Le nombre de demandeurs d'emploi reste en hausse à la veille de réformer l'assurance-chômage

Le nombre de demandeurs d'emploi reste en hausse à la veille de réformer l'assurance-chômage

Publié le :

Jeudi 25 Octobre 2018 - 04:00

Mise à jour :

Jeudi 25 Octobre 2018 - 18:48
© Philippe HUGUEN / AFP
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Par Fabrice RANDOUX - Paris (AFP)

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Mauvaise nouvelle pour l'exécutif: en dépit d'embauches record, le nombre de demandeurs d'emploi a de nouveau légèrement augmenté au 3e trimestre (+0,4%), un chiffre qui devrait peser sur la négociation de la réforme de l'assurance-chômage au menu des partenaires sociaux pour la fin de l'année.

De juillet à septembre, Pôle emploi a recensé sur la France entière en moyenne 16.400 chômeurs supplémentaires à 3,718 millions et 22.300 demandeurs d'emploi, avec ou sans activité, de plus à 5,963 millions.

C'est le deuxième trimestre consécutif de hausse après 0,2% au précédent.

En cause notamment: le "trou d'air" du premier semestre, avec une croissance qui a plafonné à 0,2% au premier comme au deuxième trimestre. Début octobre, l'Insee a abaissé sa prévision pour 2018 à 1,6% même si elle prévoit un meilleur second semestre (+0,5% au troisième trimestre, puis 0,4%).

Sur un an, le nombre de chômeurs (catégorie A) reste cependant en baisse de 1%. Mais le nombre de demandeurs d'emploi (A-B-C) a augmenté de 0,7% du fait de la progression ininterrompue depuis la crise de 2008 des personnes exerçant une activité réduite (contrats courts, intérim, etc.).

"La négociation sur l'assurance chômage s'ouvre dans un contexte où les travailleurs précaires sont donc de plus en plus nombreux", a réagi la CGT.

Les différentes oppositions n'ont pas manqué d'imputer ces mauvais chiffres à l'exécutif. "A partir du moment où Emmanuel Macron tapait aussi fort les Français au portefeuille, ça allait pénaliser la consommation et in fine la croissance et l'emploi", selon le député LR Fabien Di Philippo. Pour Marine Le Pen, la France "paye le déni de réalité économique dans lequel s'enferme obstinément Emmanuel Macron". Les députés PS ont notamment observé la conséquence "de la suppression des emplois aidés".

Fidèle à son habitude, la ministre du Travail Muriel Pénicaud n'a pas commenté ces chiffres "de manière isolée", attendant notamment ceux sur les créations d'emploi mi-novembre.

- Indicateurs contrastés -

D'autres indicateurs sont en effet plus positifs comme les embauches, qui sont reparties à la hausse au troisième trimestre (+2,7%), aussi bien en CDI qu'en CDD de plus d'un mois, et ont atteint un pic historique selon l'Acoss, l'agence centrale des organismes de sécurité sociale.

Et si l'on regardait les chiffres de Pôle emploi mensuellement, comme auparavant, le nombre de chômeurs serait en baisse de 40.000 en septembre après avoir augmenté en juillet et août.

Selon l'Insee, le taux de chômage devrait diminuer de 0,1 point aux troisième et quatrième trimestres pour arriver à 8,9% de la population active fin 2018.

Cette perspective d'une décrue très lente n'a pas empêché mardi Muriel Pénicaud de maintenir "l'ambition d'arriver à un taux de 7%" d'ici la fin du quinquennat.

Soulignant "qu'une entreprise sur deux a des problèmes de recrutement", la ministre table sur l'effort massif décidé sur l'apprentissage et la formation professionnelle pour réduire le chômage des jeunes et des moins qualifiés, noyau dur du chômage en France.

Lancé il y a un an, le plan d'investissement dans les compétences d'un montant de 15 milliards d'euros sur 5 ans prévoit la formation d'un million de demandeurs d'emplois et d'un million de jeunes décrocheurs. Mais pour l'instant, le nombre de chômeurs en formation n'est en hausse que de 2% depuis le début de l'année.

Le chômage de longue durée reste d'ailleurs en nette hausse: en incluant ceux ayant exercé une activité, Pôle emploi compte 2,811 millions d'inscrits depuis plus d'un an, soit +1,1% sur le trimestre et surtout +6,4% sur un an.

Autre levier de l'exécutif, la réforme de l'assurance-chômage qui sera négociée par les organisations patronales et syndicales à partir du 9 novembre sur la base d'une lettre de cadrage du gouvernement.

L'exécutif met en avant la "lutte contre la précarité", l'"incitation au retour à l'emploi", ainsi que la nécessité de désendetter l'Unédic, plombée par une dette de 35 milliards d'euros.

La régulation des contrats courts par la mise en place d'un "bonus-malus" sur les cotisations patronales ou le cumul "allocation/salaire" seront au cœur des discussions d'une négociation difficile qui doit aboutir d'ici fin janvier.

Photo prise le 4 octobre 2018 lors d'un forum de l'emploi à Tourcoing.


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