» S'identifier
Vendredi 10 février, 06:48
Accueil > Actualité > Société > Vols à l’arrachée, casses à la portière… 70 % des victimes sont des femmes

Vols à l’arrachée, casses à la portière… 70 % des victimes sont des femmes

Société

Publié le 15 février 2009 à 16h26
Mis à jour le 12 mars 2010 à 12h50

Dans la rue, les agressions sont de plus en plus violentes, leurs auteurs, de plus en plus jeunes

Les chiffres pourraient faire croire à une embellie : – 6, 3 % pour la délinquance de proximité. Paradoxalement, la réalité donne froid dans le dos. Les agressions sur la voie publique (vols à l’arrachée, casses à la portière…) sont commises par des personnes de plus en plus jeunes et au comportement de plus en plus violent. Une sécurisation renforcée des grandes enseignes, des banques, le démantèlement de réseaux de trafiquants de stupéfiants en est la principale cause. « Ces délinquants sont déstabilisés par des mesures de renforcement de la sécurité », rapportait la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, au cours d’une visite, vendredi après-midi, à Thiais (Val-de-Marne) où le braquage d’un bureau de Poste, début février, a frôlé le drame, blessant grièvement par balle un policier. Résultat, ces trafiquants descendent dans la rue et se rabattent par des méthodes brutales sur les automobilistes, les passants et les commerçants. Dernier fait en date, samedi soir, dans deux gares des Yvelines, à Montigny-le-Bretonneux et Verneuil-sur-Seine, sur la ligne Paris-Saint-Lazare – Mantes-la-Jolie, où deux hommes ont été interpellés après avoir frappé un voyageur avant de s’emparer de son ordinateur portable. Un peu plus tôt dans la soirée, le trafic a dû être interrompu pendant une heure, sur la même ligne, après l’agression d’un autre voyageur victime d’un vol avec violence.

Terrains de chasse privilégiés

Dans 70 % des cas, les victimes sont des femmes, appât vulnérable et facile par la seule présence du sac à main. La région parisienne et l’agglomération marseillaise sont les terrains de chasse privilégié des agresseurs. Et les tribunaux pour enfants ne désemplissent pas, à l’instar de celui de Bobigny (Seine-Saint-Denis), premier ressort de France par le nombre d’affaires traitées (4.758 pour la seule année 2008). « Je ne suis pas certain que les chiffres de vols avec violence soient en baisse, affirme le président du TGI de Bobigny, Philippe Jeannin. L’intensité et la gravité des faits sont tels que ce type de délit est sans doute en diminution dans des villes de province mais certainement pas dans des départements d’Ile-de-France comme la Seine-Saint-Denis. » La victime en fait les frais. Au prix d’efforts insurmontables, elle doit souvent prouver la culpabilité de son agresseur au risque de se sentir bafouée une seconde fois. Mais bien souvent, elle s’arrête en chemin, par crainte de représailles. Samira, elle, a choisi d’aller jusqu’au bout.

 


"A Paris, les agresseurs n’ont peur de rien"

Leurs techniques ont évolué tout comme leurs modes d’attaque. Les voleurs à la portière ou à l’arrachée sont devenus très violents dans la capitale.

Comme nombre de capitales européennes, Paris n’est pas épargné par les agressions aux personnes. Avec ses prédominances et ses particularités au premier rang desquelles figurent les vols à l’arrachée plus nombreux que les attaques à la portière. « Le vol à l’arrachée est une vraie spécificité urbaine, confirme le patron de la Police urbaine de proximité (PUP)*, Alain Gardère. Il peut être commis à partir d’un deux-roues, auquel cas il est plus facile de passer entre les voitures pour prendre la fuite. Certains agissent aussi à pied et regagnent leur domicile en métro et reviennent pour s’en prendre à quelqu’un d’autre. » Pour ce type de délit, la capitale enregistre également des pics au printemps et en été. Avec ce triste constat, les cibles choisies sont exclusivement des femmes. « L’agresseur repère un beau sac à main, de marque, de préférence, l’arrache à sa proie et pour cela, il est capable d’une très grande violence, résume Alain Gardère. Il n’a peur de rien. » S’il s’agit d’un homme, c’est la mallette, la sacoche ou la serviette qui y passent. Parmi les arrondissements les plus visés, les IVe, VIIe, VIIIe, IXe, XVIe, XVIIIe et XIXe. « Ils choisissent les grands boulevards dans des zones touristiques fréquentées par des personnes qui peuvent avoir beaucoup de liquide sur elles. Certaines ambassades informent leurs ressortissants sur les risques qu’ils encourent en transportant d’importantes sommes d’argent, voire des choses de valeur telles que des bijoux. »

« Les scooters dans des box en banlieue »

Le dispositif habituel antibraquage, mis en place en période de fin d’année, a été maintenu, en plus du déploiement de motos sérigraphiées et banalisées avec caméras et appareils photo embarquées. « Nous avons à faire à des gens malins et déterminés qui s’adaptent sans arrêt au nouveau dispositif. Ce qui nous oblige à faire preuve d’ingéniosité, précise le patron de la PUP. A chaque époque ses solutions. Le phénomène est apparu dans les années 90 avec le développement des scooters. En 2000, nous avons connu une vraie explosion de ces délits, autant à Paris qu’en province d’ailleurs. Fin 2005 début 2006, un coup d’arrêt brutal est donné à ces vols avec un nombre important d’interpellations, soit une baisse de 54 %. Depuis 2007, cela a repris avec l’apparition de petits engins plus puissants. Nous sommes aujourd’hui obligés de faire attention à notre propre sécurité en plus de celle des tiers. »

Même si l’année 2008 enregistre une baisse de 2,6 % de vols à la portière et à l’arrachée en deux-roues, la difficulté majeure consiste, aujourd’hui, à interpeller les auteurs. Ces derniers sont des mineurs, souvent originaires de Seine-Saint-Denis ou des Hauts-de-Seine, alternant les agressions aux personnes avec les petits braquages (notre édition du lundi 12 janvier). Rodés aux techniques d’attaques, ils deviennent de plus en plus difficiles à repérer. « Ils ne touchent plus aux portables, souligne notamment Alain Gardère. Et recherchent uniquement du cash. Pour rester discrets, ils cachent leurs scooters dans des box en banlieue et les ouvrent tous les jours comme s’ils partaient au travail. » La solution ? Plus de vidéo-surveillance. Le plan « 1.000 caméras » annoncé par le préfet, Michel Gaudin, est attendu de pied ferme dans Paris.

 

 

 

C'est sur France Soir !
 

Réactions à cet article1 commentaire

  • trescoolde, le 3 mai à 11:28

    trescoolde
    victime du vol à l'arraché

    mon épouse vient d'être victime d'un vol à l'arraché il n'y a pas qu'a paris il y a aussi dans la val de marne il procede par deux le premier vol le portable la victime est sur le choc le deuxieme agresseur profite de prendre le sac à main.
    je pense vraiment que Marine Lepen à de bon jour devant elle car beaucoup de personne veulent voter pour elle.


Réagissez à cet article

Réagissez avec votre compte Francesoir.fr :

* Champs obligatoires
  • Texte plus grand
  • Texte plus petit

SUIVEZ FRANCE SOIR


  • 1

Sondage

Nicolas Sarkozy vient de se déclarer hostile au mariage homosexuel et à l'adoption par un couple homosexuel. Qu'en pensez-vous?

466 votants
PureShopping

En images

Jeannie Longo, moins propre qu'elle n'y paraît


Plus d’articles


Dernières vidéos

iPad 3 : Un écran signé Sharp pour Apple ?

» Voir toutes les vidéos
France-Soir sur Facebook

Les membres les plus actifs

Quiz

Testez vos connaissances

Mallaury Nataf