Présidentielle: "pas racistes mais..." pour que "la France reste française"

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Présidentielle: "pas racistes mais..." pour que "la France reste française"

Publié le 21/03/2017 à 12:03 - Mise à jour à 13:04
© BORIS HORVAT / AFP
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Auteur(s): Par AFP

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"On n'est pas racistes, mais on est chez nous": sous les palmiers de la Riviera française, bastion traditionnel de l'extrême droite, des "gens bien sous tout rapport" espèrent voir Marine Le Pen devenir présidente, grâce à un "grand élan patriotique".

"Cette fois, c'est la bonne, on va gagner: il y a eu le Brexit, l'élection de Donald Trump, François Fillon et ses affaires... Les planètes sont dans le bon alignement", s'enflamme Florent Erard, 27 ans, responsable local du Front national (FN) de la jeunesse dans le Var (sud-est), entre Marseille et Nice.

En déplacement à Saint-Raphaël, Marine Le Pen vient parler en terrain conquis: le Var est le département qui a le plus voté pour le FN aux dernières élections, les régionales de 2015, avec 44,6% des voix au premier tour, contre 27,9% en moyenne en France.

Depuis janvier, avec les déboires judiciaires du candidat de droite François Fillon, la patronne de l'extrême droite caracole en tête des sondages pour le premier tour, le 23 avril, au coude à coude avec Emmanuel Macron, ancien banquier d'affaires et ex-ministre de l'Economie du président socialiste François Hollande, repositionné au centre. Et le second tour, le 7 mai, pourrait se jouer entre eux.

"Macron n'a aucune chance, les Français savent très bien d'où il vient, c'est l'élu de la finance quand Marine est élue par et pour le peuple", assure Jean-Marc Micallef, 55 ans, venu au meeting en costume sombre et cravate rouge.

L'immigration, la place de l'islam et le débat sur l'identité, sujets récurrents de crispation en France, nourrissent l'extrême droite, de même que les peurs nées de la vague d'attentats jihadistes qui a fait 238 morts en 2015 et 2016 ou le rejet de la mondialisation.

Dans le public, le slogan "On est chez nous!" ponctue régulièrement le discours de la candidate, en meeting dans une salle bondée par plus d'un millier de personnes agitant des drapeaux bleu-blanc-rouge.

Avec ceux qui veulent que "la France reste française", on trouve des curieux venus écouter le discours de la candidate "sans filtre médiatique".

- 'Bien sous tout rapport' -

"Le FN n'a jamais gouverné, on ne sait pas ce que cela va donner, ça ne sera peut-être pas mieux, mais ça ne peut pas être pire", estime ainsi Philippe, 45 ans, venu assister à son premier meeting.

Betty, une énergique rousse de 68 ans, était une fidèle de l'ancien président Nicolas Sarkozy, vaincu lors de la primaire de droite. "Je suis écoeurée de la politique ! Qu'est-ce qu'il reste, à part Marine ? Je suis une Gauloise !", affirme-t-elle, en référence au surnom attribué aux Français de souche, par opposition à ceux issus de l'immigration récente.

"Mais attention, je suis une modérée", assure-t-elle. "D'ailleurs, regardez autour de vous, il n'y a pas de crânes rasés, que des gens bien sous tout rapport".

Marine Le Pen s'efforce depuis longtemps d'adoucir son image et celle du parti fondé par son père, le sulfureux Jean-Marie Le Pen, aux diatribes antisémites et xénophobes.

Responsable du parti dans le Var, Frédéric Boccaletti, s'en félicite: "L'électorat du FN est aujourd'hui beaucoup plus ouvert qu'il y a quelques années, il y a des ouvriers, des salariés, des accidentés de la vie, et aussi des professions libérales, des chefs d'entreprise".

Devant son étal de vêtements au port du Brusc, plus à l'ouest sur la côte méditerranéenne Yoan Jenais, 19 ans, est tout heureux d'avoir échangé quelques mots avec la patronne du FN venue arpenter le marché. Il apprécie ses promesses en faveur des commerçants et des artisans.

"Je n'avais pas de travail, alors je viens de créer ma propre entreprise. Mais avec toutes les taxes qu'on doit payer, on ne peut pas profiter de l'argent qu'on gagne, tout va à l'Etat", regrette-t-il.

Auteur(s): Par AFP


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Des militants assis avant un meeting de la présidente du Front national le 15 mars 2017 à Saint-Raphaël

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