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Meurtre de Cambrai : le téléphone a sonné trois fois

Société

Publié le 22 novembre 2009 à 18h31
Mis à jour le 12 mars 2010 à 00h34

Didier Boulanger a été sauvagement tué le 5 novembre dernier à Cambrai (Nord). Une heure plus tôt, un voisin, intrigué par des cris, avait appelé la police. Personne n’est arrivé.

Didier Boulanger aurait-il pu être sauvé ? Cet homme de 53 ans a été sauvagement tué le 5 novembre dernier, rue des Anglaises, à Cambrai (Nord). Pourtant, un voisin avait alerté la police, une heure avant la mort du quinquagénaire, estimée vers 22 h 30 par le parquet de Douai. « J’ai entendu des coups dans les murs et le chien aboyer, explique Yannick dans La Voix du Nord.

J’ai composé le 17 : on m’a dit que l’on envoyait une patrouille. » Dans l’appartement d’à côté, la beuverie a tourné au cauchemar pour Didier, un Rmiste travaillant dans une association d’insertion.

Son corps a été retrouvé éventré, égorgé, les yeux et le sexe arrachés. L’autopsie permettra d’écarter la thèse des blessures causées par le chien du couple, un rottweiler. Mais elle montrera que Didier était encore en vie lorsque les mutilations ont été commises. Encore en vie mais certainement inconscient, tant les sévices infligés a malheureux sont cruels.

Macabre découverte

Le soir des faits, il est vers de 21 h 30 lorsque, à l’hôtel de police de Lille-Sud, un « opérateur prend un appel », explique une source policière. Au bout du fil, Yannick. L’agent « note bien les faits qu’on lui relate, mais on ne lui dit pas qu’on tue quelqu’un, poursuit cette même source. La procédure aurait voulu qu’il envoie une patrouille. C’est ce qu’il dit au témoin, mais il n’a pas donné suite ».

Le policier a-t-il différé son appel ? La patrouille aurait-elle pu sauver Didier ? Une enquête interne serait en cours pour tenter d’y voir plus clair. « Des coups de téléphone pour tapage, on doit en recevoir dix ou quinze par soir dans les commissariats, note Fabrice Danel, secrétaire départemental du Nord du syndicat Unité-Police. Nous, on relève le fait qu’on est de moins en moins de policiers. Les délais d’attente sont de plus en plus en longs et il y a une sélection plus forte à la radio avant d’envoyer des patrouilles. »

C’est finalement une voisine de la rue des Anglaises, qui a elle-même passé l’après-midi à boire avec la victime et le couple, qui alertera la police, vers 1 heures du matin. Un peu plus tôt, c’est elle qui a découvert le cadavre de Didier. C’est le troisième coup de téléphone de cette soirée dramatique : quelques instants plus tôt, le couple suspecté du crime a lui aussi appelé la police. Mais leur message est incompréhensible : tous les deux sont ivres. Interpellés le lendemain, le duo avoue.

Lui, 48 ans, reconnaît avoir tué. Sans vraiment expliquer l’origine de cette violence. Sa compagne, elle, n’aurait rien fait. Elle a été mise en examen pour non-dénonciation de crime et non-assistance à personne en danger. Comme son ami, elle a été écrouée.

Par De notre correspondant dans le Nord, Gabriel Thierry
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