Zones agricoles défavorisées: des élus autour de Cluny menacent de démissionner

Zones agricoles défavorisées: des élus autour de Cluny menacent de démissionner

Publié le :

Vendredi 24 Août 2018 - 17:28

Mise à jour :

Vendredi 24 Août 2018 - 18:50
© ERIC CABANIS / AFP/Archives
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Par AFP - Paris

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Des élus ruraux autour de Cluny en Saône-et-Loire ont menacé vendredi de démissionner en bloc si leurs collectivités ne sont pas réintégrées dans la carte des zones agricoles défavorisées simples (ZDS) éligibles aux aides européennes de compensation des handicaps naturels (ICHN).

Leur protestation vise à défendre une vaste zone dédiée à l'élevage extensif, administrativement rattachée à une zone viticole prospère du Mâconnais, et par là même privée des aides, selon une décision "aussi incohérente qu'injuste", souligne à l'AFP Jean-Luc Delpeuch, président de la communauté de communes du Clunisois.

"Nous défendons huit communes qui réunissent tous les critères d'éligibilité aux aides (relief, sols rocheux etc..), l'élevage est l'activité principale, et aucune diversification n'est possible" a-t-il dit.

Les aides, perçues jusqu'à fin 2018, portaient sur environ 450.000 euros, soit quelque 15.000 euros pour chacune des 29 exploitations du secteur, selon l'élu.

"Pour certaines, cela signifie un doublement du revenu disponible" a-t-il dit. Leur disparition met en péril plusieurs d'entre elles, dans une région classée Natura 2000 et "prairie sensible", où toute autre culture, de maïs ou de vigne, est interdite.

"A part le préfet, nous n'avons jamais eu la moindre réponse du ministère de l'Agriculture, c'est un vrai trou noir" a-t-il dénoncé. En revanche, les élus ont reçu une lettre du Commissaire européen Phil Hogan auquel ils ont confié leurs soucis avec l'administration française.

De nombreuses manifestations ont eu lieu dans différentes régions au sujet du redécoupage de la carte de ces aides qui a vu plusieurs centaines de communes sortir du système (et d'autres y entrer).

Le ministère a envoyé au printemps une proposition de redécoupage à Bruxelles, mais aucune décision définitive n'a encore été prise.

"Cette affaire aberrante nous tient à cœur car elle s'ajoute au sentiment qu'ont les ruraux d'être rejetés par ce gouvernement, l'arrêt de l'activité agricole aura des conséquences dramatiques, des pertes d'emplois, la disparition de la prairie, des maisons vides", a ajouté l'élu.

Des manifestations ont eu lieu vendredi localement, à l'initiative de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA). Les agriculteurs ont posté une vidéo sur internet afin d'expliquer leur situation ()

"Nous ne nous faisons aucune illusion sur la portée de notre démission, nous sommes des tout petits, mais au moins nous serons à l'aise avec notre conscience" a dit M. Delpeuch en se déclarant "sensible au désespoir" des campagnes.

En mars, des habitants avaient aussi protesté, mais à Fanjeaux (Aude), victime aussi du redécoupage de la carte des «zones défavorisées»

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