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Paris - Les syndicats inquiets pour l’avenir du service public hospitalier

Santé

Publié le 24 janvier 2010 à 19h25
Mis à jour le 10 mars 2011 à 15h29

La confirmation des 3.000 à 4.000 suppressions de postes dans les hôpitaux parisiens et franciliens d’ici à 2012 a suscité la colère des personnels de santé.

« L’hôpital est géré comme une entreprise. Aujourd’hui, le budget compte plus que les patients, c’est inadmissible. » Daniel Dutheil, secrétaire général de Force ouvrière Assistance publique-Hôpitaux de Paris (FO AP-HP), était en colère hier. En cause : la confirmation, la veille, par le directeur de l’AP-HP, Benoît Leclercq, de la suppression de 3.000 à 4.000 emplois dans les hôpitaux parisiens et franciliens d’ici à 2012.

Cette mesure, contestée par les syndicats, fait partie du vaste projet de réorganisation de l’AP-HP qui prévoit notamment 90 à 100 millions d’économie par an, via des suppressions de postes, afin de retrouver un équilibre budgétaire en 2012. Mais, pour Marie-Christine Fararik, secrétaire générale de SUD-Santé, cet argument ne tient pas la route.

« Tout est une question d’arbitrage politique. L’argent dépensé inutilement pour la vaccination contre la grippe A aurait pu servir à combler le déficit de tous les hôpitaux d’Ile-de-France. » En outre, selon elle « le déficit budgétaire ne vient pas des dépenses mais des recettes. Les hôpitaux sont sous-financés depuis des années. Comme pour La Poste ou l’enseignement, le service public hospitalier pâtit des réductions d’effectifs, au bénéfice du privé. Mais qui était là pendant la canicule pour prendre en charge les personnes âgées ? Certainement pas les cliniques privées, fermées en plein mois d’août ».

« Besoins croissants »

La réforme prévoit également le regroupement des 37 hôpitaux de Paris et sa banlieue en douze groupes de soin afin de réaliser des économies. « Du fait de la vétusté de certains locaux, moderniser en regroupant revient souvent moins cher que de rénover. La seule mise aux normes de l’Hôtel-Dieu coûterait ainsi 280 millions d’euros, alors que la création de 450 nouveaux lits à Necker ne représente que 180 millions d’euros », souligne le directeur de l’AP-HP.

« Cette logique managériale serait peut-être appropriée pour une entreprise, mais certainement pas pour la santé publique. Nous, les internes, représentons l’avenir médical et nous sommes très inquiets car cette réforme retire aux hôpitaux la possibilité de soigner correctement alors que les besoins sont croissants », s’alarmait hier Benjamin Chousterman, le président du Syndicat des internes des hôpitaux de Paris (SIHP).

« Si on continue dans cette logique, les jeunes médecins seront de plus en plus nombreux à se tourner vers le privé, la formation ou les laboratoires », conclut le leader syndical.

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