Des agriculteurs mobilisés à Paris pour demander une juste rémunération

Des agriculteurs mobilisés à Paris pour demander une juste rémunération

Publié le :

Mardi 14 Mai 2019 - 17:16

Mise à jour :

Mardi 14 Mai 2019 - 17:18
© Thomas SAMSON / AFP
PARTAGER :

Par AFP - Paris

-A +A

Quelque dizaines de producteurs de lait se sont rassemblés mardi à Paris près du ministère de l'Agriculture pour demander une hausse de leur rémunération et la mise en place d'un outil de régulation à l'échelle européenne.

Depuis une dizaine d'années, le prix du lait est touché par la chute des cours qui empêche régulièrement les producteurs de se payer à la fin du mois.

"Les agriculteurs-éleveurs laitiers ont touché l'année dernière en moyenne 450 euros par mois, c'est dramatique de voir que dans un métier où on fait 60 heures de travail par semaine en moyenne, on ne touche que ça pour vivre", a regretté Adrien Lefèvre, jeune producteur dans les Ardennes et vice-président de Faire France, une marque de lait équitable.

Dans ce sens, "on attendait beaucoup de la loi Egalim", reconnaît-il. Cette loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, a été votée en octobre 2018.

Mais aujourd'hui "on se rend compte que tout est basé sur un système de ruissellement: le consommateur doit payer plus cher son litre de lait, cet argent va dans les poches de la grande distribution, la grande distribution doit le reverser aux industriels qui doivent ensuite le reverser aux producteurs. Mais ce qu'on voit c'est que ça n'arrive jamais chez nous".

Pour Boris Gondouin, un responsable de l'Association des producteurs de lait indépendants (APLI), il est possible de rémunérer l'éleveur laitier au juste prix. "On a démontré avec notre lait +Faire France+ qu'on était capable de rémunérer le producteur à 45 centimes le litre et que les consommateurs allaient pouvoir suivre", a-t-il affirmé.

L'association milite pour la mise en place d'un Programme de responsabilisation face au marché à l'échelle européenne "qui pourrait remplacer les quotas laitiers", selon M. Gondouin, éleveur dans la Meuse. Il faut "montrer aux industriels que si le prix n'est pas bon, on régule".

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait reconnu début mai devant des éleveurs que le prix du lait n'était pas à la mesure des attentes suscitées par la loi Alimentation, en dépit des accords passés par plusieurs industriels avec la grande distribution.

Manifestation de producteurs de lait à Paris le 14 mai 2019

Commentaires

-