et non la sagesse égyptienne.
Après Les Experts à Manhattan, voici Les Experts au Caire. L’antiquité égyptienne passée au crible des plus hautes technologies. Mais ce qui s’avère relativement simple et fiable dans une enquête de police réalisée sur nos contemporains devient un vrai casse-tête lorsqu’il s’agit d’identifier des momies vieilles de 3.500 ans et de reconstituer des généalogies truffées de lacunes et d’incertitudes. Explications.
1. Les analyses ADN
Si les tests ADN se sont révélés efficaces pour identifier Louis XVII, le dauphin de France, ou la descendance du tsar Nicolas II, il n’en va pas de même avec la famille du roitelet de la XVIIIe dynastie égyptienne. « Le problème majeur, c’est d’avoir un ADN fiable pour des restes aussi anciens », déclare Michel Wuttman, de l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao) du Caire. En effet, les dépouilles ont été embaumées par des dizaines de personnes, traitées par de nombreux produits, rudoyées lors de pillages ou de fouilles, passées aux rayons X…
Elles ont été exposées à la lumière, à des changements de température, voire traitées à la bombe au cobalt, comme celle de Ramsès II, rongée par des champignons. Pour Abdel Halim Nouredine, professeur d’archéologie à l’université du Caire, « les tests ADN ne sont pas suffisants, il faut d’autres preuves archéologiques pour établir avec certitude la généalogie de Toutankhamon »
2. L’absence de momies identifiées avec certitude
Si les théories abondent, il semble difficile de déterminer sans contestation l’identité des parents véritables de Toutankhamon. Tout simplement parce que le papa et la maman les plus probables, Akhenaton et Néfertiti, n’ont, à ce jour, pas encore été formellement identifiés. En 2003, l’équipe britannique de Joann Fletcher, chercheur à l’université d’York, affirmait avoir trouvé Néfertiti, aussitôt contredit par les savants égyptiens qui, eux, soutenaient que la momie en question était celle… d’un homme ! Quant à la dépouille retrouvée dans le KV55, une tombe de la Vallée des Rois, les archéologues n’arrivent pas à se mettre d’accord : Akhenaton ou Smenkharê ? D’après un scanner réalisé à l’initiative de Zahi Hawass en 2007, il s’agirait bien d’un proche parent, sans doute le père, de Toutankhamon. Mais dans cette équation à deux inconnus, le mystère reste donc entier.
3- Des preuves archéologiques tronquées
On le sait : les pharaons couraient après l’éternité et la postérité. Pour ce faire, certains n’ont pas hésité à effacer le nom et les traces de leurs prédécesseurs. C’est notamment le cas d’Horemheb, un ancien scribe d’origine non royale, qui s’est hissé sur le trône à la mort du successeur de Toutankhamon. Soucieux de faire oublier son illégitimité, il s’est empressé d’effacer de toutes les listes royales les noms des successeurs d’Aménophis III, Akhenaton, Toutankhamon, Smenkharê et Aÿ, s’imposant ainsi comme l’unique héritier de ce pharaon, le plus puissant et aimé du Nouvel Empire : Aménophis III. On imagine que l’imposture ne facilite pas la tâche des chercheurs concernant la généalogie de notre enfant roi !
La plus grande découverte de l'égyptologie moderne a été réalisée par Howard Carter, un ...
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hihi
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bourdel, le 25 mai à 01:53
les ponctuellement majoritaires!
KrisEon, le 25 mai à 01:42
Encore un truc fou qui vient d'Amérique. La réalité dépasse largement la fiction de la série ...
KrisEon, le 25 mai à 01:39
On redécouvre les bons vieux trucs du passé. A quand la capote en vessie de porc, comme à la ...
KrisEon, le 25 mai à 01:26
Le droit est écrit et en l'absence de texte, la justice ne peut être rendue.
KrisEon, le 25 mai à 01:23
La forme prime sur le fond, ainsi va la justice, du moins dans les pays démocratiques.
nellyolson, le 24 mai à 22:26
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HeyBaal, le 24 mai à 19:29
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Bluesun, le 24 mai à 21:29
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pasloi, le 24 mai à 23:46
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rafale, le 24 mai à 20:02
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