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Nature - L’ibis sacré n’est plus le bienvenu sur la côte atlantique

Société

Publié le 24 avril 2008 à 16h10
Mis à jour le 12 mars 2010 à 11h13

Les populations d’ibis sacrés mettent en danger certaines espèces d’oiseaux. L’administration française a tranché dans le vif.

Prêt, feu, tirez… Pour réduire la population de l’ibis sacré, un oiseau originaire d’Egypte, les préfectures de Loire-Atlantique, de Vendée et du Morbihan vont lancer courant 2008 une grande campagne de chasse. Ce volatile est devenu indésirable sur la côte atlantique en raison de sa fâcheuse tendance à s’attaquer aux autres espèces locales.
« Leur comportement alimentaire opportuniste provoque de fortes perturbations, notamment en période de reproduction, sur des espèces à forte valeur patrimoniale », indiquent les trois préfectures pour justifier leur châtiment. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a été chargé de mener à bien cette opération de chasse à « ciel ouvert ».
Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, admet lui aussi les méfaits de l’oiseau : « En règle générale, on constate que les espèces non indigènes peuvent représenter un danger pour l’écosystème local. En ce qui concerne l’ibis sacré, c’est vrai qu’il fragilise certaines populations d’oiseaux autochtones. »

Introduit par l’homme


« L’oiseau est dangereux pour les petits oiseaux de mer mais également pour les sternes. En revanche, on s’est aperçu qu’il a sécurisé le développement des spatules, un échassier adepte des milieux aquatiques », indique le défenseur de la cause animale.
Par quel miracle l’ibis sacré, qui a disparu d’Egypte depuis longtemps, a-t-il bien pu atterrir dans l’ouest de la France ? Il faut remonter à 1975 pour en retrouver une trace. Et c’est l’homme qui l’a introduit dans l’Hexagone, plus précisément dans le parc de Branferré dans le Morbihan. Là, l’animal s’est tranquillement reproduit en captivité avant de voler de ses propres ailes dans les années 90 pour coloniser une bonne partie du sud de la Bretagne.
« Deux écoles s’opposent sur le devenir de cette espèce en France : ceux qui sont pour sa coexistence avec les populations de volatiles autochtones et les autres qui y sont radicalement opposés », précise Allain Bougrain-Dubourg. « Pour ma part, je pense en effet qu’il est nécessaire de limiter les populations d’ibis sacrés tout en étant attentif à la condition animale. »

Réintroduire l’espèce en Egypte


La manière « brutale » qui risque d’être employée pour chasser l’ibis sacré de « nos terres » pose alors problème aux défenseurs des animaux. L’ancien présentateur télé avance un début de solution : « Les gardes de l’ONCFS sont très qualifiés pour réaliser ce genre d’opération mais je pense que la stérilisation des œufs serait une meilleure idée. » Mieux, on pourrait « capturer les oiseaux sur leur lieu de nourrissage pour les réimplanter en Egypte, sur leur terre d’origine. Mais pour cela il faudrait bien sûr que l’oiseau s’adapte à son nouvel habitat, que la population locale soit prête à l’accueillir et que les autres espèces présentes ne soient pas sensibles à son introduction ». Un dénouement heureux n’est donc pas à exclure…
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