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À quoi rêvent les gays ?

Société

Publié le 2 janvier 2012 à 21h25

Le site de développement personnel BienEtreGay (www.bienetregay.com) (*) a réalisé une étude pour mieux connaître les mœurs des gays de France et comprendre les évolutions entre les générations. Une enquête riche d'enseignements.

Pour de nombreux membres de la communauté, être gay est synonyme de liberté et d'une sexualité plus épanouie...
Pour de nombreux membres de la communauté, être gay est synonyme de liberté et d'une sexualité plus épanouie... SIPA/Witt

Est-ce important de se retrouver entre gays ? 

En réponse à cette question, l'étude révèle que les jeunes gays sont moins attachés à l'existence de la communauté (moins de 20% pour les moins de 20 ans) que les générations plus âgées (+ 50% pour les 60 ans et plus). C'est un phénomène générationnel. Pour une personne sur deux, l'existence d'un milieu gay (sites internet compris) est d'abord un moyen de rencontrer des amis, ce qui n'empêche pas nombre de ses membres (40%) de le juger « trop stéréotypé ». L'initiateur de l'étude, Cyril Rochoy (www.bienetregay.com),  y voit un « forte aspiration au retour à des valeurs plus humaines moins commerciales ou superficielles ». Mais ce milieu n'est pas incontournable, loin de là, et les barrières persistent. Ainsi 70% des personnes interrogées qui ne fréquentent pas le milieu gay ne le font pas, tout simplement, parce qu'elles sont trop... timides !

Quel est l'homme idéal ?

Du point de vue physique, le profil gay préféré est celui d'un homme actif, athlétique, poilu, avec des cheveux bruns (coupés courts) et des yeux bleus. Mais il existe de grandes variations du portrait de l'Appolon rêvé, en fonction des âges et des générations. Psychologiquement, les catégories varient. Beaucoup de gays affichent leur originalité (17,3% des personnes interrogées se définissent ainsi) et se disent intéressés par le goût, la mode, les marques, le paraître et les belles choses. Autres groupes indentifiables : les « inquiets » vis-à-vis des maladies sexuellement transmissibles (13,9%), les « sociables » très à l'aise en société (13,6%), les « actifs » à hauts revenus (12,1%), les « enthousiastes », fêtards et à la sexualité plutôt débridée (11,8%), les « réfléchis », cultivés et au fait de l'actualité gay (10,6%), les rigoureux (10,6%) et les leaders (10,1%).  A la question « Vous sentez-vous mieux maintenant que dans le passé ? », une majorité des 40-60 ans répond positivement (mieux ou beaucoup mieux). L'estime de soi des gays est globalement bonne (niveau de 5 sur 10 à partir de 25 ans). Elle augmente avec l'âge, liée à la maturité (niveau 6 à 40-50 ans, niveau 7 à 50-60 ans). Au-delà de 60 ans, elle baisse pour plusieurs raisons : isolement, difficultés de plaire, vieillesse. Pour les personnes interrogées, les aspects positifs du fait d'être gay sont divers. Les réponses qui arrivent en tête : plus de liberté, l'égalité dans le couple, le fait d'avoir plus d'amis, une sexualité plus épanouie...

Les gays et le couple 

Au moment de l'étude, environ 23% des 25-30 ans étaient en couple. Sur l'ensemble du panel (âgés de18 à 65 ans), ce pourcentage atteint 16%. A moins de 25 ans, les valeurs primordiales que partagent les amants sont l'amour, la fidélité et la passion. Entre 25 et 35 ans, l'amour et la passion restent essentiels mais la compréhension arrive en troisième position. Enfin, après 35 ans, derrière l'amour vient la complicité et la compréhension. Statistique notable : 57% des interviewés ont une relation stable (plus de 6 mois) durant les cinq dernières années. Où se font les rencontres ? A la question « comment avez-vous connu votre copain ? », les moins de 20 ans répondent en priorité via Internet et dans les clubs. Mais pour toutes les générations, les soirées entre amis restent importantes. La solitude est la principale crainte des gays, avec la peur de la vieillesse qui accentue ce phénomène. Ces deux craintes augmentent fortement chez les plus de 50 ans. Elle semble développer la volonté de stabilité sans pour autant se traduire dans les chiffres des couples.

La fidélité, question épineuse

A la question « Pensez-vous que les gays soient fidèles ? », 76% des personnes interrogées répondent non contre seulement 15% d'avis positifs. Mais, paradoxalement, à la question « êtes-vous fidèle ? », 52% répondent oui, contre 36% de non. Les deux principales causes de rupture dans les couples sont le fait de « ne pas être fait l'un pour l'autre » et la tromperie sous toute ses formes (le fait d'en être responsable ou d'en être victime). Couple à vie ? Plus de 40% le souhaitent mais n'y croient pas. Près de 35% des gays pensent que c'est carrément impossible. L'infidélité, chez les jeunes couples, augmente le taux de ruptures. En revanche, chez les plus de 40 ans, elle semble allonger la durée des couples... car elle est négociée et parfaitement assumée.   

(*) Cet étude a été réalisée en décembre 2011 pour BienEtregay. Ce baromètre a fait l'objet de 2 phases : une phase qualitative avec 60 interviews approfondis face à face sur Paris, Aix en Provence et Lille. Une phase quantitative a également été menée auprès de 1.487 gays représentatifs en termes d'âge entre 18 et 65 ans, de CSP, de lieu d'habitation pour des villes de plus de 15.000 habitants. Une limite de l'étude porte sur la sous représentation de données en milieu rural dans les villes de moins de 15.000 habitants. Egalement, une sous-représentation des 60-65 ans.

 

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