Avignon 2019: exit les têtes d'affiche, place aux "stars de demain"

Avignon 2019: exit les têtes d'affiche, place aux "stars de demain"

Publié le :

Mardi 02 Juillet 2019 - 16:22

Mise à jour :

Mardi 02 Juillet 2019 - 16:24
© Boris HORVAT / AFP/Archives
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Par Rana MOUSSAOUI - Avignon (AFP)

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Le festival d’Avignon 2019 sera privé de sa plus grande star, Kirill Serebrennikov, mais à défaut de grands noms, la prestigieuse manifestation théâtrale met en avant de potentielles pépites qui peuvent créer la surprise.

Après la levée de son assignation à résidence en avril, l'enfant terrible du théâtre russe poursuivi dans une affaire controversée de détournement de fonds reste interdit de voyage hors de Moscou. Mais sa nouvelle pièce, "Outside", sur le photographe chinois censuré Ren Hang qui s'est suicidé à 29 ans en 2017, sera bien présentée à Avignon.

Si la 73e édition (4-23 juillet) mise plus sur les nouveaux, elle démarre toutefois avec une pléthore de stars de la scène française au spectacle d'ouverture donné traditionnellement dans la Cour d'honneur, lieu de naissance du festival en 1947.

Emmanuelle Béart, Denis Podalydès, Jacques Weber ou encore Stanislas Nordey sont à l'affiche de "Architecture", signée de l'un des dramaturges contemporains français vivants les plus joués au monde, Pascal Rambert. Il y brosse le portrait d'une famille déchirée, comme une métaphore de l'Europe.

- "Les stars de demain" -

Le Vieux Continent, traité également par Roland Auzet dans "Nous l'Europe, banquet des peuples" sur un texte du prix Goncourt Laurent Gaudé, hante cette édition dont le "fil rouge" est l'odyssée, après le genre l'année dernière.

Le directeur du festival depuis 2013, Olivier Py, a évoqué le retour important de dramaturges de l'Hexagone au festival et un "renouvellement esthétique", plus des deux tiers des artistes invités n'y ayant jamais participé.

"C'est un choix volontaire. On a choisi de faire un festival un peu plus avec les stars de demain qu'avec les stars d'hier", explique-t-il à l'AFP.

Parmi les jeunes artistes peu connus du public, Clément Bondu avec "Dévotion", sur un poète qui convoque dans sa chambre tous les exilés du monde; Julie Duclos avec "Pelléas et Mélisande" de Maeterlinck; Maëlle Poésy avec sa version de l'Enéide de Virgile et Tommy Milliot qui monte "La brèche", un texte de Naomi Wallace sur le viol d'une adolescente.

"Ils sont moins connus, plus jeunes et on les retrouvera dans les années qui suivent dans les grands théâtres parisiens et dans les autres festivals", a précisé M. Py, qui met lui-même en scène un de ses textes, "L'Amour vainqueur" et monte une pièce avec des prisonniers d'Avignon pour la cinquième fois.

La metteure en scène engagée Irène Bonnaud s'empare du dernier scénario de Pasolini qu'il n'a pas pu tourner avant son assassinat: "Amitié", l'histoire extravagante sur un roi mage qui arrive trop tard pour voir le Christ.

- L'Odyssée en feuilleton -

La franco-roumaine Alexandra Badea présente "Points de non-retour" sur le sujet sensible du massacre d'Algériens à Paris le 17 octobre 1961.

Côté international, la Chine est présente avec une adaptation d'un des chefs d'œuvre de sa littérature, "La maison de thé" du grand écrivain Lao She, avec une mise en scène Jinghui Meng qui promet d'être grandiose.

La chorégraphe chinoise Wen Hui s'associe avec la Tchèque Jana Svobodova pour monter "Ordinary people", pour "faire entendre la voix de ceux qui en sont dépourvus".

Du Brésil, Christiane Jatahy va mélanger théâtre et cinéma pour raconter des témoignages de ses voyages mais aussi évoquer l'Amazonie et les craintes de destruction sous Jair Bolsonaro. Autre spectacle brésilien, cette fois musical, de Tigana Santana, sur la censure et la colonisation.

Tradition du festival, le "feuilleton", un spectacle sur plusieurs jours en plein air est confié à Blandine Savetier qui déroulera l'Odyssée d'Homère en 13 actes.

Le chorégraphe britannique Akram Khan fait la deuxième Cour d'honneur avec "Outwitting the devil" et son compatriote Wayne McGregor qui va créer un spectacle "autobiographique" en s'inspirant de ses... chromosomes.

Subventionné à 56%, le festival a connu un taux de fréquentation dépassant les 95% en 2018.

Une nouvelle application notifiera les utilisateurs en temps réel des places disponibles, un outil qui existe déjà pour le Avignon "off" qui démarre en même temps que le "in" et présente plus de 1.600 spectacles.

Le directeur du festival d'Avignon, Olivier Py, présente la 73e édition à la presse, le 27 mars 2019

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