En manque de main-d'œuvre, l'industrie navale veut séduire les jeunes

En manque de main-d'œuvre, l'industrie navale veut séduire les jeunes

Publié le :

Jeudi 25 Octobre 2018 - 16:16

Mise à jour :

Jeudi 25 Octobre 2018 - 16:58
© ERIC PIERMONT / AFP
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Par Djallal MALTI - Paris (AFP)

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L'industrie navale présente à partir de jeudi un "Navire des métiers" lors du salon Euronaval afin de renforcer auprès des jeunes l'attractivité de la filière, qui a besoin de recruter 10.000 personnes dans les dix ans à venir.

"Nous devons renforcer l'attractivité des métiers de l'industrie navale auprès des jeunes car nous avons de vrais besoins dans le secteur", explique François Lambert, le délégué général du Groupement des industries de construction et activités navales (Gican).

"De manière assez immédiate, les besoins sont d'environ 1.000 personnes dans l'année", notamment certaines compétences critiques. Et ce rythme devrait se maintenir, avec un millier de personnes recrutées par an dans les années à venir. "Clairement, on s'engage sur 10.000 personnes dans les dix prochaines années", assure-t-il.

D'où l'idée de ce Navire des métiers, qui accueillera 3 à 400 jeunes au cours du salon et vise les niveaux Bac -3 à Bac +5. Inauguré jeudi par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, il présente les métiers du naval, un espace de "job dating" et une simulation de réalité virtuelle à l'intérieur d'un navire, de la timonerie à la salle des machines. Euronaval se tient jusqu'à vendredi au Bourget (Seine-Saint-Denis).

Car comme d'autres secteurs industriels, la construction navale souffre d'une image parfois peu attrayante auprès des jeunes même si les métiers ont beaucoup évolué et accordent désormais une large place aux nouvelles technologies, le numérique ou la 3D.

La filière est aussi handicapée par le manque de formations spécifiques, notamment celles liées à la cybersécurité ou la réalité virtuelle.

"Il y a un vrai problème aujourd'hui pour trouver les bons profils", souligne François Lambert, qui cite ceux de soudeur, chaudronnier, de tuyauteur, de mécaniciens, de mécatronicien (mécanicien électronique), d'architecte naval.

- Mobilisation d'une figure de YouTube -

"Bien entendu, il y aura toujours de la soudure, c'est le secteur secondaire, mais ces métiers ont changé et les jeunes doivent pouvoir s'en rendre compte", poursuit-il: "les chantiers navals aujourd'hui, ce sont des perspectives de travail dans le temps long, avec le numérique, la conception assistée par ordinateur, du lien avec l'usager, des possibilités d'évolution".

Car outre l'image d'une industrie avec les mains dans le cambouis, la construction navale traîne aussi l'image tenace des restructurations qu'elle a subies, avec des milliers d'emplois supprimés, notamment dans les années 1990.

Or, après avoir regagné en compétitivité, le secteur ploie aujourd'hui sous les commandes dans le civil et dans la défense. Les Chantiers de l'Atlantique ont onze paquebots à construire, soit un carnet de commandes plein pour plusieurs années. L'entreprise a effectué plus de 1.000 embauches en CDI depuis 2013.

Dans la défense, Naval Group a annoncé plus de 1.000 postes à pourvoir en 2018. Son carnet de commandes à fin juin 2018 était de 13,8 milliards d'euros.

"Il faut restaurer la confiance dans les métiers de l'industrie navale qui a engrangé des commandes, de paquebots de croisière, de navires de guerre, en France et à l'export", reprend François Lambert.

"On a absolument besoin de renforcer l'attractivité du secteur naval et de valoriser son image afin de permettre aux jeunes de se rendre compte qu'il y a de l'avenir dans ce secteur", estime-t-il.

D'où l'idée du Gican de faire appel à une figure de YouTube, Tibo InShape, pour toucher les jeunes (https://www.youtube.com/watch?v=JKwZPdpPi3c)

Le Navire des métiers sera exposé au Salon nautique à Paris, à Brest pour les Assises de l'économie et de la mer et se rendra à Nantes dans le cadre de "La Mer XXL" l'an prochain.

L'idée est d'aller au-delà et de sortir des bassins d'emploi immédiats des chantiers navals. "C'est un appel que je lance à l'ensemble des personnes qui souhaiteraient comme nous revaloriser l'industrie à l'échelle du secteur", indique François Lambert.

Salon Euronaval au Bourget près de Paris, le 23 octobre 2018


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