Contrôle aérien : la France championne des grèves

Contrôle aérien : la France championne des grèves

Publié le :

Lundi 18 Juin 2018 - 08:08

Mise à jour :

Lundi 18 Juin 2018 - 08:50
© STEPHANE DANNA / AFP/Archives
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Par AFP - Paris

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Grèves à répétition et un matériel vétuste : un rapport de la commission des finances du Sénat, dresse un constat sévère sur le contrôle aérien français, révèle Le Parisien publié lundi.

Pour la période 2004-2016, la France a enregistré 254 jours de grève de ses contrôleurs aériens, la Grèce, deuxième sur le podium, affiche seulement 46 jours, écrit le quotidien qui s'est procuré le rapport.

Les contrôleurs français ont la spécificité de se mobiliser à la fois sur des "mouvements corporatistes et des grèves de la fonction publique", relève l’auteur du rapport, Vincent Capo-Canellas, sénateur (UDI), membre de la commission des Finances, après six mois de travail ponctués par de nombreuses visites de terrain.

Outre les mouvements sociaux, la France est aussi championne des retards, liés à la vétusté du système, souligne le rapport. "Notre pays est responsable de 33 % des retards dus au contrôle aérien en Europe, déplore Vincent Capo-Canellas. Cela représente 300 millions d’euros de perte annuelle pour les compagnies aériennes."

"En France, les matériels de contrôle sont vétustes", insiste Vincent Capo-Canellas. Et leur coût d’entretien est très élevé : "136 millions d’euros par an. Nous sommes très en retard par rapport à nos voisins", poursuit-il. Un retard d’autant plus "alarmant", que plus de "deux milliards d’euros ont été dépensés pour moderniser le contrôle depuis 2011", s'inquiète le sénateur.

Le rapport précise que les 4.000 contrôleurs aériens français doivent faire face tous les ans à une forte augmentation du trafic. Ils ont contrôlé plus de 3,1 millions de vols en 2017, soit 4 % de hausse par rapport à 2016 et de 8,6 % par rapport à 2015.

Enfin, selon le rapport, l'école nationale d’aviation civile (ENAC) est reconnue dans le monde entier. Elle forme aussi des contrôleurs étrangers qui partent ensuite opérer dans des tours de contrôle +top modernes+, s’enorgueillit Vincent Capo-Canellas. Mais pour ceux qui restent en France en revanche, après leurs études, "ils désapprennent et reviennent 25 ans en arrière dans les tours françaises", déplore l'auteur du rapport.

Un aiguilleur du ciel travaille dans la tour de contrôle de l'aéroport de Nice Côte d'Azur, le 22 Octobre 2008


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