Attentats de janvier 2015: les juges ont terminé l'enquête, vers un procès en 2020

Attentats de janvier 2015: les juges ont terminé l'enquête, vers un procès en 2020

Publié le :

Mardi 20 Novembre 2018 - 14:13

Mise à jour :

Mardi 20 Novembre 2018 - 14:14
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Par Eléonore DERMY et Benjamin LEGENDRE - Paris (AFP)

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Près de quatre ans après les attentats jihadistes de janvier 2015 à Paris, les juges d'instruction ont terminé leurs investigations, ouvrant la voie à un procès aux assises en 2020 pour les attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hyper cacher qui ont fait 17 morts.

Les magistrats antiterroristes ont notifié lundi aux parties la fin de leur enquête, a-t-on appris mardi de source judiciaire, confirmant une information de France Inter.

Quinze personnes, dont 11 sont toujours en détention provisoire selon cette source, ont été mises en examen dans l'enquête sur ces attentats, les premiers de la vague jihadiste en France qui a fait 246 morts. Toutes nient avoir eu connaissance du projet terroriste.

Le parquet de Paris doit prendre d'ici un mois ses réquisitions sur leur éventuel renvoi aux assises avant la décision finale des juges.

Trois suspects, dont un possible commanditaire et la compagne d'un des assaillants, sont par ailleurs visés par des mandats d'arrêts.

Le 7 janvier 2015, les frères Chérif et Saïd Kouachi, des islamistes radicaux, avaient tué 12 personnes dans l'attaque du journal satirique Charlie Hebdo avant d'être abattus deux jours plus tard par des gendarmes du GIGN.

Le lendemain, Amédy Coulibaly avait tué une policière municipale à Montrouge (Hauts-de-Seine), près de Paris. Le 9 janvier, il avait ensuite tué quatre hommes, tous juifs, dans la prise d'otages de l'Hyper Cacher, dans l'Est parisien, avant d'être tué dans un assaut policier, juste après les frères Kouachi.

Très vite, des connexions avaient été établies entre les trois hommes, dont le passé ramène à la filière des Buttes-Chaumont, groupe radical islamiste du Nord-Est parisien démantelé en 2005, mais les enquêteurs ont peiné à établir comment ils se sont coordonnés.

Les juges pensent toutefois avoir obtenu des avancées sur le rôle de possibles commanditaires et les conditions dans lesquelles les tueurs ont obtenu leurs armes. Ils avaient évoqués ces développements fin septembre lors d'une réunion d'information avec des rescapés et des proches des victimes, où ils avaient annoncé la clôture prochaine des investigations.

- "Balle de kalash" -

Récemment, le trio de juges d'instruction a revu à la hausse les poursuites visant l'un des suspects, Ali Riza Polat, 33 ans.

Ce dernier, un proche d'Amédy Coulibaly, est désormais poursuivi pour "complicités d'assassinats terroristes" pour l'ensemble des attaques, selon des sources proches du dossier.

En cause, son rôle central présumé dans l'organisation de la fourniture d'armes à Coulibaly depuis la Belgique, selon ces sources. Dans le garage d'un des suspects, les enquêteurs avaient retrouvé des notes manuscrites sur l'acquisition d'armes et d'explosifs, mais dont il a contesté être l'auteur. "Prix des détonateurs en plus ? Balle de kalash 500 pièce ? (...) 3 chargeur de katash prix ?", peut-on y lire ainsi écrit. Les enquêteurs pensent aussi qu'il a "fait le ménage" au moment des faits pour effacer les traces d'implication du réseau.

Les juges avaient aussi évoqué lors de cette réunion la diffusion de mandats d'arrêt internationaux pour les frères Belhoucine. Tous deux étaient partis, quelques jours avant les attaques, pour la zone irako-syrienne avec la compagne de Coulibaly, Hayat Boumeddiene, elle aussi visée par un mandat d'arrêt.

Les juges souhaitent poursuivre l'un des frères, Mohamed, déjà condamné pour sa participation à une filière jihadiste, pour "complicité d'assassinats terroristes". Possible commanditaire, il est soupçonné d'avoir rédigé les trois feuillets contenant la formule d'allégeance au groupe État islamique reprise par Coulibaly dans son testament vidéo.

Dans le meilleur des cas, le procès pourrait se dérouler durant trois mois environ en 2020. "Ce sera forcément un procès frustrant, où il manquera les principaux protagonistes et les commanditaires", avait estimé fin septembre Jean Reinhart, avocat de la veuve d'une des victimes de Charlie Hebdo, qui s'était félicité de la "méticulosité de l'enquête" conduite par les juges.

Municipale 2014


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