Méga-fusion à 74 mds USD avec le rachat de la biotech Celgene par Bristol-Myers Squibb

Auteur:
 
Par Pierre DONADIEU - Paris (AFP)
Publié le 03 janvier 2019 - 19:07
Mis à jour le 04 janvier 2019 - 03:20
Image
France-Soir
Crédits
©DR
Municipale 2014
©DR

Un géant du traitement contre le cancer va naître après l'annonce jeudi du rachat de Celgene, l'une des plus grosses sociétés américaines de biotechnologies par le laboratoire Bristol-Myers Squibb (BMS) pour 74 milliards de dollars, un montant astronomique qui confirme l'intérêt croissant pour les "biotechs".

Selon un communiqué publié par le géant pharmaceutique américain, les actionnaires de BMS détiendront 69% de la nouvelle société et ceux de Celgene 31%, à l'issue de ce premier gros rachat de l'année à Wall Street.

Dans le détail, chaque actionnaire de Celgene recevra une action de Bristol-Myers Squibb ainsi que 50 dollars pour chacun de ses titres.

"La transaction va créer une société spécialisée dans la biopharmacie de pointe pour répondre aux besoins des patients atteints de cancers, de maladies inflammatoires et auto-immunes ou cardiovasculaires grâce à des médicaments innovants", souligne Bristol-Myers Squibb dans son communiqué.

"Cet accord génère énormément de valeur immédiate pour Celgene, une valeur qui lui aurait pris des années à atteindre", estiment des analystes de Leerink Partners dans une note aux investisseurs, citée par Bloomberg.

D'autres fusions - certes moins impressionnantes en termes de montants - ont animé le secteur des biotechs l'an dernier, déjà.

Sanofi s'était par exemple adjugé en janvier dernier, le spécialiste des traitements contre l'hémophilie Bioverativ pour 11,6 milliards de dollars et avait dépensé quelques jours plus tard 3,9 milliards d'euros pour le belge Ablynx.

En mai, le géant suisse Novartis avait mis la main sur AveXis qui développe des traitements pour les maladies génétiques rares, pour 8,7 milliards de dollars.

Et Celgene avait elle-même racheté pour 9 milliards de dollars, un spécialiste du traitement des leucémies, Juno Therapeutics.

- Bond de Celgene à Wall Street -

"La plupart des laboratoires biotech sont condamnés à se faire racheter par des grands", estime Rafi Mardachti, PDG d'Universal Medica Group, société de conseil dans l'industrie pharmaceutique.

"Quand vous avez une innovation aujourd'hui, plusieurs produits arrivent sur le marché, il y a 15 ans, la durée de vie d'un médicament innovant avait une durée de vie beaucoup plus longue", ajoute t-il à l'AFP.

Cette acquisition dépasse le rachat de l'irlandais Shire par le laboratoire pharmaceutique japonais Takeda pour un montant déjà énorme (51,5 milliards d'euros), l'an dernier.

Et avec cette opération, BMS espère réaliser des économies de 2,5 milliards de dollars d'ici 2022 sur ses coûts.

"BMS a une volonté de changer de mode opératoire, de se dépoussiérer pour devenir une sorte de méga biotech avec une nouvelle culture et pas de continuer comme une entreprise pharmaceutique classique", explique à l'AFP Mondher Toumi, professeur de santé publique à l'université d'Aix-Marseille.

Le titre de Celgene, qui faisait l'objet de rumeurs récurrentes d'acquisition depuis plusieurs mois, bondissait de 25,62% à 83,71 dollars à la Bourse de New York à 16h20 GMT. Celui de Bristol-Myers Squibb plongeait de 12,25% à 45,68 dollars.

Celgene, dont le best-seller est le Revlimid qui traite le cancer de la moelle osseuse, développe également un médicament contre la sclérose en plaques, Ozanimod, qu'il espère pouvoir commercialiser prochainement.

Bristol-Myers Squibb est quant à lui l'un des pionniers du traitement contre les mélanomes ou le cancer du poumon avec l'Opdivo et le Yervoy, utilisés en complément des chimiothérapies, mais doit faire face à la concurrence féroce du Keytruda de Merck.

L'agence de notation Standard & Poor's a placé les notes de l'endettement de BMY sous revue, avec implication négative, estimant toutefois que l'acquisition est positive pour BMY.

"En dépit d'un endettement plus élevé, nous pensons que l'entreprise s'est renforcée grâce à la transaction" et que BMY pourra se désendetter grâce à un cash-flow suffisant, écrit S&P.

A l'issue de l'examen, SP a l'intention d'abaisser la note générale à A assortie d'une perspective stable. La dette à court-terme serait abaissée à A-1.

L'article vous a plu ? Il a mobilisé notre rédaction qui ne vit que de vos dons.
L'information a un coût, d'autant plus que la concurrence des rédactions subventionnées impose un surcroît de rigueur et de professionnalisme.

Avec votre soutien, France-Soir continuera à proposer ses articles gratuitement  car nous pensons que tout le monde doit avoir accès à une information libre et indépendante pour se forger sa propre opinion.

Vous êtes la condition sine qua non à notre existence, soutenez-nous pour que France-Soir demeure le média français qui fait s’exprimer les plus légitimes.

Si vous le pouvez, soutenez-nous mensuellement, à partir de seulement 1€. Votre impact en faveur d’une presse libre n’en sera que plus fort. Merci.

Je fais un don à France-Soir

Dessin de la semaine

Portrait craché

Image
Castex
Jean Castex, espèce de “couteau suisse” déconfiné, dont l'accent a pu prêter à la bonhomie
PORTRAIT CRACHE - Longtemps dans l’ombre, à l’Elysée et à Matignon, Jean Castex est apparu comme tout droit venu de son Gers natal, à la façon d’un diable sorti de sa ...
13 avril 2024 - 15:36
Politique
Soutenez l'indépendance de FS

Faites un don

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription à la Newsletter hebdomadaire de France-Soir est confirmée.

La newsletter France-Soir

En vous inscrivant, vous autorisez France-Soir à vous contacter par e-mail.