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Médicaments - Leclerc relance la guerre des prix

Société


Le groupe veut vendre dans ses grandes surfaces les médicaments non remboursés par la Sécurité sociale et promet un effondrement des tarifs.

Leclerc reprend son offensive. Pas question ici de chars d’assaut mais de médicaments, que l’enseigne souhaite vendre dans ses magasins. Les messages publicitaires feront donc office d’obus pour se frayer un chemin jusqu’à un marché que le géant de la grande distribution convoite depuis maintenant plusieurs mois. Le groupe espère obtenir l’autorisation de vendre les médicaments qui ne sont désormais plus remboursés, soit près de 4.000 références. Depuis vendredi, des messages télévisés revendiquant le droit de faire baisser les prix des médicaments sont diffusés sur différentes chaînes et appuyés par des encarts dans la presse.

Cette nouvelle offensive fait suite à un arrêt rendu en octobre par la Cour de cassation. L’instance avait alors considéré comme tout à fait légale une précédente campagne de Leclerc qui avait été attaquée par un groupement de pharmaciens. Au printemps 2008, la société Univers Pharmacie, basée à Colmar, DirectLabo et les syndicats de pharmaciens Uspo et UNPF avaient en effet lancé une procédure en référé pour dénigrement contre cette campagne qui assimilait le médicament à un produit de luxe. La décision de la Cour de cassation ne met toutefois pas un point final à cette affaire, une procédure sur le fond étant engagée.

« La santé n’est pas un bien de consommation »

Et la demande de Leclerc n’est évidemment pas du goût des pharmaciens. Le syndicat Uspo s’est une nouvelle fois opposé, hier, à la volonté de l’enseigne, qu’il juge « disqualifiée pour parler de la santé ». « La santé n’est pas un bien de consommation », a fait valoir le syndicat hier. « M. Leclerc promet des baisses de prix sur des produits qu’il n’est pas autorisé à distribuer, pour mieux dissimuler les augmentations de prix sur des produits dont il a aujourd’hui quasiment le monopole avec des pratiques illégales », a-t-il également estimé. La hache de guerre est déterrée.



Des médicaments “disponibles sans ordonnance et non remboursés”

Michel-Edouard Leclerc n’est jamais à court d’idées lorsqu’il s’agit d’appâter le consommateur avec de petits prix. En six points, France-Soir fait le tour de la question.

QUELS MÉDICAMENTS POURRAIENT ÊTRE VENDUS ?
Si l’autorisation est donnée aux parapharmacies Leclerc de concurrencer les officines, tous les médicaments ne seront évidemment pas concernés. Seuls les médicaments à prescription médicale facultative et non remboursés pourraient être vendus en grande surface. Une liste qui concerne tout de même près de 4.000 références, dont les 313 médicaments que la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a souhaité voir installés en libre accès l’an dernier. Parmi cette liste, on trouve des antalgiques, des sirops contre la toux ou encore des traitements contre l’insomnie, soit des médicaments disponibles sans ordonnance et que la Sécurité sociale ne rembourse pas (ou plus).

OÙ SERAIENT-ILS VENDUS ?
Les médicaments ne seraient pas disponibles « entre deux boîtes de petits pois, mais dans des espaces bien délimités du reste de l’hypermarché, là où l’on trouve actuellement les parapharmacies, sous le contrôle de docteurs en pharmacie », nous précise Michel-Edouard Leclerc.

LE MARCHÉ DE L’AUTOMÉDICATION EST-IL LUCRATIF ?
Les Français font partie des plus gros consommateurs de médicaments au monde. Le marché de l’automédication, visé par Leclerc, représentait en 2008 1,59 milliard d’euros, selon les derniers chiffres de l’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable). Près de 291,1 millions de boîtes disponibles sans ordonnance se sont donc écoulées, soit une augmentation de 3,4 % par rapport à 2007. D’après les analyses de Thierry Fabre, directeur du pôle consommation au Bipe, société de conseil en stratégie, « le marché pourrait grimper jusqu’à un chiffre d’affaires annuel de 3 à 4 milliards d’euros d’ici quelques années ».

COMMENT LES PHARMACIENS VONT-ILS CONTRE-ATTAQUER ?
Plus que de la colère, c’est de l’inquiétude que ressentent les pharmaciens. « Nous craignons la banalisation et l’incitation à la consommation et au stockage du médicament qui, quel qu’il soit, n’est jamais anodin, nous explique Jean-Charles Tellier, de l’ordre des pharmaciens. Un conseil sur trois ne donne pas lieu à une vente en officine. Va-t-on retrouver cette même démarche dans un Leclerc, sachant que le docteur en pharmacie touchera probablement un intérêt sur la vente ? Par ailleurs, nous sommes 50.000 pharmaciens en France. Les docteurs travaillant chez Leclerc sont actuellement 180. Auront-ils le temps, comme nous, de s’assurer que le patient ne présente pas de contre-indication, qu’il peut se contenter d’automédication sans voir un médecin ? » Quant aux écarts de prix, Jean-Charles Teillier les explique facilement. « Chaque pharmacien peut promouvoir telle ou telle marque de médicaments. Si un produit coûte deux fois plus cher dans une officine, peut-être est-ce parce qu’il a décidé de vendre moins cher un autre produit qui lui est équivalent. »

Y A-T-IL D’AUTRES ENSEIGNES INTÉRESSÉES PAR LA DÉMARCHE ?

Pour le moment, il semblerait que non. Hier, les différentes enseignes que nous avons tenté de joindre (Auchan, Carrefour, Casino, Les Mousquetaires) se sont montrées très frileuses. Quant à la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, qui représente toutes les grandes enseignes, elle n’était « pas au courant avant que Michel-Edouard Leclerc en parle publiquement ». « C’est sa propre initiative, nous n’avons pas à commenter ses campagnes de publicité et ce n’est pas un sujet prioritaire pour les autres grandes enseignes. » Pour Michel-Edouard Leclerc, ses concurrents attendent surtout que l’autorisation soit donnée avant de se lancer. « Je me suis souvent retrouvé seul dans les tribunaux… » nous confie-t-il.

ET CHEZ NOS VOISINS EUROPÉENS ?

Le concept existe déjà chez nos voisins. Historiquement, c’est l’Angleterre qui, la première, a inventé le concept de drugstore, soit un point de vente de parapharmacie où se côtoient pêle-mêle compléments alimentaires, vitamines et médicaments. Ont ensuite suivi l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Italie. Ces médicaments sans ordonnance sont vendus tantôt en libre-service, tantôt sous le contrôle d’un pharmacien conseil.

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Publié : 23/11/09 - 19h14
Mis à jour : 12/03/10 - 01h35
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