Affaire Vecchi: la justice française demande un complément d'informations à l'Italie

Affaire Vecchi: la justice française demande un complément d'informations à l'Italie

Publié le :

Vendredi 23 Août 2019 - 11:34

Mise à jour :

Vendredi 23 Août 2019 - 13:00
©DR
PARTAGER :

Par AFP - Rennes

-A +A

La justice a demandé vendredi à Rennes un supplément d'information à l'Italie dans l'affaire Vincenzo Vecchi, avant d'envisager la remise aux autorités italiennes de l'ex-militant anticapitaliste italien, arrêté le 8 août dans le Morbihan en vertu de deux mandats d'arrêts européens.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes, appelée à se prononcer sur une demande de remise en liberté du quadragénaire italien, a ordonné "le maintien en détention de M. Vecchi" tout en demandant une "étude de faisabilité d'assignation à résidence" avec surveillance électronique.

Vincenzo Vecchi, 46 ans, sous le coup de deux mandats d'arrêts émis par l'Italie, a été condamné à 12 ans et demi de prison en 2009 par la cour d'appel de Gênes "pour des faits de complicité de vol avec violence, incendie volontaire, complicité de dévastation et pillage, dommage volontaire et usage d’armes prohibées dans un lieu public" lors du sommet du G8 à Gênes en 2001, a précisé le parquet général de la cour d'appel de Rennes dans un communiqué.

Il a aussi été condamné en 2007 par la cour d'appel de Milan à quatre ans de prison pour "complicité de dévastation continue", "complicité de violence continue", "menaces contre fonctionnaire", et "port d’armes dans des lieux publics", lors d'une manifestation contre l'extrême-droite à Milan en 2006.

Il doit encore effectuer 11 ans et demi de prison après avoir effectué un an de détention provisoire.

Vincenzo Vecchi "ne consent pas à être remis à l'autorité judiciaire italienne", a précisé le parquet général.

La cour a ordonné un supplément d’information aux autorités judiciaires italiennes, avant le 10 octobre, afin de préciser différents points concernant les condamnations rendues en Italie: les peines maximales encourues pour les infractions pour lesquelles Vecchi a été condamné, "le délai de prescription de l'exécution de la peine", et "dans l'hypothèse d'une remise, le régime d'exécution de la peine".

Elle demande aussi à la justice italienne si la décision de la cour d'appel de Gênes "a été réformée par un arrêt de la Cour suprême de cassation", "dans l'affirmative préciser la teneur de cette arrêt", et indiquer si cette condamnation "est définitive".

La chambre de l'instruction étudiera à nouveau en audience le dossier Vecchi le 26 septembre.

"La cour a fait droit à nos demandes d'informations", s'est réjouit Maxime Tessier à la sortie du tribunal, applaudi par une foule de 200 personnes scandant "Libérez Vincenzo", a constaté un journaliste de l'AFP.

Le comité de soutien breton de l'Italien avait une nouvelle fois fait le déplacement depuis le Morbihan où Vecchi vivait dans la clandestinité depuis huit ans jusqu'à son arrestation.

Me Tessier, accompagné de Me Marie-Line Asselin, s'est aussi félicité que la cour n'a pas fermé la porte à une remise en liberté de son client. "Cette demande n'a pas été acceptée, mais elle na pas été refusée", a-t-il souligné.

"On est un peu soulagés mais il est quand même toujours en prison. On va continuer à se battre", a déclaré Mona, membre du comité de soutien de Vecchi, qui juge la condamnation à 12 ans et demi de prison "disproportionnée" pour les faits reprochés.

Municipale 2014


Commentaires

-