Droits du foot, promotions sur le fixe: Free infléchit sa course

Droits du foot, promotions sur le fixe: Free infléchit sa course

Publié le :

Vendredi 01 Juin 2018 - 18:00

Mise à jour :

Vendredi 01 Juin 2018 - 18:02
© / AFP/Archives
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Par Laurent BARTHELEMY - Paris (AFP)

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Achat de droits de diffusion de la Ligue 1 de football, promotions inédites sur les abonnements: Free qui, pour la première fois de son histoire, ne voit plus progresser son nombre d'abonnés sur le fixe est contraint de redéfinir sa stratégie.

L'opérateur, qui ne participait pas traditionnellement à la course aux promotions, mis à part des offres limitées sur le site vente-privée.com, a annoncé jeudi des rabais substantiels (plus de 50% avec un engagement de 12 mois) pour conquérir de nouveaux clients.

Et lui qui professait ne pas vouloir se lancer dans les contenus a créé la surprise mardi en acquérant des droits de diffusion d'extraits en quasi-direct des matches de la Ligue 1 de football, complétés par des droits magazines en vidéo à la demande.

Bref, Free, qui vient aussi de réorganiser son équipe de direction, est en train d'infléchir sa stratégie, estiment des experts.

"En très peu de temps, Free déroge à pas mal de dogmes, mais on leur reprocherait de s'entêter sur une stratégie qui semble aujourd'hui montrer ses limites", estime Philippe Pestanes, expert télécoms et médias au sein du cabinet Wavestone.

"C'est un groupe dont la croissance a ralenti et qui doit changer pour adopter une stratégie qui ressemble beaucoup plus à celles de ses concurrents, celle d'un opérateur mature et pas d'un nouvel entrant", explique un analyste parisien du secteur des télécoms, qui ne veut pas être cité nommément.

"Leur stratégie d'offre simple a très bien marché" jusqu'à présent "mais quand on a plus de 20% de part de marché, une offre simple ne suffit plus", poursuit-il.

Free a perdu au premier trimestre 2018 près de 20.000 clients sur le fixe par rapport à la fin de l'année 2017, une première pour l'opérateur.

Son revenu moyen par abonné (ARPU) a également baissé de 1,60 euro sur le trimestre, à 32,90 euros.

Sur le fond, la massification des promotions - jusqu'alors cantonnées à des offres sur le site vente-privée.com - doit permettre à Free "de tenir ses volumes" de vente "jusqu'en septembre" et l'arrivée très attendue d'une nouvelle box, selon Sylvain Chevallier, associé chez BearingPoint.

- Retrouver les "technophiles" -

Mais elle cache également une hausse des tarifs normaux pour les deux offres téléphone/internet/télévision, qui augmentent de 5 euros par mois à respectivement 34,99 euros par mois et 44,99 euros par mois.

Pour Sylvain Chevallier, l'achat des extraits de matches de la L1 peut s'interpréter comme un effort pour définir de "nouveaux services digitaux innovants".

"On peut imaginer par exemple des applications qui permettront d'être prévenus quand votre équipe de foot favorite marque un but et de visionner le but", explique-t-il, imaginant aussi des jeux, voire des paris.

Ces services pourraient notamment aider Free à reconquérir une clientèle "technophile", longtemps son point fort, mais qui a eu tendance ces dernières années à se tourner plus vers Orange, qui a plus rapidement déployé la fibre, synonyme de performances accrues, estime l'expert.

Mais il est peu probable pour autant que Free multiplie ses achats de droits de diffusion ou se lance dans la production de contenus à plus grande échelle.

Avec le football, Free a saisi l'opportunité d'avoir des droits sur un sport "qui intéresse le plus grand nombre, à un prix qui reste relativement modeste", estime Philippe Pestanes.

Mais "on voit bien" avec l'exemple de SFR "que c'est compliqué de valoriser des droits. Je suppose que Free restera sur un positionnement raisonné", estime-t-il.

La Bourse avait sanctionné sévèrement le recul de Free sur le fixe. Le titre Iliad (maison-mère de Free) tourne aujourd'hui autour de 145 euros, contre environ 165 euros avant l'annonce de ces résultats trimestriels, et 230 euros il y a un an.

Free, qui ne voit plus progresser son nombre d'abonnés sur le fixe, est contraint de redéfinir sa stratégie


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