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Transport - Les salariés de Serta prennent la Seine en otage

Société


S’ils n’obtiennent pas la prime de départ qu’ils demandent, les employés de l’entreprise Serta pourraient polluer un affluent de la Seine.

Une soixantaine de salariés de l’entreprise de transports Serta, au bord de la liquidation judiciaire, menacent de déverser 8.000 litres de produits toxiques dans un affluent de la Seine, près de Rouen, pour obtenir une indemnité de départ de 15.000 euros, selon une source syndicale.

« C’est la seule arme dont on dispose, ces 8.000 litres d’additifs de carburants. Il n’y a pas d’ultimatum, et nous n’en sommes pas encore à mettre la menace à exécution, mais nous demandons une aide supra-légale de 15.000 euros par salarié », a expliqué Jean-Pierre Villemin, délégué CFDT au dépôt de La Vaupalière, près de Rouen, en grève depuis la fin de la semaine dernière.

Les salariés menacent de déverser les produits toxiques dans le Cailly, « petit ruisseau qui passe en bas du dépôt de La Vaupalière et se jette dans la Seine », a expliqué Jean-Pierre Villemin.

« Nous formulons cette menace car nous sommes face à des gens sourds et aveugles », a-t-il poursuivi. L’entreprise emploie 150 salariés dans toute la France, notamment à La Vaupalière et à Cavaillon (Vaucluse). Elle comptait 250 personnes avant un premier plan social en janvier, conséquence de son placement en redressement judiciaire en novembre 2008, a indiqué la CFDT.

Une audience devait se tenir hier après-midi au tribunal de commerce d’Evreux pour décider du sort de l’entreprise, entre une liquidation ou une reprise. Deux offres ont été déposées, mais « les salariés ne veulent pas des repreneurs », a ajouté Jean-Pierre Villemin. La préfecture de Seine-Maritime a indiqué hier matin qu’elle « étudiait le dossier ».

Tentative d’extorsion

S’il y a un grand pas entre l’avertissement et la mise à exécution, la menace elle-même peut toutefois être condamnable pénalement. « Cela pourrait être considéré comme une tentative d’extorsion », explique l’avocate Cathy Clairet-Roig.

Selon le droit français, le fait d’obtenir par violence, ou menace de violences, un engagement, la remise de fonds, de valeurs, ou d’un bien quelconque, peut être puni de 7 ans d’emprisonnement, et de 100.000 euros d’amende. Une perspective qui n’effraie toutefois pas les salariés, qui ont pu voir ce type de pratiques fleurir tout l’été.

Par Guillaume Rameaux
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Publié : 20/08/09 - 16h33
Mis à jour : 12/03/10 - 14h24
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