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Se loger, une insupportable galère pour des millions de Français

Société

Publié le 7 juin 2010 à 05h10
Mis à jour le 7 juin 2010 à 11h18

La France ne construit pas suffisamment de logements. Il en manque 900.000 ! Conséquence : des millions de Français ont du mal à acheter ou à louer leur habitation. Et cela n’est pas près de s’arranger !


Le logement est en crise. Non, vous ne vous êtes pas trompé ! L'article que vous lisezdate bien du 7 juin 2010, et pas de 1950 ou 1960. Entre-temps, on a beaucoup construit, le confort des habitations a nettement progressé. Pourtant, la France manque toujours de logements ! Selon les estimations le plus communément admises, il en manquerait actuellement 900.000.
Mais voilà : même en admettant qu’on arrive à construire très vite ces 900.000 logements, on n’aurait pas résolu le problème. Ce serait trop simple. Avec le logement, les problèmes ne sont jamais définitivement résolus. Il n’est pas question de fournir un gros effort et de se reposer ensuite sur ses lauriers. La France, par rapport à d’autres pays, a une chance : sa population progresse. Pas très vite, mais elle progresse. Le besoin en logements augmente donc régulièrement. Par ailleurs, il faut tenir compte du fait que le parc vieillit : il faut donc le renouveler. Il ne s’agit pas seulement de construire pour les nouveaux ménages, il faut aussi fournir des logements neufs en excédent qui permettront de remplacer les anciens.

Un renouvellement problématique

Dans une étude publiée en avril dernier à l’usage des professionnels, l’IEIF (Institut de l’épargne immobilière et foncière) expose sans fard les données du problème : « Pour un parc de plus de 20 millions de résidences principales, un renouvellement de 1 % par an impliquerait un nombre de constructions excédentaires de 200.000. On en est loin. Et un taux de renouvellement de 1 % signifie qu’il faut cent ans pour renouveler entièrement le parc. Au rythme observé dans les années 1980, il faudrait plus de 200 ans. Au rythme des années 1990, on passe à plus de 700 ans. Les logements construits à cette époque ont-ils vraiment été conçus pour durer sept siècles ? »
Pour bien faire, il faudrait construire au minimum 500.000 logements par an. Le compte n’y est pas. La crise de 2008-2009 nous a encore éloignés de cet objectif. Tous les ingrédients étaient réunis pour une chute brutale de l’activité dans le bâtiment : des banques en difficulté qui resserraient les conditions de crédit, des candidats à l’accession à la propriété qui risquaient de perdre leur emploi et reportaient leurs projets immobiliers. Le gouvernement a réagi sans tarder : lancement d’un programme de construction de 100.000 logements supplémentaires en deux ans, accélération du programme de rénovation urbaine dans les banlieues, doublement du prêt à taux zéro en 2009, aide supplémentaire pour l’accession sociale à la propriété à travers le dispositif du pass foncier. Au total, le pire a été évité. Mais on est toujours très loin de l’objectif de 500.000 logements nouveaux chaque année.

Une pénurie chronique


Ce manque de logements a une conséquence inévitable : la hausse des prix à l’achat et à la location. Toutes les régions sont inégalement touchées, mais la question du coût de l’accès au logement devient réellement préoccupante dans les zones où l’activité économique est la plus forte. On pense évidemment à la région parisienne, mais il ne faudrait pas oublier la région lyonnaise ni la région Provence-Alpes-Côte d’Azur où la pénurie chronique de logements a provoqué une flambée des prix tout à fait comparable à celle de Paris.
C’est dans ce contexte que se sont tenus, le 4 mai dernier, à l’initiative de trente-deux institutions, association ou fédérations professionnelles du secteur, des états généraux du logement qui ont débouché sur une série de propositions. Pour l’instant, Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du Logement et de l’Urbanisme, a pour premier souci de calmer la fronde des propriétaires de logements inscrits en zone noire, et donc promis en théorie à la destruction, après la tempête Xynthia. Mais il ne pourra éviter de rouvrir le dossier global du logement en France. Sachant que le pays n’a pas besoin, cette fois, de mesures d’urgence, mais d’une action s’inscrivant dans la durée.




Par Gérard Horny
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Réactions à cet article1 commentaire

  • Chr$, le 7 juin à 09:12

    Chr$
    Plan de construction

    100% d'accord. Très bon article.

    On ne construit pas assez dans les villes et zones d'activité.

    La conséquence directe est la spéculation immobilière qui grève le budget des ménages et réduit la consommation, donc l'activité économique en général.

    Plus de logements neufs, modernes, écolo, 50% moins chers, et surtout EN CENTRE VILLE est un préalable nécessaire à toute reprise économique durable.

    C'est possible à condition de démolir en masse de nombreux quartiers obsoletes, y compris au centre de Paris, voir de construire en hauteur à la manière des tours que l'on trouve en Asie et qui sont très confortables et vivables avec leur lot de services inclus (sale de sport, sale de fête , gardiennage-sécurité, garderie etc ...).

    J'ai testé et de retour en France j'ai l'impression de retourner 100 ans en arrière.

    REVEIL !



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