Rixe à Orly: au tribunal, les rappeurs Booba et Kaaris se rejettent la faute

Rixe à Orly: au tribunal, les rappeurs Booba et Kaaris se rejettent la faute

Publié le :

Jeudi 06 Septembre 2018 - 04:00

Mise à jour :

Jeudi 06 Septembre 2018 - 20:42
© Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP/Archives
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Par Romain FONSEGRIVES - Créteil (AFP)

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Un mois après leur bataille rangée qui avait transformé un hall de l'aéroport d'Orly en ring et retardé plusieurs vols, Booba et Kaaris, ennemis jurés du rap français, se sont renvoyés l'un et l'autre la responsabilité de la rixe au tribunal de Créteil.

À la barre, Kaaris, Gnakouri Okou à l'état-civil, a tenu à débuter par des excuses. "C'est pas bien ce qui s'est passé en fait, je présente mes excuses aux personnes choquées par les images", a-t-il déclaré.

"Je ne suis pas à l'origine de cette rixe", a martelé l'artiste, en chemise blanche immaculée. "J'ai donné des coups pour me défendre", a-t-il assuré, en prônant désormais "l'apaisement".

"Moi, je cherchais à aller prendre mon avion c'est tout", a expliqué Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, vêtu d'une chemise à carreaux.

Les extraits de la vidéosurveillance, longuement décortiqués par le tribunal, le montrent pourtant donner le premier coup de pied à son rival. Se sentant "encerclé" et "menacé" par Kaaris et son groupe, l'autoproclamé "Duc de Boulogne", a plaidé "un coup d'intimidation pour empêcher qu'il m'attaque".

Le "duc de Boulogne" a également été questionné sur une vidéo tournée par une fan, où on le voit déclarer : "c'est la garde à vue qui m'attend", quelques moments avant la rixe.

"Ce n'est pas sur un ton sérieux", a rétorqué Booba. "C'est un mauvais pressentiment. (...) Je l'ai vu qui me fixait avant même d'avoir passé le portique, ça sentait pas bon".

Les deux rivaux comparaissent libres après avoir passé trois semaines en détention provisoire. Neuf membres de leurs clans respectifs impliqués dans la rixe sont également jugés pour violences aggravées et vols en réunion. Tous risquent jusqu'à 10 ans de prison.

Le procès des deux rivaux se déroule dans l'effervescence. L'audience a lieu dans la salle d'habitude réservée aux assises, sous forte protection policière, entièrement pleine. Pour la sérénité des débats, la présidente a interdit aux journalistes de rendre compte du procès en direct sur les réseaux sociaux.

À l'extérieur, des dizaines de fans, espéraient apercevoir les rappeurs.

Depuis leur libération, Booba et Kaaris ont versé chacun une caution de 30.000 euros. Ils ont interdiction de quitter la France et se sont tenus à carreau.

Star du rap hexagonal, Booba, installé à Miami, n'a pas revu ses deux enfants depuis début août. A 41 ans, il connaît déjà le prix de la prison: il y a passé 18 mois à la fin des années 90, pour avoir braqué un chauffeur de taxi.

- "Légitime défense" -

De son côté, Kaaris a vécu sa détention provisoire comme "une injustice", a expliqué à l'AFP son avocat David-Olivier Kaminski. À 38 ans, le rappeur de Sevran (Seine-Saint-Denis) soigne désormais son image de père de famille en s'affichant avec sa fille sur Instagram.

Les deux anciens complices invoquent la "légitime défense" pour justifier leur coup de sang du 1er août.

Ce jour-là, ils doivent embarquer sur le même avion pour Barcelone où ils doivent jouer dans deux clubs, séparés de seulement quelques mètres. Une pure coïncidence, selon les deux camps.

Mais dans la salle d'embarquement, la haine recuite entre les deux rappeurs explose. Depuis plusieurs années, "B2O" et son ancien poulain "K2A" s'invectivent sur les réseaux sociaux et par vidéos interposées.

A sept contre quatre, le clan Booba affronte celui de Kaaris, au milieu de passagers éberlués. La boutique de duty free à proximité sert de réserve de projectiles. Bilan: quelques blessés légers, plusieurs vols retardés et plus de 50.000 euros de préjudice. Aéroports de Paris, Air France et le propriétaire de la boutique ont porté plainte.

En garde à vue, Booba avait assuré avoir reçu un projectile alors qu'il tentait de "contourner" Kaaris. "Ensuite, c'est parti", avait-il expliqué aux enquêteurs. Kaaris avait, lui, rapporté des insultes qui le visaient lui, sa femme et sa fille et auraient précédé les coups.

L'avocat de Kaaris David-Olivier Kaminski le 3 août 2018

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