Dans le Var, le développement économique a longtemps été synonyme de bétonnage des zones agricoles disponibles. Le département devait construire des milliers de logements pour satisfaire l’héliotropisme des retraités français et le dynamisme démographique galopant, puisque le Var accueille chaque année 10.000 habitants supplémentaires.
Pourtant, le développement économique n’est pas seulement lié au commerce, au tourisme ou aux activités de la mer. L’agriculture reste une force vive qui emploie 4.000 salariés de manière directe ou indir
ecte dans l’agglomération de Toulon. « Il s’agit d’un patrimoine à protéger, insiste Elie di Russo, adjoint au maire d’Hyères en charge de l’agriculture. Sachez que la viticulture représente 676 hectares ; l’horticulture, 398 ha et le maraîchage, 248 ha. Sans même parler de l’aquaculture, solidement ancrée dans la rade. » Mais la pression foncière a souvent gagné le combat ces trente dernières années. «
Toulon-Provence-Méditerranée a donc souhaité aider les exploitants à résister à la pression urbaine en signant une convention avec la chambre d’agriculture du Var », ajoute Elie di Russo.
300 hectares récupérés
En clair, il s’agit d’une démarche de «
préservation et de développement » qui va permettre, par exemple, la mise en place d’une zone de production horticole sur le bassin hyérois. «
Pour fixer les agriculteurs sur leurs terres et leur donner une viabilité économique, TPM va développer l’agrotourisme, l’œnotourisme et la production d’énergie photovoltaïque sur les toits des hangars agricoles », ajoute l’élu d’Hyères.
En outre, les différents PLU (Plan local d’urbanisme) se montreront moins gourmands en terres agricoles. A Hyères, d’ici à 2014, l’agriculture va récupérer 300 hectares autrefois dédiés à l’industrie, principalement des friches non construites qui redeviendront des terres de culture. Pour limiter l’impact sur l’agriculture, les 11 communes de l’agglomération de Toulon (430 000.habitants) tentent de reconstruire la ville sur la ville, en évitant l’étalement urbain et en densifiant les zones urbaines actuelles. «
C’est un vrai changement de mentalité », se félicite Elie di Russo, qui rappelle que le territoire d’Hyères est encore agricole à 83 %. «
A travers son soutien à l’agriculture, la communauté d’agglomération entend aussi protéger sa véritable richesse que représente le tourisme. Car si trois millions de visiteurs viennent sur nos plages chaque année, c’est aussi parce qu’ils peuvent consommer un délicieux rosé local ou déguster toutes les saveurs des produits AOC achetés sur un marché provençal. Les agriculteurs varois sont en cela les vrais jardiniers et gardiens du paysage. » Pour les élus du Var, l’objectif revient également à ne pas ressembler au voisin ultrabétonné des Alpes-Maritimes.
Par
De notre correspondant, Gilles Carvoyeur