Affaire de l'activiste italien: la justice se prononcera le 23 août sur une demande de complément d'information

Affaire de l'activiste italien: la justice se prononcera le 23 août sur une demande de complément d'information

Publié le :

Mardi 13 Août 2019 - 15:49

Mise à jour :

Mercredi 14 Août 2019 - 16:20
© Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
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Par AFP - Rennes

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La justice française a décidé mercredi à Rennes de s'accorder un délai avant de statuer sur la remise aux autorités italiennes de Vincenzo Vecchi: elle dira le 23 août si la décision condamnant cet ancien militant anti-capitaliste à 11 ans de prison est conforme au droit.

Vincenzo Vecchi a été condamné en Italie en 2009 et 2007 pour "dévastation et saccage" contre des biens lors du sommet du G8 à Gênes en 2001, et pour avoir participé à une manifestation antifasciste émaillée de violences et non autorisée à Milan en 2006. En cavale depuis plusieurs années, l'homme de 46 ans, qui s'était réfugié dans un village breton où il était devenu peintre en bâtiment, a été arrêté jeudi dernier en vertu de deux mandats d'arrêt européens.

Mercredi devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes, l'avocat général et l'avocat de M. Vecchi, maître Catherine Glon, "ont demandé un complément d'information auprès des autorités italiennes en vue notamment de vérifier que la décision italienne a été rendue dans des conditions respectant le principe de contradictoire et de s’assurer que la peine n’est pas prescrite", a précisé le parquet général de Rennes dans un communiqué.

Si la chambre de l'instruction fait suite à la demande de complément d'information, "elle ne statuera sur la remise aux autorités italiennes qu'à l'issue d'une nouvelle audience", indique le texte.

"La chambre de l'instruction est également saisie d'une demande de mise en liberté qu'elle examinera dans les semaines à venir", a également fait savoir le parquet général.

Le communiqué rappelle que les deux mandats d’arrêt européens en vertu desquels Vincenzo Vecchi a été interpellé le 8 août dernier dans le Morbihan sont consécutifs à "deux condamnations prononcées par les cours d’appel de Gênes et de Milan les 9 octobre 2009 et 12 novembre 2007, au terme desquels l'intéressé doit exécuter une peine de 11 ans et demi d'emprisonnement".

Environ 250 personnes s'étaient réunies mercredi matin devant la cour d'appel à Rennes en soutien à M. Vecchi, déployant une grande banderole et brandissant des affichettes où était écrit "Libérez Vincenzo", a constaté un journaliste de l'AFP.

Les soutiens au ressortissant italien ont fait le déplacement depuis la commune de Rochefort-en-Terre et des villages voisins, dans le Morbihan, là où vivait depuis huit ans M. Vecchi, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Rennes.

Pour Jean-Pierre, un porte-parole du comité de soutien qui s'est très rapidement constitué en fin de semaine dernière, "on s'achemine vers un procès politique", a estimé ce porte-parole, en espérant "un report ou une annulation" de la procédure ce mercredi afin de permettre à M. Vecchi de mieux préparer sa défense.

Il assure que le président de la République Emmanuel Macron "peut faire" ce qu'avait fait en son temps l'ancien président François Mitterrand, qui avait permis, dans les années 1980, à des militants italiens poursuivis dans leur pays de rester vivre en France.

Catherine Glon, l'avocate de Vincenzo Vecchi, devant la cour d'appel de Rennes, le 14 août 2019


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