Benalla: deux motions de censure à l'Assemblée en épilogue d'une folle séquence

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Benalla: deux motions de censure à l'Assemblée en épilogue d'une folle séquence

Publié le 29/07/2018 à 07:00 - Mise à jour à 10:07
© CHARLY TRIBALLEAU / AFP/Archives
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Auteur(s): Par Fabrice RANDOUX - Paris (AFP)

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Epilogue d'une folle séquence à l'Assemblée qui aura vu la majorité ébranlée par l'affaire Benalla et contrainte de reporter son projet de révision constitutionnelle, deux motions de censure du gouvernement seront défendues mardi par la droite et la gauche.

A l'avant-dernier jour de la session extraordinaire, LR d'un côté, les trois groupes de gauche (socialistes, communistes, Insoumis) de l'autre, porteront une motion de censure pour mettre en cause la responsabilité du gouvernement dans l'affaire de l'ex-collaborateur du président de la République, une première sous le quinquennat Macron.

Un mot d'ordre quasi identique face à une "crise institutionnelle": contraindre le gouvernement à "s'expliquer" et dénoncer un "verrouillage" pour empêcher "la vérité" d'émerger.

Pour ces deux motions simultanées, fait rarissime - il faut remonter à 1980 -, il y aura un seul débat, lors duquel Edouard Philippe répondra aux interpellations de Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF), mais bien deux votes.

Nul suspense sur l'issue des scrutins: ni LR avec 103 députés, ni la gauche avec 63 ne peuvent, même en votant tous les uns pour les autres, rassembler la majorité requise de 289 voix qui ferait chuter le gouvernement. Le RN de Marine Le Pen votera les deux motions.

"C'est la dernière fois que nous pouvons, avant les vacances, alerter l'opinion publique sur la gravité de ce qui se passe", a plaidé le Premier secrétaire du PS Olivier Faure. "Je ne dis pas que la motion de censure doit être un point final. Faisons leur confiance dans l'art d'aggraver les choses", a lancé le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon.

Socialistes, communistes et insoumis ont surmonté leurs divisions pour rassembler les 58 signatures nécessaires afin de ne pas laisser le monopole de l'opposition à LR. Le groupe de Christian Jacob décidera mardi s'il vote aussi leur motion, LFI votera également la motion de droite, éventualité sur laquelle le PS tranchera mardi.

La majorité présidentielle voit dans ces motions "la preuve que les oppositions font de l’instrumentalisation politique", espérant y trouver "l'antidote à leur coma profond". "Tenter de faire tomber un gouvernement et des réformes parce qu’un chargé de mission a dérapé ?", a tweeté le porte-parole de LREM Gabriel Attal.

Après avoir dû encaisser depuis plus d'un an le "nouveau monde" macroniste, les oppositions se sont engouffrées dans la crise ouverte par l'affaire Benalla.

- "Fosse aux crocodiles" -

Profitant du flottement d'une majorité sidérée et d'un exécutif longtemps mutique, droite et gauche coalisées ont réussi à obtenir une commission d'enquête et à bloquer l'examen du projet emblématique de révision constitutionnelle, reporté à l'automne.

"On s'est fait déborder, on n'a pas été capable de tenir une seule de nos positions", déplorait un "marcheur". "La fosse aux crocodiles était affamée depuis un an", selon un Modem.

La majorité a voulu ensuite reprendre la main et a fini par riposter, encore plus après la sortie du silence d'Emmanuel Macron. La présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) a ainsi annoncé mercredi le refus des auditions supplémentaires réclamées notamment par le co-rapporteur de la commission d'enquête Guillaume Larrivé (LR).

La commission a alors implosé, les oppositions claquant la porte face à une "parodie". Les auditions se sont achevées vendredi, la commission devant adopter au mieux un rapport a minima mercredi. Là où LR dénonce une "affaire d'Etat", la majorité pointe "une affaire "policière", avec "des dérives individuelles".

Si les travaux de l'Assemblée vont s'interrompre mercredi soir notamment après l'adoption définitive des lois "asile-immigration" et "avenir professionnel", droite et gauche espèrent que cette affaire marquera un "tournant" du quinquennat.

Dans leur ligne de mire au Parlement reste notamment la révision constitutionnelle, perçue comme une aggravation de l'"hyper-présidentialisation".

Semblant ouvert jusqu'alors à un compromis avec l'exécutif, le président du Sénat Gérard Larcher (LR) juge désormais que "le calendrier et le contenu (...) paraissent devoir être repensés".

"Il faut reprendre tout cela sur des bases nouvelles", "pour réfléchir plus profondément à l’équilibre des pouvoirs" ou "à la représentativité des assemblées parlementaires", selon François Bayrou, patron du MoDem allié de LREM.

Auteur(s): Par Fabrice RANDOUX - Paris (AFP)


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